Il dit : « Ô Seigneur, qui peut en avoir la maîtrise ?» Il (Dieu) répondit : « C’est toi qui la détiens. » Il poursuivit : « Par quoi, ô Seigneur ? » Et Dieu de répondre : « Par ton pardon envers ton frère. » Il dit alors : « Ô mon Seigneur, je lui ai effectivement pardonné. » Dieu, qu’Il soit exalté, déclara : « Prends la main de ton frère et fais-le entrer au Paradis. »
À ce propos, le Messager d’Allah (ﷺ) dit : « ﴿فَاتَّقُوا اللّٰهَ وَأَصْلِحُوا ذَاتَ بَيْنِكُمْ﴾ [Al-Anfâl : 1], car Allah réconciliera les croyants le Jour de la Résurrection. » La chaîne de transmission est considérée comme étrange, tout comme le contexte, mais le sens en est admirable et remarquable. Al-Bayhaqî l’a rapporté d’après le hadith d’Abd Allâh ibn Bakkar. Il relate également qu’al-Bukhârî a dit à ce sujet : « Le récit de Sa‘îd ibn Anas d’après son père, au sujet des injustices, n’est pas (retenu) fiable (1). » Puis al-Bayhaqî l’a cité par la voie de Ziyâd ibn Maymûn al-Basrî, d’après Anas, sous une forme similaire mais qui soulève aussi des réserves.
On peut appuyer ce récit par ce que rapporte al-Bukhârî dans son “Sahîh”, où le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Celui qui prend l’argent des gens avec l’intention de le rembourser, Allah l’aidera à s’en acquitter ; et celui qui le prend pour le détruire, Allah le ruinera. » (2)
Abû al-Walîd al-Tayâlisî a également rapporté, d’après ‘Abd al-Qâhir ibn al-Sarî. Abû Dâwûd, Ibn Mâjah et al-Bayhaqî l’ont transmis de la même source, à partir d’un fils de Kinânah ibn ‘Abbâs ibn Mirdâs al-Sulamî – tandis que, selon la version d’Ibn Mâjah, il s’agit de ‘Abd Allâh ibn Kinânah ibn ‘Abbâs ibn Mirdâs – d’après son père, d’après son grand-père ‘Abbâs ibn Mirdâs, que le Messager d’Allah (ﷺ) invoqua pour sa communauté au soir de ‘Arafah afin qu’ils obtiennent le pardon et la miséricorde. Il multiplia ses invocations, et Dieu – exalté soit-Il – lui répondit : « Je l’ai accordé, sauf pour l’injustice que certains commettent les uns envers les autres. » Le Prophète poursuivit : « Ô mon Seigneur, Tu es capable de récompenser la victime de l’injustice par un bien supérieur à ce qu’elle a subi, et de pardonner à celui qui a commis cette injustice. » Mais Dieu ne lui répondit pas ce soir-là. Au matin de Muzdalifah, il renouvela son invocation, et Allah lui répondit : « Je leur ai pardonné. » Alors le Prophète (ﷺ) sourit. Certains de ses Compagnons lui demandèrent : « Ô Messager d’Allah, tu souris en un moment où tu n’avais pas l’habitude de sourire ? » Il répondit : « J’ai souri à propos de l’ennemi d’Allah, Iblîs ; lorsqu’il a su qu’Allah avait répondu à mon invocation en faveur de ma communauté, il s’est effondré en invoquant la ruine et la perdition, tout en se jetant de la poussière sur la tête. »
Al-Bayhaqî commenta : « Ce pardon peut signifier qu’il sera accordé après qu’un châtiment les a touchés, ou qu’il concerne seulement certains individus, ou encore qu’il s’agit d’une miséricorde générale pour tous (4). »
Abû Dâwûd al-Tayâlisî a également rapporté : « Sadaqa ibn Mûsâ nous a raconté, d’après Abû ‘Imrân al-Jawnî, d’après Zayd ibn Qays – ou Qays ibn Zayd – d’après le cadi (juge) des deux grandes cités, Shurayh, d’après ‘Abd al-Rahmân ibn Abî Bakr al-Siddîq, que le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : “Allah appellera celui qui est endetté, au Jour de la Résurrection, et Lui dira : ‘Ô fils d’Adam, comment as-tu pu négliger les droits d’autrui ? Comment as-tu pu dissiper leur argent ?’ Il répondra : ‘Ô Seigneur, ce n’est pas que j’aie corrompu quoi que ce soit, mais j’ai subi une épreuve : soit je me suis noyé, soit j’ai été volé…’” »