Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Voici la traduction en français :

« — Cela ? Il répondit : “La grâce d’Allah, Il la dispense à qui Il veut” (1).

L’imam Ahmad a rapporté : « Nous a rapporté ‘Affân, nous a rapporté Saʿîd ibn Zayd, nous a rapporté Abou Soulaymân al-ʿAsarî (2). Il m’a dit que ʿUqba ibn Souhbân l’avait informé avoir entendu Abou Bakra, qui tenait ses propos du Prophète (ﷺ) :

“Le Jour de la Résurrection, les gens seront conduits sur le pont (as-Sirât) et les deux bords du pont les précipiteront en bas (3), à la manière dont les papillons sont précipités dans le feu. Alors, Allah – Exalté soit-Il – sauvera par Sa miséricorde qui Il veut. Viendra ensuite la permission donnée aux anges, aux prophètes et aux martyrs d’intercéder ; ils intercéderont et feront sortir (du châtiment), puis à nouveau intercéderont et feront sortir, et ainsi de suite…” »

‘Affân ajouta un jour : « “…et ils intercéderont et feront sortir ceux dont le cœur contient un poids d’une infime particule de foi.” » (4)

Al-Bayhaqî a dit : « Abou ʿAbdillah al-Hâfiẓ et Abou Saʿîd ibn Abî ʿAmr nous ont raconté, et dirent : Abou al-ʿAbbâs Muhammad ibn Yaʿqoub nous a rapporté, al-Khadr ibn Abân nous a rapporté, Sayyâr nous a rapporté, Jaʿfar (c’est-à-dire ibn Soulaymân) nous a rapporté, Abou Zilâl nous a rapporté, Anas ibn Mâlik nous a rapporté que le Messager d’Allah (ﷺ) nous dit :

“Deux hommes traversèrent un désert ; l’un était un adorateur (un homme pieux), et l’autre était enclin à la faute (5). Celui qui était enclin à la faute portait un petit récipient d’eau (idâwa), tandis que l’adorateur n’avait pas d’eau. L’adorateur eut soif et dit : ‘Ô untel, donne-moi à boire, car je vais mourir.’ L’autre répondit : ‘Je n’ai qu’un seul récipient, et nous sommes dans un désert ; si je te donne à boire, je serai condamné.’ Ils reprirent leur marche. La soif de l’adorateur s’accrut encore et il répéta sa demande, mais l’autre lui répondit de la même façon. Ils poursuivirent leur route jusqu’à ce que l’adorateur s’effondrât, suppliant à nouveau : ‘Ô untel, donne-moi à boire, je vais mourir !’ Alors l’homme enclin à la faute dit : ‘Par Allah ! Je ne puis laisser ce serviteur pieux mourir sans secours. Je ne pourrai jamais m’en justifier devant Allah.’ Il l’aspergea donc d’eau, le fit boire, puis tous deux reprirent leur chemin et parvinrent à franchir ce désert.”

Le Prophète (ﷺ) poursuivit : “Lors du Jugement, le Jour de la Résurrection, un ordre sera donné pour admettre l’adorateur au Paradis et un autre ordre pour envoyer l’homme enclin à la faute en Enfer. Celui-ci reconnaîtra l’adorateur, tandis que l’adorateur ne le reconnaîtra pas. Il l’appellera : ‘Ô untel ! Je suis celui qui t’a préféré à lui-même dans le désert. On m’a ordonné d’aller au Feu. Intercède pour moi auprès de ton Seigneur !’ L’adorateur dira : ‘Ô mon Seigneur ! Il m’a préféré à lui-même. Ô mon Seigneur, accorde-le(-moi) aujourd’hui !’ Alors Allah l’exaucera. L’adorateur le prendra par la main et l’entraînera vers le Paradis.” »

Al-Bayhaqî ajoute : « Un détail de plus est rapporté : l’adorateur lui dira : ‘Ô untel, comme la grâce de mon Seigneur t’a transformé !’ (6). »

Puis il déclare : « Bien que cette chaîne de transmission ne soit pas solide, elle trouve un soutien (shâhid) dans un hadith d’Anas ibn Mâlik. Abou Saʿd az-Zâhid (7) nous a rapporté, sous forme de dictée (imlâ’), qu’Abou al-Hasan Muhammad ibn… »

(1) Relaté par al-Hākim dans al-Mustadrak (3/405) par la voie d'Ibn 'Ayāsh, il est émis, et c'est un hadith bon selon ses chaînes de transmission et ses supports. (2) Dans (A) : al-Qusurī, ce qui est une erreur. (3) Dans al-Usul : il se produit, et ce qui est confirmé est par le musnad. (4) C’est-à-dire qu’ils les laissent tomber les uns sur les autres. (5) Relaté par Ahmad dans al-Musnad (5/43) et sa chaîne de transmission est bonne. (6) al-Rahiq désigne la stupidité et la violation des interdits. (7) Dans (A) : Abū Saʿīd, ce qui est une erreur.
هَذَا؟ قال: فَضْلُ اللهِ يُؤْتيهِ مَنْ يَشَاءُ (١) . وقال الإمام أحمد: حدّثنا عَفَّان، حدّثنا سَعِيدُ بنُ زَيْد، حدّثنا أبو سليمان العَصَري (٢) ، حدّثني عُقْبةُ بنُ صُهْبان، سَمِعْتُ أبَا بَكْرَة، عنِ النَّبيِّ ﷺ قال: "يُحْملُ (٣) النَّاسُ على الصِّراطِ يَوْمَ القِيَامةِ فتَتقَادَعُ (٤) بهم جَنَبتا الصِّراطِ، تقادُعَ الفَراشِ في النّار، فيُنَجِّي اللهُ (تعالى) بِرَحْمَتِهِ منْ يَشاءُ ثم يُؤْذَنُ للملائِكَة، وَالنَّبيِّينَ، وَالشُّهَدَاءِ، أنْ يَشْفَعُوا، فَيَشْفَعُونَ، وَيُخْرِجُونَ، وَيَشْفَعون، وُيخْرِجُونَ، وَيَشْفعُون ويُخرجون-" زَادَ عَفانُ مَرَّةً فقال: "وَيَشْفَعُونَ وَيُخْرجُونَ- منْ كانَ في قَلْبِهِ ما يَزنُ ذَرَّةً منْ إيمانٍ" (٥) . وقال البيهقيّ: حدّثنا أبو عبد الله الحافظ وأبو سعيد بن أبي عمرو، قالا: حدّثنا أبو العبَّاس، محمد بن يعقوب، حدّثنا الخضر بن أبان، حدّثنا سَيَّارٌ، حدّثنا جعْفر، يعني ابن سُلَيْمانَ، حدّثنا أبو ظِلال، حدثنا أنَسُ بنُ مالكٍ، حدّثنا رسول الله ﷺ ، قال: "سَلَكَ رَجلانِ مَفَازةً، أحَدُهُما عَابدٌ، وَالآخَرُ بِهِ رَهَقٌ (٦) ، ومع الذي به رهق إداوة فيها ماءٌ، وليس مع العابد ماءٌ، فعَطِشَ العَابدُ، فقال: أيْ فُلانُ، اسْقِني فهو ذا أموت، فقال: إنّما مَعِي إدَاوةٌ وَنَحْنُ في مَفَازَةٍ، فإنْ سَقَيْتُكَ هَلَكْتُ، فَسَلَكا، ثُمَّ إنَّ العَابدَ اشتد به العطش، فقال: أيْ فُلانُ اسقني فهو ذا أموت، فقال: إنما معي إداوة ونحن في مفازة، فإن سقيتك هلكت، فسلكا، ثم إن العابد سقط، فقال: أي فلان اسقني، فهو ذا أموت، قال الذي به رَهَقٌ: وَالله إنَّ هَذَا العَبْدَ الصَّالِحَ يَمُوتُ ضَياعًا إن تركته ولم أسقه، لا تُبلَّني عِنْد اللهِ بَالَّة أبدًا، فرشَّ عَلَيْهِ منَ المَاءَ وسَقَاهُ ثمَّ سَلَكا إلى المَفَازةِ، فَقَطعاها" قال: "فَيُوقفَان لِلْحِسَابِ يَوْمَ القِيَامةِ، فَيُؤْمرُ بالعَابدِ إلى الجنَّةِ، وَيُؤْمرُ بالّذي بهِ رَهَق إلى النارِ" قال: "فَيَعْرفُ الَّذِي بهِ رَهَقٌ الْعَابِدَ، ولا يَعْرِفُ العَابِدُ الذِي بهِ رَهَقٌ، فيناديه: أيْ فُلانُ، أنَا الَّذي آثَرْتُك على نَفْسي يَوْمَ المَفَازَةِ، وَقَدْ أُمِرَ بي إلى النَّارِ، فَاشْفَعْ لي إلى رَبِّكَ، فَيَقُولُ العابد: أيْ رَبِّ، إنهُ قَدْ آثرني على نَفْسِهِ، أيْ رَبِّ هَبْهُ ليَ الْيَوْمَ، فَيَهبُه لَهُ، فيَأْخُذُ بِيَدِهِ فينْطلقُ بهِ إلى الجنَّةِ" زاد فيه: فيَقُولُ: يا فلان، ما أشدَّ ما غيَّرتْك نِعْمةُ رَبِّي – Exalté soit-Il – ". ثم قال البيهقى: وهذا الإسنادُ وإنْ كانَ غَيْرَ قَويٍّ فَلَهُ شَاهدٌ منْ حَديث أنس بن مالك: حدّثنا أبو سعد (٧) الزاهد، إمْلاءً، حدّثنا أبو الحسن محمّد بنُ
(١) رواه الحاكم في المستدرك (٣/ ٤٠٥) من طريق ابن عياش، به، مرسلًا، وهو حديث حسن بطرقه وشواهده. (٢) في (آ): القصري، وهو خطأ. (٣) في الأصول: يحصل، والمثبت من المسند. (٤) أي تسقطهم فيها بعضهم فوق بعض. (٥) رواه أحمد في المسند (٥/ ٤٣) وإسناده حسن. (٦) الرهق، يطلق على السفه وغشيان المحارم. (٧) في (آ): أبو سعيد وهو خطأ.

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