Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il dit : « Ô Seigneur ! », et il invoque Dieu jusqu’à ce que Celui-ci lui dise : « Se peut-il que, si Je t’accorde cela, tu Me demandes autre chose ensuite ? » Il répond : « Non, par Ta puissance ! », et il donne à son Seigneur tous les engagements et pactes qu’Il veut. Dieu le fait alors avancer jusqu’à la porte du Paradis. Lorsqu’il se tient à la porte, celle-ci s’ouvre pour lui et il voit ce qu’elle contient de bien et de joie ; il garde alors le silence aussi longtemps que Dieu le veut. Puis il s’exclame : « Ô Seigneur, fais-moi entrer au Paradis ! » Dieu, exalté soit-Il, lui dit : « N’est-ce pas toi qui as donné tes engagements et pactes de ne pas Me demander autre chose que ce que Je t’ai déjà accordé ? Malheur à toi, ô fils d’Adam, que tu es fourbe ! » L’homme répond : « Ô Seigneur, ne ferais-je pas partie des plus malheureux de Ta création ? » Il continue alors de supplier Dieu, exalté soit-Il, jusqu’à ce que Dieu rit de lui. Puis, lorsque Dieu rit de lui, Il lui dit : « Entre au Paradis. »

Lorsqu’il y pénètre, Dieu lui dit : « Formule tes vœux. » Il demande alors à Dieu et formule ses souhaits, au point que Dieu lui rappelle telle et telle chose. Et quand il n’a plus rien à désirer, Dieu dit : « Ceci t’appartient, et l’équivalent y est ajouté. »

‘Atâ’ ibn Yazîd raconte : « Abou Sa‘îd Al-Khoudrî se trouvait avec Abou Hourayra et ne le contredisait sur rien de son récit, jusqu’à ce qu’Abou Hourayra rapportât que Dieu — Puissant et Sublime soit-Il — avait dit à cet homme : “Cet avantage t’est accordé, et son équivalent également.” Alors Abou Sa‘îd déclara : “Et dix fois autant, ô Abou Hourayra !” » Abou Hourayra répondit : « Je n’ai retenu que cette parole : “Ceci t’appartient, et l’équivalent y est ajouté.” » Abou Sa‘îd reprit : « Je témoigne que j’ai retenu du Messager de Dieu (ﷺ) qu’il a dit : “Ceci t’appartient, et dix fois autant.” » Abou Hourayra conclut : « Cet homme est le dernier des habitants du Paradis à y entrer. »

Ainsi est formulé le hadith selon la version de Mouslim. Puis il l’a enchaîné par la chaîne de transmission d’Abd Ar-Razzâq, d’après Ma‘mar, d’après Hammâm, d’après Abou Hourayra (2). Il a ensuite cité ce hadith selon ‘Atâ’ ibn Yassâr et d’autres, rapportant d’Abou Sa‘îd, et il l’a mentionné en détail ; on y trouve qu’il lui est donné cela et dix fois autant. Dans certains récits, il est dit que cet homme passe du Feu à la porte du Paradis par trois étapes, à chaque étape il s’assoit sous un arbre nouveau, chacun étant plus beau que le précédent (3).

De même, Mouslim l’a rapporté d’après Ibn Mas‘oûd, où figure : « et dix fois autant », comme Abou Sa‘îd s’en souvenait, et Dieu — glorifié et exalté soit-Il — est plus grand, plus généreux, plus compatissant et plus miséricordieux. Al-Boukhârî l’a également transmis d’après Ibn Mas‘oûd, en disant : « Nous raconta ‘Othmân ibn Abî Shayba, qui dit : “Nous raconta Jarîr, d’après Mansour, d’après Ibrâhîm, d’après ‘Oubayda, d’après ‘Abd Allah ibn Mas‘oûd, qui a dit : ‘Le Messager de Dieu (ﷺ) a déclaré : “Je connais le dernier des gens de l’Enfer qui en sortira et le dernier des gens du Paradis qui y entrera. C’est un homme qui sortira du Feu en rampant, et Dieu lui dira : ‘Va…’”” ».

(1) C’est-à-dire qu’elle s’est ouverte et élargie. (2) Rapporté par Muslim, n° 182, et Muʿammar dans son "Jāmiʿ" annexé au Musannaf d’Abd al-Razzāq (20856). (3) Rapporté par Muslim, nos 183 et 188.
فيقولُ: أيْ رَبِّ، وَيَدْعُو اللهَ حتَّى يَقُولَ لهُ: فهَلْ عَسَيْتَ إنْ أعطيتك ذلك أنْ تَسْألَني غيرَه؟ فيقول: لا، وَعِزَّتِكَ، فيُعْطي رَبَّهُ ما شَاءَ منْ عُهُودٍ ومَوَاثيقَ، فيُقَدِّمُهُ إلى بابِ الْجنَّةِ، فإذا قامَ على بَابِ الْجَنَّةِ انْفَهَقَتْ (١) لهُ الجَنَّةُ فَرَأى ما فيها منَ الخَيْرِ، وَالسُّرُور، فيَسْكُتُ ما شاءَ اللهُ أنْ يَسْكُتَ، ثُمَّ يَقُولُ: أيْ رَبِّ أدْخِلْني الجَنَّةَ، فيقولُ الله تعالى: ألَيْسَ قدْ أعْطَيْتَ عُهُودكَ ومَوَاثيقَكَ ألًا تَسْألَني غيْرَ ما أُعْطيتَ، وَيْلَكَ يا ابْنَ آدمَ، ما أغْدَرَكَ! فيقول: يا رَبِّ لا أكُونُ أشْقَى خَلْقِكَ، فلا يَزَالُ يَدْعُو الله تَعالى، حَتَّى يَضْحَكَ اللهُ منه، فإذا ضَحِكَ [اللهُ] مِنْهُ قال: ادْخُلِ الجَنَّةَ. فإذا دَخَلَها قال اللهُ له: تَمنَّهْ. فيَسْألُ الله وَيَتمنَّى، حتَّى إنَّ اللهَ لَيُذكِّرُهُ منْ كذا وكذا، حتَّى إذا انْقَطَعتْ بِهِ الأمَانيّ، قال الله: لكَ ذلِكَ ومِثْلُهُ مَعَهُ ". قال عطاء بنُ يَزيدَ: وأبو سعيدٍ الخُدْريُّ مَعَ أبي هُرَيْرَةَ لا يَرُدُّ عَليْهِ شَيْئًا منْ حَديثِهِ، حتَّى إذا حدَّثَ أبُو هُرَيْرَةَ: أن اللهَ – Exalté soit-Il – قالَ لِذَلِكِ الرَّجُلِ: "وَمِثلُهُ مَعَهُ " قالَ أبُو سَعيدٍ: " وَعَشرةُ أمْثَالِهِ معه " يا أبا هُرَيْرَةَ. قالَ أبُو هُرَيْرَةَ: مَا حَفِظْتُ إلَّا قولَهُ: "ذلكَ لك ومِثْلُهُ مَعَهُ " فقال أبو سعيدٍ: أشْهَدُ أنّي حَفِظْتُ منْ رسولِ الله ﷺ قولَهُ: " ذلكَ لكَ وَعَشرةُ أمْثَالِهِ ". قالَ أبو هُرَيْرَةَ: "وذلِكَ الرَّجُلُ آخِرُ أهْلِ الْجنَّةِ دُخُولًا الجَنَّة ". هذا لفظُ مسلم. ثم ساقه من طريق عبد الرزّاق، عن مَعْمر، عن هَمَّامٍ، عن أبي هريرة (٢) . ثم أورد الحديث من رواية عطاءَ بن يَسَارٍ، وغيره، عن أبي سَعيدٍ، فساقه بطولِه نحوه، وفيه: أنَّهُ يُعْطى ذلك وعَشَرَة أمثالِهِ، وفي بعض سياقاته: أنّهُ ينتقل منَ النَّارِ إلى بَابِ الجَنَّةِ في ثَلاثِ مَرَاحِلَ، كل مَرْحلةٍ يَجْلسُ تَحْتَ شَجَرَةٍ، كلُّ وَاحدَةٍ هي أحْسَنُ منْ أُخْتِهَا الَّتي قَبْلَها (٣) . وكذلك رواه مسلم أيضًا، من حديث ابن مسعود، وفيه: "وعَشَرَةُ أمْثالِهِ " كما حَفِظَه أبو سَعيدٍ، والله (سبحانه وتعالى) أعظم وأكرم وأرأف وأرحم. وهكذا رواه البخاريّ، عن ابن مسعود، فقال: حدّثنا عُثْمَانُ بنُ أبي شَيْبَةَ، حدّثنا جَريرٌ، عن منصور، عن إبراهيم، عن عَبيدَةَ، عن عَبْدِ الله بن مسعود قال: قال رسول الله ﷺ : "إنِّي لأعْلَمُ آخرَ أهْلِ النَّارِ خُرُوجًا مِنْها، وَآخِر أهْلِ الْجَنَّةِ دُخُولًا، رَجُل يَخْرُجُ منَ النَّارِ حَبْوًا، فيَقول اللهُ له: اذْهَبْ
(١) أي انفتحت واتسعت. (٢) رواه مسلم رقم (١٨٢) ومعمر في "جامعه" الملحق بمصنف عبد الرزاق (٢٠٨٥٦). (٣) رواه مسلم رقم (١٨٣ و ١٨٨).

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