L’homme revint de son voyage, entra chez son épouse alors qu’il était affamé, ayant enduré une rude disette. Il lui demanda : « As-tu (1) quelque chose (à manger) ? » Elle répondit : « Oui, réjouis-toi : la subsistance de Dieu est à ta disposition. » Il l’encouragea de nouveau : « Malheur à toi, j’ai besoin de savoir si tu as quelque chose. » Elle dit : « Oui, un petit peu (2). Nous espérons la miséricorde de Dieu. »
Le temps s’écoula, et comme il attendait depuis longtemps, il lui dit : « Malheur à toi, lève-toi et va voir si tu as quelque chose à m’apporter, car je suis exténué (3). » Elle répondit : « Oui, à présent le four est en train de cuire, ne te presse pas. » Puis, après qu’il se tut un moment et qu’elle guettait aussi un signe de sa part, elle se dit : « Si je me levais pour aller voir mon four. » Elle se leva et trouva son four empli de gigots de mouton [et sa meule qui tournait, alors elle s’approcha de la meule, la secoua et sortit de son four les gigots de mouton] (4).
Abou Hourayra rapporta : « Par Celui qui détient l’âme d’Abou al-Qassim, selon la parole de Mouhammad (ﷺ), si elle avait pris ce qui se trouvait dans sa meule sans la secouer, celle-ci aurait continué de moudre (5) jusqu’au Jour de la Résurrection. »
Ahmed (6) a dit : « Ibn ‘Amir nous a rapporté, Abou Bakr nous a rapporté d’après Hisham, d’après Mouhammad, d’après Abou Hourayra, qui a dit : Un homme rentra auprès des siens ; quand il vit leur état de nécessité, il partit (7) dans la steppe. Son épouse (8) se leva alors, plaça la meule et alluma le four, puis dit : “Ô Dieu, accorde-nous Ta subsistance.” Elle regarda et vit que la jefna (le grand récipient) était pleine. Ensuite elle alla vers le four et le trouva également rempli. » Abou Hourayra poursuit : « Lorsque son mari revint, il lui demanda : “Avez-vous obtenu quelque chose en mon absence ?” Elle répondit : “Oui, cela nous est venu de la part de notre Seigneur.” Puis elle s’approcha de la meule et la souleva (9). »
Cet événement fut rapporté au Prophète (ﷺ), qui dit : « En vérité, si elle ne l’avait pas soulevée, la meule aurait continué de tourner jusqu’au Jour de la Résurrection. » Abou Hourayra déclara aussi : « J’ai été témoin du Prophète (ﷺ), qui disait : “Par Dieu, si l’un de vous allait ramasser une brassée de bois (10), la chargeait sur son dos, puis la vendait afin de vivre dignement, ce serait bien mieux que de demander à autrui.” »