Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Trois cents ans après le Christ, le père de Constantin était l’un des rois romains. Il épousa sa mère, Hélène, lors d’un de ses voyages de chasse dans la région de Harran. Elle était chrétienne, suivant la religion des anciens moines. Lorsqu’elle mit au monde Constantin, celui-ci étudia la philosophie et y excella. Il inclina alors quelque peu vers la religion chrétienne transmise par sa mère et honora modérément ceux qui la pratiquaient, tout en restant attaché aux croyances philosophiques. Après la mort de son père et son accession au pouvoir, il régna avec justice sur ses sujets, qui l’aimèrent. Il acquit alors la suprématie, s’empara de toute la Syrie ainsi que de la Jazira, devint très influent et fut le premier des Césars.

À son époque, un différend éclata parmi les chrétiens. Une controverse opposa le patriarche d’Alexandrie, Aksandros, à l’un de leurs savants nommé ‘Abd Allâh ibn Arius. Aksandros affirmait que Jésus était le Fils de Dieu – que Dieu soit exalté bien au-dessus de ce qu’il dit –, tandis qu’ibn Arius soutenait que Jésus était le serviteur et le messager de Dieu. Un groupe de chrétiens suivit ibn Arius, tandis que la majorité, qui fut jugée dans l’erreur, adopta le point de vue de leur patriarche. Ibn Arius, interdit d’accès à l’église avec ses compagnons, se plaignit de Aksandros et de ses partisans auprès du roi Constantin, qui lui demanda d’expliciter son opinion. Ibn Arius exposa alors que le Christ était serviteur et messager de Dieu et en fournit les preuves, si bien que le roi pencha en sa faveur.

Des gens lui dirent cependant : « Il convient que tu convoques son adversaire et que tu écoutes sa version. » Le roi ordonna donc qu’on le fasse venir. Il appela également, de toutes les régions, chaque évêque et toute personne instruite de la religion chrétienne, convoquant les quatre patriarches de Jérusalem, d’Antioche, de Rome et d’Alexandrie. On raconte que, sur une période d’un an et deux mois, plus de deux mille évêques se rassemblèrent. Le roi les réunit en un seul concile – le premier des trois conciles célèbres – mais ils différaient alors de manière considérable et très étendue.

Parmi eux, certains étaient en petit nombre et soutenaient une doctrine que nul autre ne partageait : ils étaient cinquante sur une opinion, quatre-vingts sur une autre, dix sur une autre, quarante sur une autre encore, cent sur une autre et deux cents sur une autre… Un groupe souscrivait à la doctrine d’ibn Arius, pendant qu’un autre groupe défendait encore une autre thèse. Le désaccord s’intensifia et se propagea, tant et si bien que le roi Constantin en fut désemparé, d’autant qu’il se méfiait de toute religion autre que celle des Sabéens, transmise par ses ancêtres grecs.

Il se tourna alors vers le groupe le plus nombreux, ceux qui adhéraient à l’une des doctrines : trois cent dix-huit évêques réunis autour de la position d’Aksandros. Aucune autre faction n’était aussi nombreuse. Il déclara donc : « Ils méritent davantage que l’on soutienne leur point de vue parce qu’ils sont plus nombreux. » Il se réunit spécialement avec eux, déposa devant eux son épée et son sceau, et leur dit : « Je constate que vous êtes la majorité à partager cette doctrine. »

(1) Ainsi dans B. et dans A et T : et Bahr. (2) Ajouté dans B : est survenue entre. (3) Dans T : faḥāl, ce qui est une altération. (4) N'existe pas dans T. (5) Ajouté dans B : beaucoup. (6) N'existe pas dans B et T. (7) Dans B : leur désaccord.
بعد المسيح بثلاثمئة سنة، وكان أبوه أحدَ ملوك الروم، وتزوَّج أمَّه هيلانة في بعض أسفاره للصيد من بلاد حَرَّان، وكانت نصرانيةً على دين الرهابين المتقدمين، فلما وُلدَ لها منه قسطنطين المذكور تعلّم الفلسفة ومهر (١) فيها وصار فيه ميل بعض الشيء إلى النصرانية التي أُمُّه عليها، فعظَّم القائمين بها بعض الشيء، وهو على اعتقاد الفلاسفة. فلما مات أبوه واستقلَّ هو في المملكة، سار في رعيته سيرةً عادلة، فأحبَّه الناس، وساد فيهم، وغلب على ملك الشام بأسره مع الجزيرة، وعظُم شأنه وكان أول القياصرة. ثمّ اتفق اختلافٌ في زمانه بين النصارى ومنازعةٌ بين (٢) بترك الإسكندرية أكصندروس وبين رجل من علمائهم يقال له: عبد الله بن أريوس، فذهب أكصندروس إلى أن عيسى ابن الله، تعالى الله عن قوله، وذهب ابن أريوس إلى أن عيسى عبد الله ورسوله، واتَّبعه على هذا طائفة من النصارى واتفق الأكثرون الأخسرون على قول بتركهم، ومُنع ابن أريوس من دخول الكنيسة هو وأصحابه، فذهب يستعدي على أكصندروس وأصحابه إلى الملك قسطنطين، فسأله الملك عن مقالته، فَعَرَضَ عليه عبد الله بن أريوس ما يقول في المسيح من أنه عبد الله ورسوله، واحتج على ذلك فمال (٣) إليه وجنح إلى قوله، فقال له قائلون: فينبغي أن تبعث إلى خصمه فتسمع كلامه. فأَمَر الملكُ بإحضاره، وطلب من سائر الأقاليم كلَّ أسقف وكل من عنده علم (٤) في دين النصرانية، وجمع البتاركة الأربعة من القدس وأنطاكية ورومية والإسكندرية، فيقال: إنهم اجتمعوا في مدة سنة وشهرين ما يزيد على ألفي أسقف، فجمعهم في مجلس واحد وهو المجمع الأول من مجامعهم الثلاثة المشهورة وهم مختلفون اختلافًا (٥) متباينًا منتشرًا جدًا. فمنهم الشرذمة على المقالة التي لا يوافقهم أحد من الباقين عليها فهؤلاء خمسون على مقالة. وهؤلاء ثمانون على مقالة أخرى. وهؤلاء عشرة على مقالة أخرى (٦) وأربعون على أخرى ومئة على مقالة، ومئتان على مقالة، وطائفة على مقالة ابن أريوس، وجماعة على مقالة أخرى. فلما تفاقم أمرهم وانتشر اختلافهم (٧) حار فيهم الملك قسطنطين، مع أنه سيء الظن بما عدا دين الصابئين من أسلافه اليونانيين، فعمد إلى أكثر جماعة منهم على مقالة من مقالاتهم فوجدهم ثلاثمئة وثمانية عشر أسقفًا قد اجتمعوا على مقالة أكصندروس، ولم يجد طائفة بلغت عِدّتهم، فقال: هؤلاء أَوْلى بنصرِ قولهم لأنهم أكثر الفِرَق، فاجتمع بهم خصوصًا ووضع سيفه وخاتمه إليهم وقال: إني رأيتكم أكثر الفرق قد اجتمعتم على مقالتكم
(١) كذا في ب. وفي أ وط: وبهر. (٢) زاد في ب: وقعت بين. (٣) في ط: فحال وهو تحريف. (٤) ليست في ط. (٥) زاد في ب: كثيرًا. (٦) ليست في ب وط. (٧) في ب: خلافهم.

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