«Même s’ils entraient dans un terrier de lézard, vous les suivriez !» Nous dîmes : «Ô Messager d’Allah, [parles-tu] des Juifs et des Chrétiens ?» Le Prophète (ﷺ) répondit : «Qui donc [sinon] ?» De même, Mouslim a rapporté ce hadith d'après Zayd ibn Aslam (1).
Le sens de cette déclaration est de signaler que certains propos et actes – proscrits par la Loi – ressemblent à ce que commettaient les Gens du Livre avant nous. En effet, Allah et Son Messager interdisent de les imiter dans leurs paroles et leurs actions, même si l’intention du croyant est bonne (3), car il s’agit d’une imitation dans l’apparence de leurs pratiques (4). Ainsi, le Prophète (ﷺ) a également interdit de prier au lever et au coucher du soleil de crainte de ressembler aux polythéistes qui se prosternent devant cet astre à ces moments-là, même si le croyant ne pense nullement à une telle chose.
C’est également le sens de la parole d’Allah – Exalté soit-Il : «Ô vous qui avez cru ! Ne dites pas : “Râ`inâ” mais dites plutôt : “Unzhurnâ” et écoutez ! Et pour les mécréants [il y aura] un châtiment douloureux.» (Sourate Al-Baqara, verset 104). Les mécréants disaient en effet au Prophète (ﷺ) lorsque qu’ils lui parlaient : «Râ`inâ», c’est-à-dire «Accorde-nous ton attention et écoute-nous», mais ils visaient en même temps un sens proche de la “rû‘ûnah” (rudesse ou sottise). C’est pour cette raison qu’il fut interdit aux croyants de prononcer ce terme, même si aucun d’entre eux n’a jamais eu ce sens à l’esprit (5).
L’imam Ahmad (6) et At-Tirmidhî (7) ont rapporté, d’après ‘Abd Allah ibn ‘Umar, que le Prophète (ﷺ) a dit : «J’ai été envoyé avec l’épée avant l’Heure, afin que l’on adore Allah Lui Seul, sans associé. Il a placé ma subsistance sous l’ombre de ma lance et a décrété la disgrâce et l’humiliation pour celui qui s’oppose à mon ordre. Et quiconque imite un peuple en fait partie.» Le musulman ne doit donc pas s’assimiler à eux, que ce soit dans leurs fêtes, leurs célébrations ou leurs formes de culte (8), car Allah – Glorifié soit-Il – a honoré cette communauté en lui accordant le dernier des Prophètes, porteur d’une religion grandiose, droite, complète et universelle.
Si Moïse, fils d’Imrân, à qui la Torah fut révélée (9), et Jésus, fils de Marie, à qui l’Évangile fut révélé, étaient en vie, ils n’auraient pas d’autre Loi à suivre que celle-ci. En vérité, s’ils existaient, ainsi que tous les autres prophètes, il ne conviendrait à aucun d’eux de suivre une loi différente de cette législation purifiée, noble et honorée. Or Allah – Exalté soit-Il – nous a accordé Sa grâce en faisant de nous les disciples de Muhammad (ﷺ). Comment pourrions-nous alors imiter un peuple qui s’est déjà égaré, a entraîné beaucoup d’autres dans l’erreur et s’est écarté de la voie droite ?»