[Sidrat al-Muntahā (le Lote-arbre de la Limite Ultime)]
Dieu le Très-Haut a dit : «• Il l'a certes vu lors d'une autre descente (13), près du Lote-arbre de la limite ultime (14), auprès duquel se trouve le Jardin du Refuge (15), lorsque le Lote-arbre était couvert de ce qui le couvrait (16). Le regard n’a pas dévié ni outrepassé la mesure (17). Il a bien vu, parmi les signes de son Seigneur, les plus grands (18).» [An-Najm : 13-18]
Nous avons mentionné dans “le Tafsîr” qu’il fut enveloppé par la Lumière du Seigneur – qu’Il soit exalté – et que des anges le recouvrirent en si grand nombre qu’ils ressemblaient à des corbeaux. On rapporte également qu’il fut couvert de papillons d’or et de multiples couleurs. Ainsi, le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : «Il fut recouvert de couleurs que je ne saurais définir (1). Personne ne peut les décrire (2).»
Dans les deux recueils authentiques (al-Bukhârî et Muslim), on rapporte du Prophète (ﷺ), à propos du récit de l’Ascension (al-Miʿrâj) : «Ensuite m’apparut le Lote-arbre de la Limite Ultime, au septième ciel. Ses fruits ressemblaient aux jarres de la cité de Hajar, et ses feuilles ressemblaient aux oreilles d’éléphants. De son tronc s’écoulent deux fleuves apparents et deux fleuves cachés. Je dis : “Ô Jibrîl, qu’est-ce donc ?” Il répondit : “Quant aux fleuves cachés, ils sont au Paradis, et quant aux fleuves apparents, il s’agit du Nil et de l’Euphrate.”» (3)
Al-Hâfiẓ Abû Yaʿlâ rapporta, d’après ʿAbd ar-Raḥmân ibn Ṣâliḥ, Yûnus ibn Bukayr, Muḥammad ibn Isḥâq, puis Yaḥyâ ibn ʿAbbâd ibn ʿAbd Allâh ibn az-Zubayr, par l’intermédiaire de son père, puis d’Asmâ’ bint Abî Bakr (qu’Allah l’agrée), qui déclara : «J’ai entendu le Messager de Dieu (ﷺ) évoquer le Lote-arbre de la Limite Ultime et dire : “Un cavalier pourrait parcourir l’ombre de l’une de ses branches durant cent ans” — ou : “Cent cavaliers pourraient s’y abriter” —. Il y a là des papillons d’or, et son fruit ressemble à des qilāl (grandes jarres).» (4)
Abû Bakr ibn Abî ad-Dunyâ rapporta : «Hamza ibn al-ʿAbbâs nous a relaté, transmis par ʿAbd Allâh ibn ʿUthmân, lui-même ayant reçu de ʿAbd Allâh ibn al-Mubârak, qui tenait de Ṣafwân ibn ʿAmr, ce dernier de Sulaym ibn ʿĀmir. Il a dit : “Les Compagnons du Messager de Dieu (ﷺ) disaient : ‘En vérité, Dieu nous instruit souvent grâce aux Bédouins et à leurs questions.’ Un jour, un Bédouin vint et dit : ‘Ô Messager de Dieu, Dieu mentionne un arbre nuisible au Paradis, alors que je croyais qu’aucun arbre n’y pouvait nuire !’ Le Messager de Dieu (ﷺ) demanda : ‘De quel arbre s’agit-il ?’ Il répondit : ‘Le sidr (Lote), car il est doté d’épines blessantes.’ Alors le Prophète (ﷺ) déclara : ‘Dieu — Exalté soit-Il — n’a-t-Il pas dit : “parmi des sidrs dépourvus d’épines” [Al-Wâqiʿa : 28] ? Dieu a ôté ses épines et fait pousser, à la place de chacune, un fruit ; et de chaque fruit naissent soixante-douze variétés dont aucune ne ressemble à une autre.’”»
Ce ḥadith a aussi été rapporté, avec un autre libellé et par une autre voie, comme l’a signalé Abû Bakr ibn Abî Dâwûd : «Muḥammad ibn Muṣaffā nous a communiqué…, jusqu’à ‘Utbah ibn ʿAbd as-Sulamî, qui a dit : “J’étais assis avec le Messager de Dieu (ﷺ) lorsque survint un Bédouin qui dit…”»