Dieu pardonne cela et l’absout s’Il le veut. Quant au « registre » dont Dieu ne néglige rien, il s’agit de l’injustice des serviteurs les uns envers les autres, et dans ce domaine, la rétribution est inéluctable (1).
Al-Bayhaqī a rapporté, par la chaîne de transmission de Zāʾida ibn Abī ar-Raqād (2), d’après Ziyād an-Numayrī, d’après Anas, avec élévation (jusqu’au Prophète) : « L’injustice est de trois sortes : une injustice que Dieu ne pardonne pas, à savoir l’association (shirk) ; une injustice que Dieu pardonne, à savoir la faute commise par les serviteurs contre eux-mêmes dans leurs rapports avec leur Seigneur ; et une injustice dont Dieu ne laisse rien, à savoir celle des serviteurs les uns envers les autres, jusqu’à ce que chacun d’eux obtienne réparation de l’autre. » Puis il l’a également rapporté par la chaîne de Yazīd ar-Raqāshī, d’après Anas, avec élévation, selon un texte proche. Or, ces deux chaînes de transmission sont faibles (3).
Abū Bakr ibn Abī ad-Dunyā a dit : « Nous a rapporté Abū ʿAbd Allāh Tamīm ibn al-Muntaṣir, qui tînt d’Ishāq ibn Yūsuf, d’après Sharīk, d’après al-Aʿmash, d’après ʿAbd Allāh ibn as-Sāʾib, d’après Zādhān, d’après ʿAbd Allāh ibn Masʿūd, d’après le Prophète (ﷺ), qui a dit : “Le fait d’être tué dans le sentier de Dieu expie toutes choses — ou il a dit : ‘Cela expie tous les péchés’ — sauf la confiance (al-amāna).” »
Il dit encore : « Celui qui ne s’acquitte pas de la confiance sera convoqué, et on lui dira : “Rends ta confiance.” Il répondra : “Comment la rendre, alors que ce monde a disparu ?” On dira : “Emmenez-le dans l’abîme.” On l’y emmènera et il y chutera jusqu’à atteindre son fond, où il la retrouvera sous la même forme. Il la soulèvera et la placera sur son épaule, puis remontera avec elle dans le Feu de l’Enfer. Dès qu’il pensera pouvoir en sortir, elle glissera et retombera, et il retombera à sa suite ; ainsi de suite pour l’éternité. » Il ajouta : « La confiance (amāna) concerne la prière, le jeûne, les ablutions, la parole. Et la plus lourde d’entre elles est le dépôt confié (al-wadāʾiʿ). »
Puis il poursuit : « J’ai rencontré al-Barāʾ et lui ai dit : “N’entends-tu pas ce que déclare ton frère ʿAbd Allāh ?” Il répondit : “Il dit vrai.” » Sharīk déclara : « ʿAbbās al-ʿĀmirī nous a également rapporté, d’après Zādhān, d’après ʿAbd Allāh, d’après le Prophète (ﷺ), un récit similaire, à ceci près qu’il n’a pas mentionné la confiance dans la prière ni l’amāna dans toutes les choses. » Sa chaîne de transmission est bonne, mais il n’a pas été rapporté par Aḥmad ni par l’un des six recueils de ḥadīth (4). Il trouve cependant un appui dans le ḥadīth rapporté par Muslim, d’après Abū Saʿīd, où un homme demanda : « Ô Messager de Dieu, si je suis tué dans le sentier de Dieu en étant patient, espérant la récompense, avançant sans reculer, Dieu effacera-t-Il mes fautes ? » Il répondit : « Oui, excepté la dette (dayn). » (5)
Abū Bakr ibn Abī ad-Dunyā a également dit : « Nous a rapporté Yūsuf ibn Mūsā, qui tînt de Muḥammad ibn ʿUbayd, qui tînt de Muḥammad ibn ʿAmr, d’après Yaḥyā ibn ʿAbd ar-Raḥmān ibn Ḥāṭib, d’après ʿAbd Allāh ibn az-Zubayr, qui dit : “Lorsque fut révélé le verset : ﴿En vérité, tu mourras et ils mourront eux aussi (30), puis au jour de la Résurrection vous vous disputerez devant votre Seigneur (31)﴾ [az-Zumar], az-Zubayr s’exclama : ‘Ô Messager de Dieu, sera-t-il répété…?’” »