Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Abou Bakr ibn Abî al-Dunyâ rapporta : « Al-Ḥasan ibn ‘Īsā nous a rapporté, ‘Abd Allāh ibn al-Mubārak nous a rapporté, Ḥaywa ibn Churayḥ nous a rapporté, al-Walīd ibn Abī al-Walīd, Abou ‘Uthmān al-Madīnī, que ‘Uqba ibn Muslim lui raconta que Chufayy (1) lui avait dit : “Je me rendis à Médine et je vis un homme autour duquel les gens étaient rassemblés. Je demandai : ‘Qui est-ce ?’ On me répondit : ‘C’est Abou Hurayra.’ Je m’approchai alors de lui jusqu’à m’asseoir devant lui, tandis qu’il s’adressait aux gens. Lorsqu’il se tut et que nous nous retrouvâmes seuls, je lui dis : ‘Je t’adjure, par Dieu et par mon droit auprès de toi, de me rapporter un ḥadīth que tu as toi-même entendu du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui).’”

Abou Hurayra répondit : “Je vais le faire ; je vais te transmettre un ḥadīth que m’a rapporté l’Envoyé de Dieu (ﷺ), que j’ai retenu et compris.” Puis Abou Hurayra se mit à sangloter longuement, resta ainsi un moment, puis retrouva ses esprits, avant de dire : “Je vais certes te rapporter un ḥadīth que m’a raconté l’Envoyé de Dieu (ﷺ) dans cette maison, alors que nous n’étions que lui et moi.” Il fut de nouveau pris de sanglots et demeura longtemps dans cet état, puis il s’arrêta et essuya son visage avant de reprendre : “Oui, je vais te rapporter un ḥadīth que m’a raconté l’Envoyé de Dieu (ﷺ) dans cette même maison, alors qu’il n’y avait que lui et moi.” Il fut alors saisi une troisième fois d’un sanglot plus fort encore. Il s’affaissa sur le visage et je le soutins un long moment. Quand il reprit finalement ses sens, il déclara : “Le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : « Le Jour de la Résurrection, Dieu – exalté soit-Il – descendra afin de juger entre Ses serviteurs, et chaque communauté sera agenouillée. Les premiers à être appelés seront un homme qui récitait le Coran, un homme qui fut tué pour la cause de Dieu, et un homme ayant possédé beaucoup de richesses.

Dieu, exalté soit-Il, dira à celui qui récitait le Coran : ‘Ne t’ai-Je pas enseigné ce que J’ai révélé à Mon Messager ?’ Il répondra : ‘Oui, ô mon Seigneur.’ Dieu dira : ‘Qu’as-tu fait de ce savoir ?’ Il répondra : ‘Je veillais nuit et jour à réciter le Coran.’ Alors Dieu lui dira : ‘Tu mens’, et les anges diront : ‘Tu mens’, et Dieu ajoutera : ‘Tu ne voulais qu’être loué comme étant un lecteur (érudit), et l’on a bien dit de toi que tu l’étais.’

Puis on amènera l’homme riche, et Dieu lui dira : ‘Ne t’ai-Je pas comblé au point que tu n’aies besoin de personne ?’ Il répondra : ‘Oui, ô mon Seigneur.’ Dieu dira : ‘Qu’as-tu fait de ce que Je t’ai donné ?’ Il dira : ‘Je préservais les liens de parenté et je donnais l’aumône.’ Dieu lui dira : ‘Tu mens’, et les anges lui diront : ‘Tu mens’, puis Dieu ajoutera : ‘Tu ne voulais qu’être considéré comme généreux, et on l’a bien dit de toi.’

Ensuite on amènera celui qui fut tué pour la cause de Dieu. On lui demandera : ‘Pourquoi as-tu été tué ?’ Il répondra : ‘Ô mon Seigneur, Tu as ordonné le combat sur Ta voie, j’ai donc combattu jusqu’à être tué.’ Dieu lui dira : ‘Tu mens’, et les anges diront : ‘Tu mens’. Dieu dira encore : ‘Tu ne voulais qu’être considéré comme courageux, et l’on a bien dit de toi que tu l’étais.’ »”

Abou Hurayra ajouta : “Puis le Messager de Dieu (ﷺ) frappa mon épaule et déclara : ‘Ô Abou Hurayra, ce sont ces trois-là qui seront les tous premiers parmi la création de Dieu à être voués au Feu le Jour de la Résurrection.’”

Al-Walīd Abou ‘Uthmān poursuit : “‘Uqba m’informa que Chufayy, qui était le sabreur officiel de Mu‘āwiya, alla auprès de Mu‘āwiya pour lui faire part du ḥadīth d’Abou Hurayra. Mu‘āwiya dit alors : ‘Si déjà ces hommes-là ont subi ce sort, qu’en sera-t-il du reste des gens ?’ Puis il se mit à pleurer abondamment au point que nous crûmes qu’il allait périr. Il reprit finalement ses sens, s’essuya le visage et dit : ‘Dieu et Son Messager ont dit la vérité : « Quiconque veut la vie d’ici-bas et sa parure, Nous l’en dédommagerons pleinement pour ses œuvres ici-bas, sans qu'il y ait la moindre injustice à son égard ; ceux-là n’auront, dans l’au-delà, que le Feu ; leurs œuvres ici-bas seront vaines, et tout ce qu’ils auront accompli sera anéanti. » (Hūd, v. 15-16)’.”

(1) Dans les manuscrits : « sayfan », correction issue des livres de science des hommes. (2) Signifiant un halètement accompagné d'une perte de connaissance.
وقال أبو بكر بن أبي الدُّنيا: حدَّثنا الحسن بن عيسى، حدَّثنا عبدُ اللَّه بن المُبارك، حدَّثنا حَيْوةُ بن شُرَيْح، حدَّثنا الوليد بن أبي الوليد، أبو عثمان المَدينيّ: أنَّ عقبةَ بن مُسلم حدّثه: أنَّ شُفَيًّا (١) حدّثه: أنّه دخل المدينة، فإذَا هو بِرَجُل قد اجتمع عليه الناس. فقال: من هذا؟ فقالوا: أبو هريرة، قال: فدنوتُ منه، حتى قَعَدْتُ بين يَديْه، وهو يُحدّث الناس، فلما سكت وَخَلا قلت له: أنْشُدُكَ بحَقِّ وحَقِّ لما حَدَّثْثَني حديثًا سَمِعْتَهُ من رسول اللَّه ﷺ ، فقال أبو هريرة: أفعل، لأحدِّثنك حديثًا حدثنيه رسول اللَّه ﷺ عَقَلْتُهُ وعَلِمْتُهُ، ثم نَشَغَ (٢) أبو هريرة نَشْغةَ، فمكث طويلًا، ثم أفاق، ثم قال: لأحَدِّثَنَّكَ حديثًا حَدَّثَنيه رسولُ اللَّه ﷺ في هذا البَيْت، ما مَعَنا أحدٌ غيري، وغيرُه، ثم نَشَغ أبو هريرة نَشْغةً أخرى، فمكث طويلًا كذلك، ثم أفاق، ثم مسح وجهه، ثم قال: أفعلُ، لأُحَدِّثَنَّكَ حَديثًا حَدَّثَنِيه رسولُ اللَّه ﷺ في هذا البيت، ما معنا أحدٌ غيري وغيرُه، ثم نَشَغ أبو هريرة نَشْغةً شَديدةً، ثم مال خارًّا على وجهه، وأسندته طويلًا، ثم أفاق، فقال: قال رسول اللَّه ﷺ : "إنّ اللَّه تعالى إذا كانَ يَوْمُ القيامة نَزَل إلى العباد لِيقْضيَ بينهم، وكل أُمَّةٍ جَاثيةٌ، فأوَّل من يُدْعَى رجلٌ جمع القرآن، ورجلٌ قُتِلَ في سبيل اللَّه، ورجلٌ كثيرُ المال، فيقول اللَّه تعالى للقارئ: ألَمْ أُعَلِّمْك ما أَنْزَلْتُ على رسولي؟ قال: بلى، يا رب، قال: فماذا عملتَ فيما عَلِمتَ؟ قال: كنتُ أقوم به آناء الليل، وآناء النهار، فيقول اللَّه له: كذبْتَ، وتقول الملائكةُ: كذَبْتَ، ويقول اللَّه تعالى: إنّما أردْتَ أنْ يُقَالَ: فلانٌ قارئ، فقد قيل ذلك، ويُؤتى بصاحب المال، فيقول اللَّه تعالى له: ألم أوَسِّعْ عَلَيكَ حتَّى لم أدَعْكَ تَحتاجُ إلى أحدٍ، قال: بلى، يا رَبِّ، قال: فماذا عملت فيما آتَيْتُكَ؟ قال: كنتُ أصلُ الرَّحِم، وأتَصَدَّق، فيقول اللَّه له: كذَبْتَ، وتقول الملائكة: كذبتَ، ويقول اللَّهُ تعالى له: بل أردتَ أن يقال: فلان جَوادٌ، فقد قيل ذلك، ويؤتى بالذي قُتِلَ في سبيل اللَّه، فيقال له: فيما قُتِلْتَ؟ فيقول: يا رب أَمرتَ بالجهاد في سبيلك، فقاتلتُ حتى قُتِلت، فيقول اللَّه له: كذبت، وتقول الملائكة: كذَبْتَ، ويقول اللَّه تعالى: بَلْ أردت أن يُقال: فلان جريء، فقد قيل ذلك" قال أبو هريرة: ثم ضربَ رسول اللَّه على منكبي فقال: "يا أبا هريرة! أولئك الثلاثة أوَّلُ خَلق اللَّه تُسعَّرُ بهم النارُ يومَ القيامة" . قال الوليد أبو عثمان: فأخبرني عُقْبةُ أن شُفَيًّا وكان سيَّافًا لمُعاويةَ دخل على معاوية فأخبره بحديث أبي هريرة هذا، فقال معاوية: قد فعل بهؤلاء هذا، فكيف بمن بقي من الناس؟ ثم بكى معاويةُ بكاءً شديدًا، حتى ظَنَنَّا أنّه هالك، ثم أفاق، ومسح عن وجهه، وقال: صدق اللَّه ورسوله ﴿مَنْ كَانَ يُرِيدُ الْحَيَاةَ الدُّنْيَا وَزِينَتَهَا نُوَفِّ إِلَيْهِمْ أَعْمَالَهُمْ فِيهَا وَهُمْ فِيهَا لَا يُبْخَسُونَ (١٥) أُولَئِكَ الَّذِينَ لَيْسَ لَهُمْ فِي الْآخِرَةِ إِلَّا النَّارُ وَحَبِطَ مَا صَنَعُوا فِيهَا وَبَاطِلٌ مَا كَانُوا يَعْمَلُونَ (١٦) ﴾ [هود] .
(١) في النسخ: سيفًا، والتصحيح من كتب الرجال. (٢) أي شهق وغُشِيَ عليه.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies