Mention (1) de la falsification par les Gens du Livre et du fait qu’ils ont modifié leurs religions.
Quant aux Juifs, Dieu leur a fait descendre la Torah par l’intermédiaire de Moïse, fils de ‘Imrân (que la paix soit sur lui), comme l’a dit le Très-Haut : « Puis Nous avons donné à Moïse le Livre, parachevant [Notre bienfait] pour celui qui fait le bien et exposant en détail toute chose » (Al-An‘âm, 6 : 154). Il a également dit : « Dis : “Qui donc a fait descendre le Livre que Moïse a apporté, lumière et guide pour les gens ? Vous en faites des feuillets que vous affichez tout en cachant une bonne partie…” » (Al-An‘âm, 6 : 91). Et Il dit encore : « Nous avons certes accordé à Moïse et à Aaron le Discernement, [en y ajoutant] une lumière et un rappel pour les pieux » (Al-Anbiyâ’, 21 : 48). De même : « Nous leur avons donné le Livre explicite (117) et Nous les avons guidés vers la voie droite (118) » (As-Sâffât, 37 : 117-118). Et Il dit : « En vérité, c’est Nous qui avons fait descendre la Torah, où se trouvent guide et lumière. Les prophètes qui s’étaient soumis [à Dieu] jugeaient à l’aide de ce Livre à l’intention des Juifs, ainsi que les rabbins et les docteurs de la Loi, [car on leur avait confié] la garde du Livre de Dieu et ils en étaient témoins. Ne craignez donc pas les gens, mais craignez-Moi, et ne vendez pas Mes signes à vil prix. Ceux qui ne jugent pas d’après ce que Dieu a fait descendre, tels sont les mécréants » (Al-Mâ’ida, 5 : 44).
Ils jugeaient donc selon la Torah et s’y attachaient pendant un certain temps, puis ils commencèrent à la falsifier, la modifier, la déformer, l’interpréter et en montrer ce qui n’en faisait pas partie. Comme l’a dit le Très-Haut : « Et parmi eux, il en est qui contournent le Livre avec leur langue pour que vous pensiez que cela fait partie du Livre, alors que cela n’en fait pas partie. Et ils disent : “Ceci vient de Dieu”, alors que cela ne vient pas de Dieu. Et ils disent sur Dieu des mensonges, en toute connaissance » (Âl ‘Imrân, 3 : 78). Le Très-Haut nous informe ainsi qu’ils l’expliquent et l’interprètent en lui faisant dire autre chose que son sens véritable. Sur ce point, il n’existe aucun désaccord entre les savants : ils manipulent ses sens pour les détourner de ce qu’ils signifient réellement. Ainsi, ils remplacèrent la peine de la lapidation par la flagellation et le noircissement [du visage] (2), alors même que le terme « lapidation » figurait toujours dans le texte. De la même façon, lorsque le voleur était une personne de haut rang, ils ne le condamnaient pas, tandis que s’il était de condition modeste, ils appliquaient la peine (3), bien qu’ils eussent reçu l’ordre de faire exécuter la peine et de couper la main du voleur, qu’il fût noble ou insignifiant.
S’agissant de la modification du texte même, certains ont dit que tous ses mots avaient été altérés, tandis que d’autres ont dit qu’il n’y avait pas eu altération. Ces derniers se sont appuyés sur la parole de Dieu : « Et comment te prendraient-ils pour juge alors qu’ils ont la Torah, dans laquelle se trouve le jugement de Dieu ? » (Al-Mâ’ida, 5 : 43), ainsi que sur : « [le Prophète] qu’ils trouvent écrit chez eux dans la Torah… » (Al-A‘râf, 7 : 157) [jusqu’à la fin du verset], et encore : « Dis : “Apportez donc la Torah et lisez-la, si vous êtes véridiques.” » (Âl ‘Imrân, 3 : 93).