«En vérité, vous Le verrez ainsi, le Jour de la Résurrection. Dieu rassemblera alors les gens et dira : “Que quiconque adorait quelque chose le suive.” Celui qui adorait le soleil suivra le soleil ; celui qui adorait la lune suivra la lune ; et celui qui adorait les fausses divinités suivra ces fausses divinités. Il ne restera plus que cette communauté, avec parmi elle ses hypocrites. Dieu viendra alors à eux sous une forme qu’ils ne reconnaissent pas et dira : “Je suis votre Seigneur.” Ils répondront : “Nous cherchons refuge auprès de Dieu contre toi ! C’est ici que nous attendrons jusqu’à ce que notre Seigneur vienne à nous ; et lorsque notre Seigneur viendra, nous Le reconnaîtrons.” Puis Dieu leur apparaîtra sous la forme qu’ils reconnaissent et leur dira : “Je suis votre Seigneur.” Ils répondront : “Tu es notre Seigneur.” Ils Le suivront ensuite, et le pont de l’Enfer sera dressé.
Le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) a dit : “Je serai, ainsi que ma communauté, les premiers à le franchir. Ce jour-là, nul ne parlera sinon les messagers, et l’invocation de ces derniers sera : ‘Ô Seigneur, préserve ! Préserve !’ Sur ce pont, il y a des crochets semblables aux épines de l’arbre appelé as-sʿadân. Les avez-vous déjà vus ?” Ils répondirent : “Oui, ô Messager de Dieu.” Il dit : “Ils sont semblables aux épines de l’as-sʿadân, mais nul ne connaît leur taille en dehors de Dieu. Elles happeront les gens en fonction de leurs actes : parmi eux, certains périront à cause de leurs œuvres, et d’autres ne seront que légèrement éraflés (1), puis ils seront sauvés.”
Lorsque Dieu aura achevé de juger Ses serviteurs et voudra faire sortir du Feu ceux qu’Il voudra en faire sortir, parmi ceux qui attestent qu’il n’est de divinité que Dieu, Il ordonnera aux anges de les en retirer. Les anges les reconnaîtront à la marque de la prosternation, et Dieu a interdit au Feu de consumer chez l’être humain la trace de la prosternation. Les anges les feront sortir alors qu’ils auront été consumés, puis on versera sur eux une eau appelée “l’Eau de la vie”, et ils repousseront comme des graines qui germent dans les alluvions d’un torrent.
Un homme restera, faisant face au Feu. Il dira : “Ô Seigneur, son souffle m’incommode et sa flamme me brûle. Détourne mon visage du Feu !” Il n’aura de cesse de prier ainsi. Dieu dira : “Peut-être que si Je te l’accorde, Me demanderas-tu encore autre chose ?” Il répondra : “Non, par Ta Puissance, je ne Te demanderai rien d’autre.” Alors Dieu détournera son visage du Feu. L’homme dira ensuite : “Ô Seigneur, rapproche-moi de la porte du Paradis.” Dieu dira : “N’as-tu pas prétendu ne plus Me demander autre chose ? Malheur à toi, fils d’Adam, que tu es perfide !” Mais l’homme continuera à supplier ; Dieu dira : “Peut-être que si Je t’accorde cela, Me demanderas-tu encore autre chose ?” Il répondra : “Non, par Ta Puissance, je ne Te demanderai rien d’autre.” Ainsi, il donnera à Dieu des engagements et des serments de ne rien Lui demander de plus. Dieu le rapprochera alors du seuil du Paradis. Lorsqu’il verra ce qu’il contient, il se taira aussi longtemps que Dieu voudra, puis il dira : “Seigneur, fais-moi entrer au Paradis.” Dieu dira : “N’avais-tu pas promis de ne rien Me demander d’autre ? Malheur à toi, fils d’Adam, que tu es perfide !” Il dira : “Ô Seigneur, ne fais pas de moi le plus misérable de Tes créatures.” Il continuera de supplier Dieu jusqu’à ce que Dieu sourie de lui ; alors, quand Dieu rira de lui, Il l’autorisera à entrer au Paradis. Une fois qu’il y sera entré, on lui dira : “Souhaite telle chose.” Il la souhaitera, puis on lui dira : “Souhaite telle autre chose.” Il la souhaitera, jusqu’à épuiser tous ses vœux. Enfin on lui dira : “Tout cela t’appartient, et autant encore.””
Abou Hourayra a ajouté : “Cet homme est le dernier des habitants du Paradis à y entrer.” Abou Sa‘id al-Khoudri était assis auprès de lui sans le contredire dans son récit, jusqu’au moment où Abou Hourayra cita les mots : “Cela t’appartient, et autant encore.” À ce moment-là, Abou Sa‘id déclara : “J’ai entendu le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) dire : ‘Cela t’appartient, et dix fois davantage.’” Abou Hourayra dit : “Je n’ai retenu que ‘et autant encore.’” Et c’est ainsi qu’il le transmit.
Notes :
(1) Le terme parfois traduit par « mukhardal » désigne celui qui ne subit qu’une légère atteinte avant d’être sauvé.