Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

« Je comblerai ta joie à propos de ta communauté. Puis les anges se tiendront devant Dieu (qu’Il soit exalté et sanctifié), attendant l’ordre qui leur sera donné. Alors le Seigneur, exalté et sanctifié soit-Il, dira : “Ô vous, les gardiens (zabaniya), emmenez ceux qui ont persévéré dans les grands péchés parmi la communauté de Muhammad vers le Feu. En vérité, Ma colère contre eux s’est accrue du fait de leur négligence à se conformer à Mon commandement dans la demeure d’ici-bas, de leur mépris envers Mon droit et de la transgression de ce qui M’est sacré. Ils se cachent des gens, mais ils s’opposent à Moi ouvertement par leurs désobéissances, alors que Je les ai honorés et les ai préférés aux autres communautés. Ils n’ont pas reconnu Ma grâce ni compris l’immensité de Mon bienfait.” »

Alors les gardiens du Feu saisissent la barbe des hommes et le toupet des femmes pour les emmener vers l’Enfer. Or, tout serviteur qui est conduit en Enfer en dehors de cette communauté y entre le visage noirci, les fers (1) attachés à ses pieds et le cou entravé par les chaînes, excepté ceux de cette communauté destinés au Feu, qui y sont emmenés avec leur propre couleur. Lorsqu’ils se présentent à Mâlik, celui-ci leur dit : « Ô misérables, de quelle communauté êtes-vous donc ? Jamais ne sont venus à moi des visages plus beaux que les vôtres. » Ils répondent : « Ô Mâlik, nous sommes de la communauté du Coran. » Alors il leur dit : « Ô misérables, le Coran n’a-t-il pas été révélé à Muhammad (que la prière et la paix soient sur lui) ? » Ils élèvent alors la voix dans les sanglots et les pleurs : « Ô Muhammad ! Ô Muhammad ! Intercède en faveur de ceux qui ont cru en toi, parmi ceux de ta communauté que l’on mène au Feu ! »

Alors Mâlik est interpellé avec menaces et réprimandes : « Ô Mâlik, qui t’a ordonné de questionner ces misérables, de leur parler, ou de retarder leur entrée dans le châtiment ? Ô Mâlik, ne leur noircis pas le visage, car ils se prosternaient devant Moi sur terre. Ô Mâlik, ne les enchaîne pas, car ils se purifiaient du grand état d’impureté (janâba). Ô Mâlik, ne leur mets pas de fers aux pieds, car ils faisaient le tour de Ma Maison sacrée. Ô Mâlik, ne les revêts pas de goudron, car ils ôtaient leurs vêtements pour revêtir l’ihrâm. Ô Mâlik, ordonne au Feu de ne pas brûler leurs langues, car ils récitaient le Coran. Ô Mâlik, dis au Feu de les atteindre selon la mesure de leurs actes, car le Feu les connaît mieux, ainsi que l’étendue de leurs fautes, mieux qu’une mère ne connaît son enfant. Certains seront atteints jusqu’aux chevilles, d’autres jusqu’aux genoux, d’autres encore jusqu’au nombril, et d’autres jusqu’à la poitrine. »

Lorsqu’ensuite Dieu aura tiré vengeance d’eux à la mesure de leurs péchés capitaux, de leur rébellion et de leur obstination, Il ouvrira une porte entre eux et les idolâtres, tandis qu’ils seront au plus haut niveau de l’Enfer, sans ressentir fraîcheur ni boisson, pleurant et disant : « Ô Muhammad ! Aie pitié de ceux de ta communauté qui sont misérables et intercède pour eux : le Feu a consumé leur chair, leurs os et leur sang ! » Puis ils s’écrieront : « Ô notre Seigneur, ô notre Maître, aie pitié de ceux qui ne T’ont associé personne en ce monde, même s’ils ont commis des fautes, des transgressions et des excès ! » Alors les idolâtres leur diront : « À quoi vous a servi votre foi en Dieu et en Muhammad ? » Dieu s’irrite alors de ces propos et dira : « Ô Gabriel, va ! Fais sortir de l’Enfer ceux de la communauté de Muhammad (que la prière et la paix soient sur lui) qui s’y trouvent. » Gabriel les fera sortir en groupes (2), déjà brûlés (3), puis il les déposera près d’une rivière placée à la porte du Paradis, appelée la Rivière de la Vie. Ils y demeureront jusqu’à recouvrer une apparence plus belle que jamais. Ensuite, Dieu (exalté soit-Il) commandera qu’on les introduise au Paradis, tandis qu’il sera inscrit sur leur front : « Ceux-ci sont les gens de la Géhenne, affranchis. »

(1) Les ankal sont des chaînes ou des entraves placées aux pieds.
(2) En groupes ou en faisceaux.
(3) Complètement consumés par le Feu.

(1) Al-Ankāl : pluriel de Nikl, qui signifie la chaîne ou le lien. (2) Dhabāʾir : désigne un groupe en dispersion. (3) C’est-à-dire : ils ont brûlé.
لأُقِرَّنَّ عينَك في أمَّتِكَ، ثُمَّ تَقفُ المَلائكةُ بَيْنَ يَدي اللهِ (عز وجل) يَنْتظرُونَ ما يُؤمَرُونَ به، فيقول لهم الربُّ تعالى وتَقَدَّسَ: معاشر الزبانية انطلقوا بالمصرِّين على الكَبَائر منْ أُمَّةِ مُحمَّدٍ إلى النَّارِ، فَقَدِ اشْتَدَّ غَضبي عَليهمْ بتَهاونِهِمْ بأمْري في دَارِ الدُّنيا، واسْتِخْفَافِهمْ بِحَقِّي، وانْتِهاكِهِم حُرْمتي، يَسْتَخفونَ منَ النَّاسِ وَيُبَارزُوني بالمعاصي مَعَ كَرامتي لهم، وتَفْضيلي إيَّاهُمْ على الأُمَمِ، ولَمْ يَعْرفُوا فَضْلي، وعِظَمَ نِعْمتي، فَعِنْد ذلك تأخُذُ الزَّبَانية بلِحى الرِّجَالِ، وذَوائبِ النِّساء، فينْطَلقُون بهم إلى النَّار، وما منْ عَبْدٍ يُساقُ إلى النَّارِ منْ غَيْرِ هَذِهِ الأمَّةِ إلَّا مُسْودًّا وَجْهُهُ، وقَدْ وُضِعَتِ الأنْكالُ (١) في قَدَمَيهِ، والأغْلالُ في عُنُقه إلَّا ما كانَ من أهل النار مِنْ هَذِهِ الأمَّةِ، فإنَّهُمْ يُساقُونَ إلى النار بِألْوَانِهِمْ، فإذا وَرَدوا على مَالِكٍ قال لهم: معَاشِرَ الأشْقِيَاءِ، مِنْ أيِّ أمَّةٍ أنتُم؟ فمَا وَرَدَ عَلى أحْسَنُ وجُوهًا مِنْكُم، فيقُولُون: يا مَالِكُ، نَحْنُ منْ أُمَّةِ القُرْآنِ، فيقولُ لَهُمْ: معَاشرَ الأشْقياء أو لَيْسَ القُرآنُ أُنْزلَ عَلى محمَّد ﷺ ؟ قال: فَيَرْفَعُونَ أصْوَاتَهُمْ بالنَّحيب، والبُكاء: وامُحمَّدَاه، يا مُحمَّدُ اشْفَعْ لِمَنْ آمن بك ممن أُمرَ بهِ إلى النَّارِ مِنْ أُمَّتِكَ، قال: فَيُنادى مالك بتهدُّدٍ، وانْتهارٍ: يا مَالِكُ، منْ أمَرَكَ بمعاتبة الأشْقِيَاء، وَمُحادَثَتهمْ، والتَّوَقُّفِ عنْ إدْخالِهمِ العذاب؟ يا مَالِكُ، لا تُسودْ وُجُوههمْ، فقد كانوا يَسْجُدُونَ لي بها في دار الدنيا، يا مالكُ لا تَغُلَّهُم بالأغْلالِ، فقدْ كانُوا يَغْتسلُونَ منَ الْجَنابةِ، يا مَالِكُ، لا تُقيِّدْهُمْ بالأنْكالِ، فقدْ طافُوا حَوْلَ بَيْتيَ الحَرَامِ، يا مالِك لا تُلْبسهُم القَطِرَانَ، فقد خَلَعُوا ثِيَابَهُمْ لِلإحْرَامِ، يا مَالِكُ، [مُرِ النار لا تحرق ألسنتهم، فقد كانوا يقرؤون القرآن، يا مالك] قُلْ للنارِ تَأْخُذْهُمْ على قدْرِ أعْمَالِهِمْ، فَالنَّارُ أعْرَفُ بهمْ وبمقاديرِ اسْتِحْقَاقهمْ من العذاب منَ الوَالِدَة بوَلَدِها، فمِنْهُمْ منْ تَأخذُهُ النَّارُ إلى كَعْبَيْهِ، ومنْهُمْ منْ تأخذُهُ النَّارُ إلى رُكْبَتيْهِ، ومِنْهُمْ من تأخُذُهُ النَارُ إلى سُرَّتهِ، ومنْهُمْ منْ تأخذُهُ النَّارُ إلى صَدْرِهِ، قال: فإذا انْتَقَم اللهُ منْهُمْ على قَدْرِ كَبائرِهِمْ وعُتُوِّهمْ وإصْرَارِهم، فتح بينهم وبين المشركين بابًا وهم في الطَّبَقِ الأعْلَى من النار، لا يذوقُونَ بَرْدًا ولا شَرابًا، يبكون، ويقولون: يا مُحمَّداهُ، ارحم من أُمَّتك الأشْقياءَ، واشْفَعْ لَهُمْ، فقد أكلت النارُ لُحُومَهُمْ، وعِظامهمْ وَدِماءهم، ثم ينادُون: يا رَبّاه، يا سيّداه، ارحم من لم يُشركْ بك شيئًا في دار الدُّنيا، وإن كان قد أساء وأخْطأ، وتَعذَى، فعِنْدها يقولُ المُشْركُون لهم: ما أغنى عَنْكُمْ إيمانُكُمْ باللهِ، وبمحمّد، فيَغْضبُ اللهُ لذلكَ، فيقول: يا جبريلُ، انْطَلِقْ، فَأخْرِجْ منْ في النَّارِ منْ أُمَّةِ محمَّد ﷺ ، فيُخْرجُهُم ضَبائرَ (٢) ، قد امْتَحشُوا (٣) ، فيُلْقيهمْ على نَهْرٍ على بابِ الْجَنَّةِ، يُقالُ لَهُ: نَهْرُ الحياة، فيَمْكُثونَ حتَّى يَعُودُوا أنْضَر ما كانوا، ثمَّ يأمرُ الله (عز وجل) بإدخالهم الْجنَّةَ، مكتوبٌ على جِباهِهِمْ: هَؤُلاءِ الْجَهنَّميُّونَ، عُتَقاءُ
(١) الأنكال: جمع نِكل، وهو القيد. (٢) ضبائر: جماعة في تفرق. (٣) أي: احترقوا.

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