Al-Bukhârî a rapporté : « Qutayba ibn Saʿîd nous a transmis (le hadith), d’après Yaʿqûb ibn ʿAbd al-Raḥmân, d’après ʿAmr ibn Abî ʿAmr, d’après Saʿîd ibn Abî Saʿîd, d’après Abû Hurayra, qui a dit : “J’ai entendu le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) dire : ‘Lorsque Dieu créa la miséricorde, le jour où Il la créa, Il en fit cent parties. Il en retint quatre-vingt-dix-neuf auprès de Lui et en envoya une seule à l’ensemble de Sa création. Si le mécréant connaissait toute la miséricorde que Dieu possède, il ne désespérerait jamais du Paradis ; et si le croyant connaissait toute la souffrance que Dieu possède, il ne se croirait jamais à l’abri du Feu.’” » Al-Bukhârî est le seul à rapporter ce hadith par cette chaîne de transmission (1).
Ibn Mâjah a ensuite rapporté : « Abû Kurayb et Aḥmad ibn Sinân nous ont transmis, ils ont dit : Abû Muʿâwiyah nous a transmis, d’après al-Aʿmash, d’après Abû Ṣâliḥ, d’après Abû Saʿîd, qui a dit : “Le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) a dit : ‘Le jour où Dieu créa les cieux et la terre, Il créa cent actes de miséricorde. Il en plaça une sur terre. C’est grâce à elle que la mère est attendrie envers son enfant, que les bêtes font preuve de tendresse les unes envers les autres, de même que les oiseaux. Puis Il en ajourna quatre-vingt-dix-neuf pour le Jour de la Résurrection. Au Jour de la Résurrection, Dieu les complétera en y ajoutant cette miséricorde.’” » Ibn Mâjah est le seul à rapporter cette version, et elle est conforme aux critères d’authenticité reconnus par al-Bukhârî et Muslim (2).
Ibn Mâjah rapporte ensuite ce que ces deux derniers (al-Bukhârî et Muslim) ont également rapporté dans leurs Ṣaḥīḥ, via plusieurs chaînes, d’après Abû Hurayra : « Le Prophète (que la paix et le salut soient sur lui) a dit : ‘Dieu a inscrit dans un Livre, le jour où Il créa les cieux et la terre : “Ma miséricorde l’emporte sur Ma colère.”’ Dans une autre version : “Elle précède Ma colère.” Dans une autre encore : “Ce Livre se trouve auprès de Lui, déposé sur le Trône.” Dans une autre variante : “Au-dessus du Trône.” (3) Toutes ces versions sont authentiques.
Dieu – Exalté soit-Il – a dit : « Dis : “À qui appartient ce qui est dans les cieux et sur la terre ?” Dis : “À Dieu. Il S’est prescrit à Lui-même la miséricorde.” » (al-Anʿâm, v. 12), et Il a dit : « Votre Seigneur S’est prescrit à Lui-même la miséricorde » (al-Anʿâm, v. 54). Il a encore dit : « Et Ma miséricorde embrasse toute chose ; Je la prescrirai à ceux qui Me craignent, qui acquittent la Zakât et qui croient en Nos signes » (al-Aʿrâf, v. 156), et : « Ô notre Seigneur ! Ta miséricorde et Ta science embrassent toute chose » (Ghâfir, v. 7). Ici, les anges annoncent que Dieu – exalté soit-Il – embrasse toute chose par Sa miséricorde et Sa science. Il a dit également : « S’ils te traitent de menteur, dis : “Votre Seigneur est le Détenteur d’une immense miséricorde, mais Son châtiment ne sera pas détourné d’un peuple criminel.” » (al-Anʿâm, v. 147).
Puis Ibn Mâjah a rapporté le hadith (rapporté aussi par Ibn Abî Laylâ, d’après) Muʿâdh ibn Jabal, d’après le Prophète (que la paix et le salut soient sur lui), qui lui a dit : « Ô Muʿâdh, sais-tu quel est le droit de Dieu sur Ses serviteurs ? » J’ai répondu : « Dieu et Son Messager sont plus savants. » Il a dit : « Qu’ils L’adorent et ne Lui associent rien. » Puis il ajouta : « Sais-tu quel est le droit des serviteurs vis-à-vis de Dieu s’ils agissent ainsi ? C’est qu’Il ne les châtiera pas. » Ce hadith est authentiquement rapporté dans le Ṣaḥîḥ d’al-Bukhârî, selon la version transmise par al-Aswad ibn Hilâl et Anas ibn Mâlik, d’après Muʿâdh (4).