Dans sa chaîne de transmission, il y a une faiblesse en raison de la situation de Rushdīn ibn Saʿd et d’Ibn Anʿum, tous deux jugés faibles. Toutefois, on tolère la transmission de ce récit dans ce chapitre parce qu’il relève de l’exhortation (at-targhīb) et de la mise en garde (at-tarhīb). Et Dieu est plus savant.
Abd Allāh ibn al-Mubārak a déclaré : « Rushdīn ibn Saʿd nous a rapporté, ayant lui-même reçu d’Abū Hāniʾ al-Khawlānī, d’après ʿAmr ibn Mālik al-Janabī, que Faḍāla ibn ʿUbayd et ʿUbāda ibn al-Ṣāmit lui ont transmis : Le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : “Lorsque viendra le Jour de la Résurrection, après que Dieu aura achevé le jugement de Ses créatures, deux hommes resteront ; il sera ordonné de les mener en Enfer. L’un d’eux se retourne, et Al-Jabbār (Le Tout-Puissant) dit : ‘Faites-le revenir.’ On le ramène alors, et Dieu lui demande : ‘Pourquoi t’es-tu retourné ?’ Il répond : ‘J’espérais que Tu me fasses entrer au Paradis.’ On ordonne donc qu’il y entre. Puis il dit : ‘Mon Seigneur m’a accordé tant de bien que, si je nourrissais les habitants du Paradis avec ce que j’ai, cela ne diminuerait en rien ce qui m’appartient.’ Et lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) mentionnait ce récit, on voyait la joie apparaître sur son visage.” (1)
[Chapitre sur les Gens d’al-Aʿrāf]
Dieu, qu’Il soit exalté, dit : « Et entre les deux (le Paradis et l’Enfer), il y a une barrière, et sur al-Aʿrāf se tiennent des hommes qui reconnaissent chacun (des deux groupes) à leurs traits distinctifs. Ils appellent les gens du Paradis : “Paix sur vous !” Ils n’y sont pas encore entrés, bien qu’ils l’espèrent. Et lorsque leurs regards se dirigent vers les gens du Feu, ils disent : “Ô notre Seigneur, ne nous place pas avec le peuple des injustes !” » (al-Aʿrāf, 46-47).
Ibn ʿAbbās et d’autres ont dit : « Al-Aʿrāf est un rempart situé entre le Paradis et l’Enfer, sur lequel se tiennent des hommes qui reconnaissent les habitants du Paradis et ceux de l’Enfer. » Selon le récit rapporté par ash-Shaʿbī, d’après Ṣilah ibn Zufar, d’après Ḥudhayfah, les Gens d’al-Aʿrāf seraient un groupe dont les bonnes actions les ont écartés de l’Enfer, tandis que leurs mauvaises actions les ont empêchés d’entrer au Paradis. Dieu dit alors : « Tandis qu’ils se trouvent dans cet état, votre Seigneur (– Exalté soit-Il –) se manifeste et proclame : “Levez-vous et entrez au Paradis, car Je vous ai pardonné.” » Al-Bayhaqī l’a rapporté (2) par une autre voie d’ash-Shaʿbī, d’après Ḥudhayfah, de façon marfūʿ, mais cela demeure sujet à examen.
Sufyān ath-Thawrī a relaté, d’après Ḥabīb ibn Abī Thābit, [d’après Mujāhid], d’après ʿAbd Allāh ibn al-Ḥārith ibn Nawfal, qui a dit : « Les Gens d’al-Aʿrāf sont des hommes dont les bonnes et les mauvaises actions s’équilibrent. On les conduit alors vers un fleuve nommé al-Ḥayāh (“La Vie”), dont le lit est fait de rose et de safran, bordé de tiges d’or serties de perles. Ils s’y baignent, et une marque blanche apparaît alors sur leur gorge ; puis ils se baignent à nouveau et leur blancheur s’accroît encore. Ensuite, on leur dit : “Souhaitez ce que vous voulez.” Ils formulent donc leurs vœux, et il leur est répondu : “Vous aurez tout ce que vous avez souhaité, soixante-dix fois plus.” Ceux-là sont les ‘pauvres’ parmi les habitants du Paradis. » (3)