Nûr ad-Dîn Mahmûd ibn Zankî. Les habitants furent effrayés, les fondements du pays ébranlés, ses gouvernants divisés et ses affaires corrompues. Salâh ad-Dîn entreprit de rassembler leurs rangs, de faire preuve de bienveillance envers la population, de sécuriser leurs plaines et leurs hauteurs, d’apporter la victoire à l’islam et de repousser les fauteurs de trouble.(1)
2 – Il n’est pas reproduit textuellement : l’historien se réfère à l’événement dans sa source, puis le formule avec ses propres mots et ajoute les critiques et commentaires qu’il juge appropriés. Lorsque certains voulurent comparer le contenu du “Al-Bidâya wa an-Nihâya” à celui de l’Histoire d’At-Tabarî ou à d’autres ouvrages, ils supposèrent qu’Ibn Kathîr n’avait pas consulté directement l’Histoire d’At-Tabarî mais avait puisé ses informations d’une autre source. Or, ils se sont trompés, car ils n’ont pas prêté attention au style et à la méthode d’Ibn Kathîr. L’exemple le plus probant est ce qu’il écrit dans la biographie d’Al-Hallâj (2), ses descriptions de la dévastation et des destructions qui frappèrent Bagdad après l’invasion des Tatars (3), ainsi que ses propos relatifs à la ville de Damas et à la construction de sa grande mosquée (4).
3 – Son émotion sincère apparaît dans son amour pour Dieu – qu’Il soit exalté –, l’amour pour Son Envoyé (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui), dans l’amour qu’il éprouve pour l’ensemble des Compagnons et de ceux qui les suivent avec droiture et bienfaisance, mais également dans l’aversion qu’il ressent envers les mécréants et ceux qui dévient ou propagent le mensonge. Il est profondément touché par les dissensions et conflits survenus parmi les musulmans, qui ont interrompu la prédication et les conquêtes, retournant les armes des croyants contre eux-mêmes – et il n’y a de force et de puissance qu’en Dieu. Cette émotion sincère se dévoile clairement lorsqu’il évoque l’apostasie de Jabila ibn al-Ayham al-Ghassânî, qu’il traite de « bête » (5). Elle se manifeste encore plus vivement à la mention de l’assassinat d’Ibn az-Zubayr, lorsqu’il qualifie celui qui l’a tué, Al-Hajjâj, de « mubîr » (funeste), et Ibn az-Zubayr, qui fut tué, d’« Émir des croyants » (6).
Il critique avec ferveur l’argumentation des Jahmites qui interprètent l’« istiwâ’ » comme une simple prise de pouvoir, en se basant sur le vers d’Al-Akhtal : « Bishr s’est emparé de l’Irak… sans épée ni effusion de sang. » Il affirme qu’il n’y a dans ce vers aucune preuve valable, d’autant plus que ce poème est attribué à Al-Akhtal, qui était chrétien (7).
Il ne fait aucun doute que le style limpide et concis, propre au hafiz Ibn Kathîr et manifeste dans son ouvrage “Al-Bidâya wa an-Nihâya”, tout comme sa sincérité inébranlable pour défendre la « communauté sauvée » (Ahl as-Sunna wal-Jamâ’a), confèrent à ce livre un caractère à la fois béni et toujours actuel. C’est comme si son auteur l’avait rédigé à l’intention des générations futures, prenant soin de le modeler selon leur langage, leur style et leurs sentiments !