Chez les Arabes, on considérait qu’il s’agissait du meilleur type d’œuf. Et il a été dit que ce qui est visé par cette expression, c’est la perle avant qu’elle ne sorte de sa coquille.
Dieu – exalté soit-Il – dit : « Et des lits surélevés (34), Nous les avons créées d’une création (35), Nous en avons fait des vierges (36), pleines de tendresse (ʿuruban), toutes de même âge (atrāban) (37), pour les gens de la droite. » (Al-Wâqiʿa, 34-38)
C’est-à-dire : « Nous les avons créées (d’une nouvelle création) » après la vieillesse, la faiblesse et l’impuissance dans ce bas-monde. Elles deviennent dans le Paradis de jeunes femmes, « vierges (36) ʿuruban », c’est-à-dire aimantes envers leurs époux. Il a aussi été dit qu’ʿuruban renvoie à la femme coquette, ou encore à la séductrice. Le verset embrasse tous ces sens et davantage. Puis « atrāban » signifie qu’elles ont le même âge, sans plus ni moins.
At-Tabarânî rapporta : « Bakr ibn Sahl al-Dimyâtî nous a relaté, ʿAmr ibn Hâshim al-Bayrûtî nous a relaté, Sulaymân ibn Abî Karîma nous a relaté, d’après Hishâm ibn Habbân, d’après Al-Hasan, d’après sa mère, d’après Umm Salama, qui raconta :
J’ai dit : “Ô Messager de Dieu, informe-moi au sujet de la parole de Dieu : ‘wa ḥûrun ʿîn’ (des houris aux yeux grands et beaux).” Il répondit : “wa ḥûrun signifie blanches, ʿîn signifie qu’elles ont de grands yeux, avec des cils de hawrâ’ semblables à l’envergure de l’aile de l’aigle.”
J’ai dit : “Ô Messager de Dieu, informe-moi au sujet de Sa parole : ‘Ka-amthāli l-luʾlûʾi l-maknûn’ (comme des perles préservées).” Il répondit : “Leur pureté est semblable à celle des perles se trouvant encore dans les coquillages, que les mains n’ont pas touchées.”
J’ai dit : “Ô Messager de Dieu, informe-moi au sujet de Sa parole : ‘Fīhinna khayrâtun ḥisân’ (en elles se trouvent des femmes vertueuses et belles).” Il répondit : “Elles sont vertueuses de caractère et belles de visage.”
J’ai dit : “Ô Messager de Dieu, informe-moi au sujet de Sa parole : ‘Ka-annahunna bayḍun maknûn’ (comme des œufs protégés).” Il répondit : “Leur finesse est semblable à la fine membrane qui se trouve à l’intérieur de l’œuf, juste sous la coquille, et que l’on nomme al-ghirqeʾ.”
J’ai dit : “Ô Messager de Dieu, informe-moi au sujet de Sa parole : ‘ʿuruban atrāban’.” Il répondit : “Ce sont les femmes qui ont été rappelées à Dieu dans ce bas-monde à un âge avancé, décrépites et aux cheveux blancs. Dieu les recrée ensuite après la vieillesse et les rend jeunes filles vierges. ‘ʿuruban’ signifie qu’elles sont passionnées, aimantes envers leurs époux, et ‘atrāban’ qu’elles ont la même naissance, le même âge.”
J’ai dit : “Ô Messager de Dieu, les femmes de ce monde sont-elles plus vertueuses ou le sont-elles moins que les houris ?” Il répondit : “Bien au contraire, les femmes de ce monde sont supérieures aux houris, comme la supériorité de l’endroit externe du vêtement sur sa doublure.”
J’ai demandé : “Ô Messager de Dieu, par quoi sont-elles supérieures ?” Il répondit : “Grâce à leurs prières, leurs jeûnes et à l’adoration de Dieu qu’elles accomplissent. Dieu revêt leurs visages de lumière et leurs corps de soie. Elles sont blanches de teint, vêtues de vert et parées d’ornements dorés. Leurs brûle-parfums sont en perles et leurs peignes sont en or. Elles disent : ‘Nous sommes éternelles, nous ne mourrons jamais. Nous sommes dans la félicité, nous ne connaîtrons jamais l’adversité. Nous sommes établies ici, nous ne partirons jamais. Nous sommes satisfaites, nous ne serons jamais mécontentes. Béni soit celui à qui nous appartenons et qui nous appartient.’”
J’ai dit : “Ô Messager de Dieu, l’une d’entre nous peut épouser deux ou trois ou même quatre maris, puis mourir, entrer au Paradis et y être rejointe par ses époux. Lequel d’entre eux sera son mari ?” Il répondit : “Ô Umm Salama, on lui donnera le choix et elle choisira celui d’entre eux qui aura le meilleur caractère.””