Al-Boukhârî a rapporté d’après la chaîne de transmission d’Ibrâhîm ibn Sa‘d, d’après az-Zuhri, et il ajouta : « Alors Abû Sa‘îd déclara : “Je témoigne avoir retenu du Messager de Dieu (ﷺ) cette parole : ‘C’est à toi et dix fois son équivalent’(1).” » Cette affirmation d’Abû Sa‘îd prime sur ce qu’Abû Hurayra n’a pas mémorisé ; même si ce dernier le niait, nous aurions adopté la version d’Abû Sa‘îd, compte tenu de l’addition d’une personne de confiance acceptée, d’autant plus qu’il est corroboré par d’autres Compagnons, comme Ibn Mas‘ûd, ainsi que nous le verrons bientôt, si Dieu le veut.
Al-Boukhârî dit : « Yahyâ ibn Bukayr nous a rapporté : Al-Layth nous a rapporté, d’après Khâlid ibn Yazîd, d’après Sa‘îd ibn Abî Hilâl, d’après Zayd, d’après ‘Atâ’ ibn Yasâr, d’après Abû Sa‘îd Al-Khudrî, qui a dit : “Nous avons demandé : Ô Messager de Dieu, verrons-nous notre Seigneur ?” » Le Prophète (ﷺ) répondit : « “Avez-vous quelque difficulté à voir le soleil et la lune lors de la nuit de pleine lune, quand le ciel est clair ?” » Nous dîmes : « Non. » Il dit : « “De même, vous ne rencontrerez aucune difficulté à voir votre Seigneur, pas plus qu’à les voir.” »
Il poursuivit : « “Ensuite, un héraut proclamera : que chaque peuple s’en aille rejoindre ce qu’il adorait. Alors les adeptes de la croix partiront avec leur croix, les adorateurs des idoles avec leurs idoles, et les adorateurs de chaque divinité avec leurs divinités, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que ceux qui adoraient Dieu, qu’ils aient été vertueux ou pécheurs, ainsi qu’un petit reste(2) parmi les gens du Livre. Puis on amènera la Géhenne, qui se dressera comme un mirage. Il sera dit aux Juifs : ‘Qu’adoriez-vous ?’ Ils répondront : ‘Nous adorions ‘Uzayr, fils de Dieu.’ Il leur sera rétorqué : ‘Vous mentez ! Dieu n’a ni compagne ni enfant. Que désirez-vous ?’ Ils diront : ‘Nous voulons que tu nous désaltères.’ Il sera dit : ‘Buvez !’ et ils chuteront les uns après les autres dans la Géhenne.
Ensuite, on dira aux chrétiens : ‘Qu’adoriez-vous ?’ Ils répondront : ‘Nous adorions le Christ, fils de Dieu.’ Il leur sera rétorqué : ‘Vous mentez ! Dieu n’a ni compagne ni enfant. Que désirez-vous ?’ Ils diront : ‘Nous voulons que tu nous désaltères.’ Il sera répondu : ‘Buvez !’ et ils tomberont également dedans, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que ceux qui adoraient Dieu le Très-Haut, qu’ils soient vertueux ou pécheurs.” Il leur sera dit : “Qu’est-ce qui vous retient ici, alors que les gens sont partis ?” Ils répondront : “Nous avions un Dieu que nous adorions ; nous nous sommes séparés des autres alors que nous avons plus que jamais besoin de Lui aujourd’hui. Nous avons entendu le héraut proclamer : ‘Que chaque peuple rejoigne ce qu’il adorait.’ Nous attendons donc notre Seigneur (– Exalté soit-Il –).”
Le Prophète (ﷺ) poursuit : « “Alors, le Tout-Puissant (– Exalté soit-Il –) viendra sous une forme différente de celle sous laquelle ils L’avaient vu la première fois. Il dira : ‘Je suis votre Seigneur.’ Ils répondront : ‘Tu es notre Seigneur.’ Mais, en ce Jour-là, nul ne lui parlera si ce n’est les prophètes. On leur demandera : ‘Y a-t-il un signe entre vous et Lui, qui vous permette de Le reconnaître ?’ Ils diront : ‘Sa jambe (ou Son tibia).’ Alors Il découvrira Sa jambe. Tout croyant se prosternera devant Lui, tandis que celui qui se prosternait par ostentation ou hypocrisie voudra se prosterner, mais verra son dos se raidir en une seule pièce.
Ensuite, on apportera le Pont (as-Sirât) et on l’étendra au-dessus de la Géhenne.” Nous dîmes : ‘Ô Messager de Dieu, qu’est-ce que ce Pont ?’ Il dit : “C’est un passage glissant et instable, avec des crochets, des griffes et un éperon plat muni d’une pointe recourbée(3), semblable aux épines du Sa‘dân qui se trouvent au Najd. Le croyant y passera aussi vite qu’un clin d’œil, comme un éclair, comme le vent, ou comme les meilleurs chevaux et montures. Certains seront sauvés sains et saufs, d’autres seront éraflés, et d’autres encore seront précipités(4) dans le Feu de la Géhenne, jusqu’à ce que le dernier d’entre eux traverse, traîné sur le pont. Et vous ne serez pas plus vigilants…” »