« Sur des coussins verts et des tapis d’un raffinement exquis » (Ar-Rahmân : 76). Les « ʻabâqariyy » désignent les tapis précieux, c’est-à-dire les plus élégants, les plus beaux et les meilleurs. Il s’agit des tapis du Paradis, et non pas de ceux de ce monde. Les Arabes furent interpellés par ce qui leur était familier, tandis qu’au Paradis se trouvent des bienfaits plus beaux, plus sublimes, plus majestueux et plus considérables que ce que les âmes peuvent imaginer, dans toutes les catégories de délices, de biens, et qui sont plus agréables encore à la vue et à l’âme.
Les « namâriq » sont le pluriel de « numruqa », avec une damma (u) sur la lettre nûn, bien que certains rapportent qu’on peut aussi la prononcer avec une kasra (i). Ce sont des coussins ; on a également dit qu’il s’agissait de dossiers, et le terme peut englober l’ensemble de ces significations. Les « zarâbî » désignent les tapis. Quant au « rafraf », on a dit qu’il s’agissait des prairies du Paradis, soit la végétation et les fleurs qui se trouvent sur les rives des fleuves ; selon d’autres, c’est un type de tissu. Le « ‘abqariyy » s’entend comme un tapis de haute qualité, bien que d’autres avis existent, et Dieu est plus savant.
À propos de la description des houris et des filles d’Adam, de leur honneur et de leur supériorité, ainsi que du nombre accordé à chacun, Dieu – Exalté soit-Il – a dit :
« Allongés sur des lits dont la doublure est de brocart, et la récolte des deux Jardins est proche (54). Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous ? (55). Là, il y aura des (épouses) aux regards chastes, que ni homme ni djinn n’a touchées avant eux (56). Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous ? » (Ar-Rahmân : 54-57).
Et Il a dit : « Là, il y aura des vertueuses, toutes belles (70). Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous ? (71). Des houris cloîtrées dans les tentes (72). Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous ? (73). Que ni homme ni djinn n’a touchées avant eux (74). Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous ? » (Ar-Rahmân : 70-75).
Il – Exalté soit-Il – a également dit : « Et ils auront là des épouses purifiées » (Al-Baqara : 25), c’est-à-dire exemptes de menstrues, de lochies, d’urine, de défécation, de salive, et de mucus, de sorte que jamais il ne proviendra d’elles la moindre gêne. De même, leur caractère, leurs propos et leur cœur sont purifiés.
Ibn al-Mubârak rapporta – par l’intermédiaire de Shuʻba, qui tenait cette information de Qatâda, lui-même d’Abû Nadra, d’Abû Saʻîd – que le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) a dit, à propos du verset « Et ils auront là des épouses purifiées » : « Exemptes de menstrues, de lochies, d’impureté et de salive » (1).
Abû al-Ahwâs, à propos de la parole divine : « Des houris cloîtrées dans les tentes », a déclaré : « Nous avons reçu comme information qu’un nuage, émanant du Trône et tombé sous forme de pluie, donna naissance à ces houris à partir de gouttes de miséricorde. Puis on érigea pour chacune une tente au bord des fleuves, large de quarante milles, sans aucune porte, de sorte que, lorsque l’ami de Dieu (walî Allâh) arrive dans la tente, son ouverture s’y forme. Il sait ainsi qu’aucun être, ange ou serviteur, ne les a vues auparavant ; elles sont donc préservées des regards des créatures. »
Dieu – Exalté soit-Il – a dit : « Et de belles houris aux yeux noirs (22), pareilles à des perles bien cachées (23), en récompense pour ce qu’ils œuvraient » (Al-Wâqiʻa : 22-24). Et en un autre passage : « Elles ressemblent à des œufs bien préservés » (As-Sâffât : 49). Selon certains, il s’agit des œufs d’autruche enfouis dans le sable, et ainsi de suite