Nuʿaym ibn Ḥammād rapporta, d’après Ibrāhīm ibn al-Ḥakam ibn Abān, d’après son père, d’après Abū Qilābah, qui dit : « Le fils de mon frère consommait de l’alcool. Il tomba malade et m’envoya quelqu’un en pleine nuit pour que je vienne. Je me rendis à son chevet et vis deux êtres sombres qui s’étaient approchés de lui. Je dis : “Nous appartenons à Dieu et c’est à Lui que nous retournons ; mon neveu est perdu.” Puis j’aperçus deux êtres blancs à travers l’ouverture pratiquée dans la maison. L’un d’eux dit à l’autre : “Descends vers lui.” Quand l’être blanc descendit, les deux sombres s’écartèrent. Il huma sa bouche et déclara : “Je n’y trouve point de souvenir (dhikr).” Il huma ensuite son ventre et poursuivit : “Je n’y trouve point de jeûne.” Puis il huma ses jambes et conclut : “Je n’y trouve aucune prière.” Son compagnon s’exclama alors : “Nous appartenons à Dieu et c’est à Lui que nous retournons ! Un homme de la communauté de Muḥammad (ﷺ) qui ne possède rien de bon ? Malheur à toi, retourne voir !” Il y retourna et ne trouva rien. L’autre être descendit, huma à son tour et ne trouva rien. Puis, en y regardant de plus près, il découvrit au bout de sa langue une Takbīra (Allāhu Akbar) prononcée pour la Face de Dieu lors d’une expédition à Antioche. Ils prirent alors son âme, et une odeur de musc se répandit dans la maison. Tout le monde assista à ses funérailles. » C’est un ḥadīth très singulier.
L’éminent savant Abū [ʿAbd Allāh] Muḥammad al-Qurṭubī déclare dans son livre “At-Tadhkira” : Abū al-Qāsim Isḥāq ibn Ibrāhīm ibn Muḥammad al-Khuttalī rapporte dans son livre “Ad-Dībāj” : « Aḥmad ibn Abī al-Ḥārith nous a rapporté, d’après ʿAbd al-Majīd ibn Abī Rawwād, d’après Maʿmar ibn Rāshid, d’après al-Ḥakam ibn Abān, d’après ʿIkrima, d’après Ibn ʿAbbās, qui a dit que le Messager de Dieu (ﷺ) a affirmé : “Lorsque Dieu aura achevé de juger entre Ses créatures, Il fera sortir un Livre de dessous le Trône, dans lequel il est écrit : ‘Ma miséricorde a devancé Ma colère, et Je suis le plus Miséricordieux des miséricordieux.’”” Il poursuivit : “Dieu fera alors sortir de l’Enfer un nombre de gens comparable à celui des habitants du Paradis — ou bien, a-t-il dit, le double des habitants du Paradis —, et je crois fermement qu’il a dit : ‘Un nombre équivalent à celui des habitants du Paradis.’ On verra inscrit sur leur front : ‘Affranchis par Dieu.’” (1)
At-Tirmidhī rapporta, d’après Anas, dans une chaîne qui remonte au Prophète (ﷺ) : « Dieu — qu’Il soit exalté — dira : “Faites sortir de l’Enfer quiconque M’a évoqué un seul jour ou M’a craint, ne serait-ce qu’un instant.” » Il dit que ce ḥadīth est ḥasan gharīb (2).
Toujours selon at-Tirmidhī, d’après Abū Hurayra, le Messager de Dieu (ﷺ) dit : « Deux hommes parmi ceux qui entrent en Enfer se mirent à crier très fort. Le Seigneur, exalté soit-Il, ordonna qu’on les fasse sortir. Une fois dehors, Il leur dit : “Pourquoi tant de vacarme ?” Ils répondirent : “Nous avons agi ainsi pour que Tu nous fasses miséricorde.” Le Seigneur répliqua : “Ma miséricorde à votre égard est la suivante : partez et jetez-vous là où vous étiez dans le Feu.” L’un s’exécuta, tomba dans un endroit devenu frais et paisible. L’autre se leva mais ne s’y jeta pas. Alors le Seigneur, exalté soit-Il, lui demanda : “Qu’est-ce qui t’a empêché de te jeter comme ton compagnon ?” Il répondit : “Ô Seigneur, j’espère que Tu ne me renverras pas en Enfer après m’en avoir fait sortir.” Le Seigneur déclara : “Tu obtiendras ce que tu espères.” Ils entreront alors tous deux au Paradis, par la miséricorde de Dieu.” » (3)