Abdallah, le fils de l’imam Ahmad, a dit : « Muhammad ibn ‘Abdallah ibn Numayr nous a rapporté qu’Ishaq ibn Soulaymân nous a rapporté qu’Harîz (1) ibn ‘Othmân nous a rapporté, d’après Chourahbîl ibn Chouf‘ah, lequel a dit : ‘Outbah ibn ‘Abd as-Soulami m’a rencontré et a déclaré : “J’ai entendu le Messager de Dieu (ﷺ) dire : ‘Tout musulman à qui trois enfants meurent avant d’atteindre l’âge de la responsabilité l’accueillera depuis les huit portes du Paradis ; il pourra y entrer par celle qu’il voudra.’” » Ibn Mâjah l’a également rapporté, d’après Ibn Numayr (2).
Al-Bayhaqî a rapporté, d’après la chaîne de transmission de al-Walîd ibn Mouslim, de Safwân ibn ‘Amr, de Abou al-Mouthannâ al-Malikî (3), qu’il a entendu ‘Outbah ibn ‘Abd as-Soulami, d’après le Prophète (ﷺ), dans un hadith mentionnant le combat de l’homme sincère, du pécheur et de l’hypocrite. Il y est dit : « Le Paradis a huit portes, et l’épée efface les péchés, mais elle n’efface pas l’hypocrisie… », puis il cite le hadith en entier (4).
Le hadith faisant l’objet d’un consensus (muttafaqun ‘alayh) rapporté précédemment — selon la version d’Abou Zou‘rah, d’après Abou Hourayrah — concerne l’intercession. On y lit : « Dieu dira : “Ô Muhammad, fais entrer sans jugement ceux de ta communauté par la Porte de droite, tout en restant associés aux autres gens pour les autres portes.” Par Celui qui tient l’âme de Muhammad dans Sa main, la distance entre les deux battants d’une porte du Paradis, ou entre ses montants, est comparable à la distance entre La Mecque et Hajar, ou entre La Mecque et Bousrâ » (5).
Dans le « Sahîh Mouslim », selon Khâlid ibn ‘Oumayr al-‘Adawî, ‘Outbah ibn Ghazwân prononça un sermon. Après avoir loué Dieu et fait Son éloge, il dit : « Ô gens, sachez que ce bas monde a annoncé sa fin (6) et qu’il s’en est allé rapidement (7). Il n’en reste désormais qu’une dernière goutte, comme celle qui s’écoule du récipient dont le propriétaire tente de récupérer le fond. En vérité, vous allez être transférés vers une demeure où rien ne disparaît ; préparez-vous donc du meilleur de ce qui est entre vos mains. Il nous a en effet été rapporté qu’on jette un rocher depuis le bord de la Géhenne (l’Enfer), et il y tombe pendant soixante-dix ans sans en atteindre le fond. Par Dieu, elle sera pourtant remplie, vous en étonnez-vous ? Il nous a également été rapporté que la distance entre les deux battants d’une seule porte du Paradis est de quarante années de marche, et viendra un jour où elle sera pleine à craquer. Pour ma part, je me souviens quand nous n’étions que sept en compagnie du Messager de Dieu (ﷺ), n’ayant pour toute nourriture que les feuilles des arbres, au point d’avoir les commissures des lèvres blessées. J’ai alors trouvé une pièce d’étoffe dont j’ai fait deux morceaux : un pour me ceindre moi-même, et l’autre pour Sa‘d ibn Mâlik. Aujourd’hui, pas un seul parmi nous ne s’est éveillé sans être gouverneur d’une province. Quant à moi… »