Et il dit : « Ô Seigneur, si Tu m’en donnais la permission, je pourrais nourrir et abreuver les habitants du Paradis sans que cela ne diminue en rien ce que je possède. » De plus, il aura soixante-douze [épouses] d’entre les Houris aux yeux magnifiques, en plus de ses épouses de ce bas monde. Et l’une d’entre elles occuperait un espace équivalant à un mille de la terre. (Rapporté uniquement par Ahmad ; ce hadith est jugé “gharîb” et sa chaîne de transmission présente une interruption [1].)
Ce hadith trouve un soutien dans le récit de ‘Ubadah ibn al-Sâmit : L’imam Ahmad a dit : « Ya‘mar ibn Bishr nous a rapporté ; ‘Abd Allâh ibn al-Mubârak nous a rapporté ; Rushdîn [2] ibn Sa‘d m’a rapporté d’Abû Hânî’ al-Khawlânî, d’après ‘Amr ibn Mâlik al-Janabî, selon Fudâlah ibn ‘Ubayd et ‘Ubadah ibn al-Sâmit, qui ont tous deux affirmé que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) a dit : “Lorsque viendra le Jour de la Résurrection et que Dieu aura achevé de juger Ses créatures, il ne restera plus que deux hommes. Dieu ordonnera qu’on les conduise au Feu, et l’un d’eux se retournera. Alors le Tout-Puissant dira : ‘Ramenez-le.’ On le ramènera, et Il lui demandera : ‘Pourquoi t’es-tu retourné ?’ Il répondra : ‘J’espérais que Tu me fasses entrer au Paradis.’” Il est alors ordonné qu’il entre au Paradis, et il dira : “Dieu m’a tellement comblé que si je nourrissais les habitants du Paradis, cela ne diminuerait en rien ce que je possède.” » Le visage du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) laissait alors transparaître sa joie. (Un hadith rapporté uniquement par Ahmad [3].)
Par ailleurs, l’imam Ahmad a également rapporté (d’après Abû Mu‘âwiyah, selon al-A‘mash, d’après Thumâmah ibn ‘Uqbah, d’après Zayd ibn Arqam) qu’un homme juif vint trouver le Prophète (que la paix et la bénédiction soient sur lui) et lui dit : « Ô Abû al-Qâsim, ne prétends-tu pas que les gens du Paradis y mangent et y boivent ? » Puis il dit à ses compagnons : « S’il confirme cela devant moi, je le mettrai en défaut. » Le Prophète (que la paix et la bénédiction soient sur lui) répondit : « Oui, par Celui qui tient mon âme en Sa Main, chacun d’eux recevra la force de cent hommes pour manger, boire, éprouver du désir et avoir des rapports. » Le Juif répliqua : « Mais celui qui mange et boit doit bien satisfaire un besoin… » Le Prophète (que la paix et la bénédiction soient sur lui) répondit : « Le besoin de l’un d’eux se résoudra par une sueur qui s’écoulera de leur peau, semblable au parfum du musc, et alors leur ventre [re]deviendra plat. »
Ahmed le rapporte également par la chaîne de transmission de Wakî‘ (d’après al-A‘mash, d’après Thumâmah, qui déclare avoir entendu Zayd ibn Arqam). An-Nasâ’î en a aussi fait mention à partir d’une autre chaîne (par ‘Alî ibn Hujr, d’après ‘Alî ibn Mushir, d’après al-A‘mash). De même, Abû Ja‘far ar-Râzî l’a transmis d’après al-A‘mash, et la version mentionne que le Juif ajouta : « Celui qui mange et boit devait bien se libérer, or il n’y a aucune gêne au Paradis », et le Prophète (que la paix et la bénédiction soient sur lui) de répondre : « Le besoin de l’un d’eux serait plutôt une transpiration sortant de leur corps, semblable au musc, après quoi leur ventre s’aplatirait. »
Le hâfizh Ad-Diyâ’ a dit : « À mon avis, ce hadith répond aux conditions [d’authenticité] de Muslim, car Thumâmah est digne de confiance, et il a clairement indiqué avoir entendu [ce récit] de Zayd ibn Arqam [4]. »