Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

L’imam Ahmad a dit : « Hassan nous a rapporté (ḥaddathanā Ḥasan), qui nous a rapporté (ḥaddathanā) Ibn Lahī‘a, de Darrāj, d’Abou al-Haytham, d’Abou Sa‘īd, qui le tenait du Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui) :
“‘Wayl’ est un vallon en Enfer (Jahannam) : le mécréant y chute durant quarante années (kharīfan) avant d’atteindre son fond. Quant à ‘as-sa‘oûd’ (الصَّعُود), c’est une montagne de feu qu’il est contraint de gravir pendant soixante-dix années, puis il y retombe de même, et ainsi de suite pour l’éternité.” »

At-Tirmidhī l’a également rapporté d’après ‘Abd ibn Ḥumayd, d’après al-Ḥasan ibn Mūsā al-Ashyab, d’après Ibn Lahī‘a, d’après Darrāj. Puis il a commenté : « C’est un hadith ‘gharīb’ (étrange), et nous ne le connaissons que par la voie de Ibn Lahī‘a. » On le retrouve aussi chez Ibn Jarīr, d’après Yūnus, d’après Ibn Wahb, d’après ‘Amr ibn al-Ḥārith, d’après Darrāj. Quoi qu’il en soit, ce hadith est considéré ‘gharīb’, voire ‘munkar’ (1).

Selon l’explication la plus évidente, le terme « wayl » signifie ce qui s’oppose à la préservation et au salut ; c’est ainsi que les Arabes disent : « malheur à lui », « ô son malheur ! », ou « waylahu ».

Par ailleurs, al-Bazzār, Ibn Jarīr, Ibn Abī Ḥātim et Ibn Mardawayh ont rapporté — selon Sharīk al-Qādī, d’après ‘Ammār adh-Duhnī, d’après ‘Aṭiyyah, d’après Abou Sa‘īd — que le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui), au sujet de la parole divine : « Sأُرْهِقُهُ صَعُودًا » (Coran 74:17 : « Je l’accablerai d’une montée ardue »), a dit : « C’est une montagne de feu, au cœur de l’Enfer : on ordonne au damné de la gravir. Dès qu’il y pose la main, celle-ci fond ; puis, quand il la retire, elle redevient comme avant. De même pour son pied : quand il le pose, il fond ; quand il le relève, il redevient comme avant » (2).

Qatādah rapporte qu’Ibn ‘Abbās a dit : « As-sa‘oûd est un rocher en Enfer sur lequel le mécréant est traîné, le visage contre terre. » As-Suddī renchérit : « C’est un rocher lisse en Enfer que le damné est sommé de gravir. » Mujāhid dit que « Sأُرْهِقُهُ صَعُودًا » renvoie à une souffrance pénible ; Qatādah explique qu’il s’agit d’un châtiment sans aucun répit, et c’est l’avis qu’Ibn Jarīr a privilégié. Il est également fait mention, qu’Allah nous en préserve par Sa miséricorde, de la présence de serpents et de scorpions en cet endroit.

Allah — Exalté soit-Il — dit : « Que ceux qui sont avares de ce qu’Allah leur a accordé par Sa grâce ne pensent pas que cela leur soit profitable. Bien au contraire, c’est un mal pour eux : ce dont ils ont été avares leur sera enroulé autour du cou le Jour de la Résurrection » (Coran 3:180).

Il est établi dans le Ṣaḥīḥ d’al-Bukhārī — d’après ‘Abd Allah ibn Dīnār, d’après Abou Ṣāliḥ, d’après Abou Hurayrah — que le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui) a dit : « Tout propriétaire d’un trésor qui ne s’acquitte pas de la Zakāt verra son bien, au Jour de la Résurrection, se transformer en un serpent (shujā‘) (3) chauve (aqra‘) (4), doté de deux taches (zabībatān) (5), qui le saisira par les mâchoires (baliḥzimatayhi) (6) en disant : “Je suis ton bien, je suis ton trésor.” »

(1) Il a été rapporté par Aḥmad dans son « Musnad » (3/75), par al-Tirmidhī (2576) et (3164), ainsi que par ʿAbd ibn Ḥumayd dans « al-Muntaḫab » (624). (2) Sa chaîne de transmission est faible. (3) Al-Shujāʿ : le serpent venimeux. (4) Al-Aqrʿ : celui qui n’a pas de cheveux sur la tête, ce qui est souvent un signe de plus grande toxicité. (5) Ce sont deux taches noires au-dessus de ses yeux. (6) Cela concerne ses joues.
وقال الإمام أحمد: حدّثنا حسن، حدّثنا ابن لَهيعة؛ عن دَرَّاج، عن أبي الهَيْثَم، عن أبي سعيد، عن رسول الله ﷺ ، قال: "وَيْلٌ وادٍ في جَهنَم، يَهْوي فيه الكافر أربعين خَرِيفا قَبْلَ أنْ يَبْلُغ قَعْرَهُ، والصَّعُودُ جَبلٌ منْ نارٍ يَتصَعَّدُ فيه سَبْعين خَريفًا، ثم يَهْوي به كذلك فيه أبدًا" . وكذا رواه الترمذيّ عن عبدِ بن حُمَيْدٍ، عن الحسن بن موسى الأشْيَب، عن ابن لَهيعَةَ، عن دَرَّاج، ثم قال: غريب لا نعرفه [مرفوعًا] ، إلا من طريق ابن لَهيعَةَ. كذا قال، وقد رواه ابن جرير، عن يونس، عن ابن وَهْب، عن عمرو بن الحارث، عن دَرَّاج به، وبكلِّ حال فهو حديث غريب، بل مُنْكَرٌ (١) والأظْهرُ في تفسير "ويل" أنّه ضِدّ السلامة والنجاة، كما تقول العرب: ويلٌ لهُ، ويا وَيْلهُ، ووَيْلهُ. وقد روى البزّار، وابن جرير، وابن أبي حاتم، وابنُ مَرْدويْه، من حديث شَريك القاضي، عن عمَّار الذُهْني، عن عَطيَّةَ، عن أبي سعيد، قال: قال رسول الله ﷺ في قوله: ﴿سَأُرْهِقُهُ صَعُودًا﴾ قال: "هو جَبَلٌ في النار، من نارٍ، يُكَلَّف أن يَصْعده، فإذا وضع يده عليه ذابتْ، فإذا رفعهما عادت، وإذا وضع رِجْلَه عليه ذابَتْ، فإذا رفعها عادتْ" (٢) . وقال قتادة: قال ابن عباس: صَعُودٌ: صَخْرةٌ في جهنَّم يُسْحَبُ عَلَيْها الكافرُ على وَجْهه. وكذلك قال السُّديّ: صَخْرةٌ مَلْساءُ في جَهنَم، يُكَلَّفُ أن يَصْعَدها. وقال مجاهد: ﴿سَأُرْهِقُهُ صَعُودًا﴾، أي مَشَّقَة من العذاب، وقال قتادة: عذابًا لا راحةَ فيه، واختاره ابن جَرير. ذكر حيَّاتها وعقاربها أعاذنا الله منها برحمته قال الله تعالى: ﴿وَلَا يَحْسَبَنَّ الَّذِينَ يَبْخَلُونَ بِمَا آتَاهُمُ اللَّهُ مِنْ فَضْلِهِ هُوَ خَيْرًا لَهُمْ بَلْ هُوَ شَرٌّ لَهُمْ سَيُطَوَّقُونَ مَا بَخِلُوا بِهِ يَوْمَ الْقِيَامَةِ﴾ [آل عمران: ١٨٠] ، وثبت في "صحيح البخاريّ" من طريق عبد الله بن دِينار، عن أبي صالح، عن أبي هريرة، قال: قال رسول الله ﷺ : "ما من صَاحب كَنْنر لا يُؤدِّي زكاته إلا مُثِّلَ له كنزُه يوم القيامة شُجاعًا (٣) أقْرَعَ (٤) له زَبيبَتانِ (٥) يَأْخُذُ بَلِهْزِمَتَيْه (٦) فيقول: أنا مالكُ، أنا كنزكُ " ، وفي
(١) رواه أحمد في "المسند" (٣/ ٧٥) والترمذي (٢٥٧٦) و (٣١٦٤) وعبد بن حميد في "المنتخب" (٦٢٤). (٢) وإسناده ضعيف. (٣) الشجاع: الحية الذكر. (٤) الأقرع: الذي لا شعر على رأسه، وهذا يكون أكثر سمًا من غيره. (٥) أي نكتتان سوداوان فوق عينيه. (٦) أي بشدقيه.

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