Il dit :
« On leur amène des chamelles blanches munies d’ailes, avec des selles d’or. Les lanières de leurs sandales scintillent d’une lumière éblouissante, et chaque pas qu’elles font s’étend jusqu’à la limite du regard. Ils aboutissent alors à un arbre au pied duquel jaillissent deux sources : ils boivent de l’une, qui lave la moindre souillure de leur ventre, et se lavent avec l’autre, si bien que leur peau comme leurs cheveux ne seront plus jamais atteints d’aucune altération. Sur eux resplendit alors l’éclat de la félicité, et ils parviennent… »
Ou il a dit : « … Ils arrivent à la porte du Paradis : là se trouve un anneau fait d’un rubis rouge, fixé sur des plaques d’or. Ils frappent cet anneau contre la plaque, et il en émane un son retentissant, ô ‘Alî, dont nulle créature n’a jamais entendu l’équivalent. Chaque houri apprend alors que son époux est arrivé, et elle dépêche son serviteur pour lui ouvrir. Quand celui-ci voit l’époux, il se jette à terre devant lui » – Muslima précise : je crois qu’il a dit : en se prosternant – « puis il lui dit : “Relève la tête, je ne suis que ton serviteur, chargé de veiller sur toi.” Il le suit et marche derrière lui. Et la houri, toute empressée, sort de ses pavillons faits de perles et de rubis, pour se jeter à son cou.
Puis elle lui dit : “Tu es mon bien-aimé, et je suis la tienne ; je suis celle qui demeure éternellement sans mourir, je suis comblée de bienfaits et je ne connaîtrai ni souffrance ni tristesse ; je suis celle qui est à jamais satisfaite et ne se met jamais en colère, je réside sans jamais partir.” L’homme entre alors dans une demeure haute de cent mille coudées, construite avec des blocs de perles [et de rubis], disposés par strates – rouges, jaunes et vertes, aucune ne ressemblant à l’autre. Dans cette demeure se trouvent soixante-dix lits, sur chacun soixante-dix matelas (1), et sur chaque matelas soixante-dix épouses, chacune revêtant soixante-dix parures. On voit la moelle de leurs tibias à travers ces étoffes. Il les rejoint toutes dans le laps d’une seule nuit de vos nuits d’ici-bas. Des fleuves coulent sous leurs pieds :
Ce sont des fleuves “d’eau non croupie” (cf. [Muhammad : 15]) – pure et sans la moindre turbidité ; “des fleuves de lait dont le goût ne change pas” – qui ne sort pas des pis du bétail ; “des fleuves de vin délectable pour ceux qui en boivent” – que les hommes n’ont pas foulé de leurs pieds ; “et des fleuves de miel purifié” – qui ne provient pas non plus du ventre des abeilles. Ils savourent alors les fruits, s’ils veulent en manger debout, assis ou allongés. »
Ensuite, il récita : « (Ils y auront) des ombrages tout proches au-dessus d’eux et ses fruits pliés en toute humilité [Al-Insân : 14]. » Ils désirent alors se nourrir : un oiseau blanc – ou peut-être vert – vient ouvrir ses ailes pour qu’ils consomment à même ses flancs tous les mets de la couleur qu’ils souhaitent. Puis l’oiseau s’envole et s’en va. Un ange survient et dit : « Paix sur vous : voici le Paradis qui vous a été donné en héritage pour prix de vos œuvres [Al-A’râf : 43]. » Et si ne serait-ce qu’un seul cheveu d’une houri tombait sur la terre, elle en serait illuminée, et le soleil paraîtrait sombre en comparaison de son éclat. (2)
Nous l’avons rapporté dans “al-Ja`diyyât” comme étant la parole de ‘Alî ibn Abî Tâlib, rapportée de lui, et cela semble plus correct ; Dieu sait mieux.
Abû al-Qâsim al-Baghawî a dit : « ‘Alî ibn al-Ja’d nous a rapporté, Zuhayr nous a rapporté, d’après Abû Ishâq, d’après ‘Âsim, d’après ‘Alî : il mentionna le Feu et en exalta la gravité d’une façon dont je ne me souviens pas mot à mot, puis il dit : “(Et ceux qui craignaient leur Seigneur seront conduits par groupes au Paradis) [Az-Zumar : 73], et lorsqu’ils parviennent à l’une de ses portes, ils trouvent auprès d’elle un arbre du pied duquel jaillissent deux sources…” »