Al-Bayhaqî a rapporté : « Nous a transmis Abû ‘Abd Allâh al-Hâfiẓ, et nous ont également transmis Muhammad ibn Sâlih ibn Hânî, al-Hasan ibn Ya‘qûb et Ibrâhîm ibn ‘Ismah. Ils ont dit : Nous a rapporté as-Sarî ibn Khuzaymah, qui a dit : Nous a rapporté Abû Ghassân Mâlik ibn Ismâ‘îl an-Nahdî, qui a dit : Nous a rapporté ‘Abd as-Salâm ibn Harb, qui a dit : Nous a rapporté Yazîd ibn ‘Abd ar-Rahmân, Abû Khâlid ad-Dalânî, qui a dit : Nous a rapporté al-Minhâl ibn ‘Amr, d’Abû ‘Ubaydah, de Masrûq, d’après ‘Abd Allâh [ibn Mas‘ûd], qui a dit :
“Le Jour de la Résurrection, Dieu rassemblera les gens et un héraut s’écriera : ‘Ô gens, n’étiez-vous pas satisfaits de votre Seigneur qui vous a créés, façonnés et pourvu de subsistance, qu’Il remette chacun d’entre vous à celui auquel il s’en remettait dans ce bas monde ?’”
‘Abd Allâh poursuivit : “Alors, se présentera à ceux qui adoraient ‘Uzayr une forme démoniaque d’‘Uzayr, puis on représentera à d’autres l’arbre, le bâton, la pierre ou toute autre chose qu’ils adoraient. Ceux qui appartiennent à la communauté de l’Islam resteront alors agenouillés. Il leur sera dit : ‘Pourquoi n’êtes-vous pas partis comme les autres ?’ Ils répondront : ‘Nous avons un Seigneur que nous n’avons pas encore vu.’ On leur dira : ‘Comment reconnaîtrez-vous votre Seigneur si vous Le voyez ?’ Ils diront : ‘Il y a entre Lui et nous un signe : si nous Le voyons, nous Le reconnaîtrons.’ On leur demandera : ‘Quel est ce signe ?’ Ils répondront : ‘Il découvrira Sa jambe.’”
‘Abd Allâh dit : “Alors, Il découvrira Sa jambe. Ceux qui L’adoraient tomberont immédiatement prosternés, tandis qu’un groupe de gens, dont le dos est raidi comme de grandes cornes de vaches, voudront se prosterner sans en être capables. Puis on leur ordonnera de relever la tête et on leur distribuera leur lumière (nûr) selon la mesure de leurs œuvres : certains recevront une lumière telle une montagne devant eux, d’autres au-delà de cela, certains encore la recevront pareille à un palmier dans leur main droite, d’autres moins que cela. Le dernier est celui à qui on donnera la lumière au bout de son orteil ; elle s’allumera et s’éteindra : lorsque la lumière brille, il avance le pied ; quand elle s’éteint, il s’arrête.”
‘Abd Allâh poursuivit : “Ensuite, ils traverseront le pont (as-sirât), semblable au fil d’une épée, glissant et faisant trébucher. On leur dira : ‘Allez-y selon la mesure de votre lumière.’ Alors, certains passeront avec la rapidité d’un astre filant, d’autres comme le vent, d’autres comme un clin d’œil, d’autres en courant, d’autres enfin en marchant rapidement, le tout selon leurs œuvres. Le dernier, celui dont la lumière se trouve au bout de l’orteil, verra ses mains trébucher puis se rattraper, ses pieds glisser puis s’accrocher, tandis que les flammes lécheront ses flancs. Finalement, ils parviendront à passer.”
‘Abd Allâh rapporte ensuite : “Quand ils auront passé le pont, ils diront : ‘Louange à Dieu qui nous a sauvés de toi (le Feu) après ce qu’Il nous en avait montré. En vérité, Il nous a accordé ce qu’Il n’a donné à nul autre.’”
Masrûq relate : “Chaque fois qu’‘Abd Allâh (ibn Mas‘ûd) atteignait ce passage du récit, il se mettait à rire. Un homme lui dit : ‘Ô Abû ‘Abd ar-Rahmân, tu as déjà narré ce hadith à plusieurs reprises, et chaque fois que tu arrives à ce point, tu te mets à rire !’ ‘Abd Allâh répondit : ‘J’ai moi-même entendu plusieurs fois le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) le raconter, et chaque fois qu’il parvenait à cet endroit du récit, il riait jusqu’à en laisser voir sa luette et sa dernière molaire.’”
‘Abd Allâh (ibn Mas‘ûd) poursuivit : “C’est en raison de la parole de l’homme : ‘Te moques-tu de moi alors que Tu es le Seigneur des mondes ?’ Et Dieu lui répond : ‘Non, mais Je suis tout à fait capable de faire cela.’”
Al-Bayhaqî conclut : “C’est ainsi que je l’ai trouvé dans mon ouvrage. D’autres l’ont également transmis, mentionnant le dernier des hommes à entrer au Paradis et la parole [de Dieu à son égard] : ‘Ô fils d’Adam, serais-tu satisfait que…’”