Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

L’homme revint de son voyage, entra chez son épouse alors qu’il était affamé, ayant enduré une rude disette. Il lui demanda : « As-tu (1) quelque chose (à manger) ? » Elle répondit : « Oui, réjouis-toi : la subsistance de Dieu est à ta disposition. » Il l’encouragea de nouveau : « Malheur à toi, j’ai besoin de savoir si tu as quelque chose. » Elle dit : « Oui, un petit peu (2). Nous espérons la miséricorde de Dieu. »

Le temps s’écoula, et comme il attendait depuis longtemps, il lui dit : « Malheur à toi, lève-toi et va voir si tu as quelque chose à m’apporter, car je suis exténué (3). » Elle répondit : « Oui, à présent le four est en train de cuire, ne te presse pas. » Puis, après qu’il se tut un moment et qu’elle guettait aussi un signe de sa part, elle se dit : « Si je me levais pour aller voir mon four. » Elle se leva et trouva son four empli de gigots de mouton [et sa meule qui tournait, alors elle s’approcha de la meule, la secoua et sortit de son four les gigots de mouton] (4).

Abou Hourayra rapporta : « Par Celui qui détient l’âme d’Abou al-Qassim, selon la parole de Mouhammad (ﷺ), si elle avait pris ce qui se trouvait dans sa meule sans la secouer, celle-ci aurait continué de moudre (5) jusqu’au Jour de la Résurrection. »

Ahmed (6) a dit : « Ibn ‘Amir nous a rapporté, Abou Bakr nous a rapporté d’après Hisham, d’après Mouhammad, d’après Abou Hourayra, qui a dit : Un homme rentra auprès des siens ; quand il vit leur état de nécessité, il partit (7) dans la steppe. Son épouse (8) se leva alors, plaça la meule et alluma le four, puis dit : “Ô Dieu, accorde-nous Ta subsistance.” Elle regarda et vit que la jefna (le grand récipient) était pleine. Ensuite elle alla vers le four et le trouva également rempli. » Abou Hourayra poursuit : « Lorsque son mari revint, il lui demanda : “Avez-vous obtenu quelque chose en mon absence ?” Elle répondit : “Oui, cela nous est venu de la part de notre Seigneur.” Puis elle s’approcha de la meule et la souleva (9). »

Cet événement fut rapporté au Prophète (ﷺ), qui dit : « En vérité, si elle ne l’avait pas soulevée, la meule aurait continué de tourner jusqu’au Jour de la Résurrection. » Abou Hourayra déclara aussi : « J’ai été témoin du Prophète (ﷺ), qui disait : “Par Dieu, si l’un de vous allait ramasser une brassée de bois (10), la chargeait sur son dos, puis la vendait afin de vivre dignement, ce serait bien mieux que de demander à autrui.” »

(1) Ainsi dans la lettre B, ce qui correspond à ce qui est dans le Musnad. (2) Dans la copie T : "Hani'ah". Et "al-Hunayah" est le diminutif de "Hannah" : un court laps de temps. (3) Dans la copie T : "al-Mutal". Et dans la note en marge de A : dans une version : "al-Mutal". (4) Ajouté dans la copie T : "al-Juhd" (l'effort). (5) N'est pas dans B, mais elle est présente dans le Musnad d'Ahmad. "Janoub al-Ghanam" : pluriel de "Janb", il désigne le flanc de la brebis, c'est-à-dire qu'il était dans le four un grand nombre de flancs et non un seul. Voir "al-Nihayah" dans les termes rares des hadiths (1/304). (6) Provenant de B, c'est un récit d'Ahmad. (7) Musnad Ahmad (2/513). (8) Ainsi dans B et T. Ce qui correspond à ce qui est dans le Musnad. Et dans A : "Faraja'a" (il s'en retourna). (9) Ajouté dans la copie T : "Malqa". Il n'est pas dans le Musnad, et dans la note en marge de A : c'est le récit d'une autre version. (10) Dans la copie T : "min rabbina farraftuha ila al-rahah thumma qamat fadhakara". Et dans B : "Qama al-rajul fara'aha" (l'homme s'est levé et l'a levée). (11) Dans B : "Bihatib". Et dans le Musnad : "Sabiran".
الرجل من سَفَره، فدخل على امرأته جائعًا قد أصابته مَسْغَبَةٌ شديدة فقال لامرأته: أعندك (١) شيء؟ قالت: نعم أبشر، أتاك رزق الله. فاستحثَّها فقال: ويحك أبتغي إن كان عندك شيء. قالت: نعم هُنية (٢) نرجو رحمة الله. حتى إذا طال عليه الطَّول (٣) قال: ويحك قومي فابتغي إن كان عندك شيء فأتيني به فإني قد بلغت (٤) وجهدت. فقالت: نعم الآن ينضج التنّور فلا تعجل. فلما أن سَكَتَ عنها ساعة وتحينَتْ أيضًا أن يقول لها، قالت مِن عِند نفسها: لو قُمتُ فنظرتُ إلى تنّوري. فقامت فوجدت تنورَها ملآن من جُنُوب الغنم [ورحاها تطحن، فقامت إلى الرحى فنفضتها واستخرجت ما في تنورها من جُنُوب الغنم] (٥) . قال أبو هريرة: فوالذي نفس أبي القاسم بيده عن قول محمد- ﷺ لو أخذت ما في رَحْيَيْها ولم تنفضها لطحنتها (٦) إلى يوم القيامة. وقال أحمد (٧) : حدّثنا ابن عامر، حدّثنا أبو بكر، عن هشام، عن محمد، عن أبي هريرة قال: دخل رجل على أهله، فلما رأى ما بهم من الحاجة خرج (٨) إلى البرِّيَّة، فلما رأت امرأته (٩) قامت إلى الرَّحى فوضعتها، وإلى التنور فَسَجَرته، ثتم قالت: اللهم ارزقنا. فنظرت فإذا الجَفْنَةُ قد امتلأت. قال: وذهبت إلى التنور فوجدته ممتلئًا. قال: فرجع الزوج قال: أصبتم بعدي شيئًا؟ قالت امرأته: نعم من ربنا، ثم قامت إلى الرَّحى فرفعتها (١٠) . فذكر ذلك للنبي ﷺ فقال: "أما إنه لو لم ترفعها لم تزل تدور إلى يوم القيامة" . قال: شهدت النبي ﷺ وهو يقول: والله لأَن يأتيَ أحدُكم بحزمة حطب (١١) ثمّ يحمله فيبيعه فيستعفف منه خيرٌ له من يأتي رجلًا فيسأله. * * *
(١) هكذا في ب وهو الموافق لما في المسند. (٢) في ط: هنيئة. والهُنَية: تصغير هَنَة: القليل من الوقت. (٣) في ط. المطال. وفي حاشية أ: في نسخة: المطال. (٤) زاد في ط: الجهد. (٥) ليست في ب، وهي في مسند أحمد. وجنوب الغنم: جمع جَنْب، يريد جنب الشاة، أي أنه كان في التنور جنوب كثيرة لا جنب واحد. النهاية في غريب الحديث (١/ ٣٠٤). (٦) من ب، وهي رواية أحمد. (٧) مسند أحمد (٢/ ٥١٣). (٨) كذا في ب وط. وهو موافق لما في المسند. وفي أ: فرجع. (٩) زاد في ط: مالقي. وليست في المسند، وفي حاشية أ: أنها رواية نسخة أخرى. (١٠) في ط: من ربنا فرفعتها إلى الرحى ثم قامت فذكر. وفي ب: قام الرجل فرفعها. (١١) في ب: بحطب. وفي المسند: صبيرًا.

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