Abd Allâh ibn ʿAmr et Mudjâhid ont dit : « C’est une vallée parmi les vallées de l’Enfer. » Abd Allâh ibn ʿAmr ajouta : « Elle est profonde, et c’est là que, au Jour de la Résurrection, sera marqué le clivage entre les gens de la bonne direction et ceux de l’égarement. »
Al-Bayhaqî rapporte, d’après al-Hâkim, d’après al-Aṣamm, d’après al-ʿAbbâs ad-Dûrî, d’après Ibn Maʿîn, d’après Hushaym, d’après al-ʿAwwâm ibn Ḥawshab, d’après ʿAbd al-Jabbâr al-Khawlânî, ce récit : Un homme parmi les Compagnons du Prophète (ﷺ) arriva chez nous à Damas. Il vit alors dans quelle situation se trouvaient les gens, c’est-à-dire tournés vers ce monde, et il dit : « En quoi tout ce qu’ils possèdent d’ici-bas leur servira-t-il ? Ne se trouve-t-il pas derrière eux al-Falaq ? » On lui demanda : « Qu’est donc al-Falaq ? » Il répondit : « C’est un puits dans le Feu ; lorsqu’il s’ouvre, les habitants de l’Enfer en sont saisis d’effroi. » Voilà ce qu’affirma Yahyâ en disant : « Ils en sont saisis d’effroi », et il n’a pas dit « ils fuient » ni « ils s’en échappent ». (1)
Al-Bayhaqî rapporte aussi, d’après al-Hâkim et d’autres, via al-Aṣamm, d’après Ibrâhîm ibn Marzûq (2) en Égypte, d’après Saʿîd ibn ʿÂmir, d’après Shuʿbah, qui dit : « Manṣûr m’écrivit, et je lui en fis lecture : d’après Mudjâhid, d’après Yazîd ibn Shajarah, lequel était un ascète et que Muʿâwiyah chargeait de conduire des armées. Un jour, il nous adressa un discours, loua Dieu et Le glorifia, puis déclara : “Ô gens ! Rappelez-vous le bienfait de Dieu sur vous. Combien est belle l’empreinte de la Grâce de Dieu sur vous ! Si vous voyiez ce que je vois : du rouge, du jaune, de toute couleur, et tout ce qui se trouve dans les bagages… En vérité, lorsque la prière est établie, les portes du ciel, du Paradis et de l’Enfer s’ouvrent. Et lorsque les deux rangs se rencontrent [au combat], les portes du Paradis et celles de l’Enfer s’ouvrent, et les houris aux larges yeux sont parées, puis elles regardent. Si l’un de vous s’avance, en se tournant résolument vers le combat et la prière, elles disent : ‘Ô Seigneur, affermis-le ! Ô Seigneur, donne-lui la victoire !’ Et s’il se détourne, elles se cachent de lui et disent : ‘Ô Seigneur, pardonne-lui !’ Allez donc frapper le visage de l’ennemi (3), que mon père et ma mère soient sacrifiés pour vous ! Car dès la toute première goutte de sang qui coule de l’un d’entre vous, Dieu efface ses péchés comme l’arbre fait tomber ses feuilles. Deux houris se précipitent alors vers lui, essuient la poussière de son visage et disent : ‘Puissions-nous être sacrifiées pour toi !’, et il leur répond : ‘Puissé-je être sacrifié pour vous !’ Puis on le revêt de cent tuniques qui, si on les plaçait entre mes deux doigts, y tiendraient sans peine, et elles ne sont pas tissées par les fils d’Adam, mais font partie des vêtements du Paradis.
Dieu vous a d’ailleurs inscrits, tous et toutes, par vos noms, vos traits, vos murmures, vos ornements et vos places. Le Jour de la Résurrection, on dira : ‘Ô untel, voici ta lumière ! Ô untel, pas de lumière pour toi !’ Quant à l’Enfer, il possède des puits (4) au rivage étendu comme celui de la mer, peuplés de bêtes rampantes, de serpents gros comme des chameaux et de scorpions semblables à de grandes mules noires (5). Quand les habitants de l’Enfer demandent un allègement, on leur dira : ‘Sortez jusqu’au rivage’, et alors ces bêtes les saisiront par les lèvres, les flancs ou là où Dieu le voudra, et les dépouilleront de leur peau (6). Ils rebrousseront aussitôt chemin dans leur fuite et se précipiteront alors au cœur du Feu, où ils seront livrés à son pouvoir.”