Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il a dit : « Que celui qui a commis une injustice à l’égard de son frère la répare (ou obtienne son acquittement) auprès de lui, car il n’y aura alors ni dinar ni dirham, avant que l’on ne prenne sur ses bonnes actions. Et s’il n’a pas de bonnes actions, on prélèvera alors des fautes de son frère qu’on lui imposera. » Et ce hadith a été rapporté par al-Bukhari et Muslim (1).

Ibn Abî al-Dunyâ rapporta, d’après al-ʿAlâʾ, d’après son père, d’après Abû Hurayra, que le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : « Savez-vous qui est le véritable ruiné ? » Ils dirent : « C’est celui qui n’a ni dirham ni dinar. » Il répondit : « Non. Le véritable ruiné de ma Communauté est celui qui viendra au Jour de la Résurrection avec la prière, le jeûne et l’aumône, mais qui aura insulté untel, accusé un autre, spolié les biens d’un autre, versé le sang de quelqu’un, ou frappé untel. On prélèvera alors sur ses bonnes actions pour dédommager chacun, et si ses bonnes actions s’épuisent avant que justice ne soit pleinement faite, on puisera dans les péchés de ceux qu’il aura lésés pour les lui attribuer, puis il sera jeté au Feu. » (2)

Ibn Abî al-Dunyâ a également rapporté : nous a transmis al-Walîd ibn Shujâʿ al-Sakûnî (3), qu’al-Qâsim ibn Mâlik al-Muzanî nous a transmis, d’après Layth, d’après Mujâhid, d’après Ibn ʿUmar, qui a dit : le Messager de Dieu (ﷺ) a déclaré : « Ne meurs pas en ayant des dettes à ton actif, car il n’y aura ni pièce d’or ni d’argent. Ce ne seront que les bonnes actions échangées une par une, et ton Seigneur ne lèse personne. » Et ce hadith a été également rapporté, d’après Ibn ʿUmar, par deux autres chaînes de transmission sous forme marfûʿ (4).

Abû Bakr ibn Abî al-Dunyâ a dit : Ibn Abî Shayba nous rapporta, Bakr ibn Yûnus ibn Bukayr nous rapporta, d’après Mûsâ ibn ʿUlayy ibn Rabâḥ, d’après Muhammad ibn al-Munkadir, d’après Jâbir, que le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : « Il arrive qu’une personne vienne au Jour de la Résurrection et se réjouisse de ses bonnes actions, puis quelqu’un se présente et dit : “Ô Seigneur, celui-ci m’a lésé.” On prend alors de ses bonnes actions pour les attribuer à celui qu’il a lésé. Et cela continue ainsi tant qu’il lui reste des bonnes actions. Lorsque ses bonnes actions sont épuisées, s’il reste encore des plaignants, on regarde leurs péchés, qui sont alors transférés à celui qui a causé le tort. Ainsi, on continue à lui prélever ses bonnes actions et à lui attribuer les péchés de ceux qu’il a lésés, jusqu’à ce qu’il finisse par entrer en Enfer. » (5)

L’imam Ahmad a dit : Yazîd nous rapporta, Ṣadaqa ibn Mûsâ nous rapporta, Abû ʿImrân al-Jawnî nous rapporta, d’après Yazîd ibn Bâbânûs, d’après ʿÂʾisha (qu’Allah l’agrée), qui a dit : le Messager de Dieu (ﷺ) a déclaré : « Auprès de Dieu, les registres sont au nombre de trois : un registre auquel Dieu ne prête aucune importance, un registre dont Il ne laisse rien passer, et un registre qu’Il ne pardonne pas. Quant au registre qu’Il ne pardonne pas, c’est l’association (le fait de Lui attribuer des associés). Dieu a dit (– glorifié soit Sa majesté –) : “Quiconque associe à Dieu (d’autres divinités), alors Dieu lui interdit le Paradis.” (Al-Mâʾida, v. 72). Quant au registre auquel Dieu ne prête aucune importance, c’est l’injustice pratiquée par le serviteur envers lui-même, dans la relation qui le lie à son Seigneur, telles qu’un jour de jeûne délaissé ou une prière manquée… »

(1) Rapporté par Ibn Ḥibbān, n° 7362, par la chaîne de transmission de Mālik, et par al-Bukhārī, n° 6534, également par la chaîne de Mālik, sauf qu'il ne mentionne pas Abū Saʿīd. Le hadith n'est pas rapporté par Muslim. (2) Rapporté par Ibn Abī al-Dunyā dans « al-Ahwāl » (251) et par Muslim, n° 2581, par la chaîne d’al-ʿAlāʾ, avec la formulation « Mā al-Muflis ». (3) Dans les Usūl : al-Yashkarī, ce qui est une erreur. (4) Rapporté par Ibn Abī al-Dunyā dans « al-Ahwāl » (256). (5) Rapporté par Ibn Abī al-Dunyā dans « al-Ahwāl » (250). Sa chaîne de transmission est faible, mais il existe des témoins corroborant son sens.
قال: "من كانتْ لأخيه عنده مظْلِمةٌ فلْيَتَحَلَّلْهُ منها، فإنّه ليس ثَمَّ دينارٌ، ولا دِرْهمٌ، منْ قَبْل أن يُؤْخَذَ من حَسَناتِه، فإن لم تكن له حسناتٌ، أُخِذَ من سَيِّئاتِ أخيه فطُرِحَتْ عليه" . ورواه البخاري ومسلم (١) . وروى ابن أبي الدُّنيا من حديث العلاء، عن أبيه، عن أبي هريرة: أنَّ رسول اللَّه ﷺ قال: "أتدرونَ مَنِ المُفلس؟ " قالوا: منْ لا دِرْهَم له ولا دينار، فقال: "بل المفلسُ من أمَّتي من يأتي يوم القيامة بصلاةٍ، وصيام، وزكاةٍ، ويأتي قد شَتم هذا، وقذف هذا، وِأكلَ مالَ هذا، وسَفَك دَمَ هذَا، وضربَ هذا، فيُقضى هذا من حسناته، وهذا من حسناته، فإنْ فنيتْ حسناتُه قَبْلَ أن يُقْضى ما عليه، أُخذَ من خطاياهم، فطُرِحتْ عليه، ثم طُرِح في النار" (٢) . وقال ابن أبي الدنيا: حدَّثنا الوليد بن شُجاع السَّكوني (٣) ، أنبأنا القاسم بن مالك المُزَنِيّ، عن ليْث، عن مُجاهد، عن ابن عمر، قال: قال رسول اللَّه ﷺ : "لا تَمُوتَنَّ وعليك دَيْنٌ، فإنه ليس ثَمَّ دِينارٌ، ولا درهم، إنَّما هي الحسناتُ جَزاءً بِجَزاءً، ولا يَظْلم رَبُّك أحدًا" . ورُوي من وجهين آخرين، عن ابن عمر مرفوعًا مثله (٤) . وقال أبو بكر بن أبي الدنيا: حدَّثنا ابن أبي شَيْبَةَ، حدَّثنا بكر بن يونس بن بُكَير، عن موسى بن عُلَيّ بن رباح، عن محمد بن المُنْكدر، عن جابر، قال: قال رسول اللَّه ﷺ : "إنّه ليأتي العبدُ يوم القيامة، وقد سَرَّتْهُ حسناتُه، فيجيء الرجُل فيقول: يا رَب، ظلمني هذا، فيُؤْخذ من حَسَناتِه، فتُجْعَلُ في حسنات الذي ظلمه، فما يزال كذلك حتى ما يَبْقى له حسناتٌ، فإذا جاء من يسألُه، نُظر إلى سَيِّئاتهِ فجُعِلَتْ مع سيئات الرجل، فلا يزال يُسْتَوفى من حسناته، وتردُّ عليه سيئات من ظلمه، فما زال يُستوفى منه حتى يَدْخُلَ النار" (٥) . وقال الإمام أحمد: حدَّثنا يزيد، حدَّثنا صَدَقةُ بن موسى، حدّشْا أبو عمران الجَوْني، عن يزيد بن بابَنُوس، عن عائشة، قالت: قال رسول اللَّه ﷺ : "الدواوينُ غند اللَّه ثلاثة: ديوان لا يعبأ اللَّه به شيئًا، وديوان لا يترك اللَّه منه شيئًا، وديوان لا يغفره اللَّهُ، فأما الديوانُ الذي لا يغفره اللَّه، فالشرك. قال اللَّه – Exalté soit-Il – : ﴿إِنَّهُ مَنْ يُشْرِكْ بِاللَّهِ فَقَدْ حَرَّمَ اللَّهُ عَلَيْهِ الْجَنَّةَ﴾ [المائدة: ٧٢] وأما الديوان الذي لا يعبأ اللَّه به شيئًا، فظُلْم العَبْدِ نَفسَهُ، فيما بَينه وبين رَبّه، من صوم يومٍ تَرَكه، أو صلاةٍ تركَها، فإن
(١) رواه ابن حبان رقم (٧٣٦٢) من طريق مالك، ورواه البخاري رقم (٦٥٣٤) من طريق مالك، إِلَّا أنه لم يذكر أبا سعيد، وليس الحديث عند مسلم. (٢) رواه ابن أبي الدنيا في "الأهوال" (٢٥١) ورواه مسلم رقم (٢٥٨١) من طريق العلاء، به، بلفظ "ما المفلس". (٣) في الأصول: اليشكري، وهو خطأ. (٤) رواه ابن أبي الدنيا في "الأهوال" (٢٥٦). (٥) رواه ابن أبي الدنيا "الأهوال" (٢٥٠) وإسناده ضعيف، ولكن له شواهد بمعناه.

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