Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Rapporté par at-Tirmidhī, an-Nassāʾī et Ibn Mājah, d’après une chaîne de transmission remontant à Soulaymān ibn Mihrān al-Aʿmach, qui le tenait d’Abou Wāʾil, Chaqīq ibn Salamah, d’après ʿAbd Allāh ibn Masʿoud :

« Le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : “La première affaire à être jugée entre les gens, le Jour de la Résurrection, concerne le sang versé.” » (1)

Il a déjà été mentionné dans le hadith sur le Ṣūr (le Cor) que la victime sera ressuscitée le Jour de la Résurrection avec ses veines jugulaires laissant couler le sang. Dans certaines traditions, on rapporte que sa tête sera dans sa main (2). Elle s’agrippe alors à son meurtrier, même si ce dernier l’a tuée dans le sentier de Dieu. Elle dira : « Ô Seigneur ! Demande-lui pourquoi il m’a tué ». Dieu, Exalté soit-Il, lui dira : « Pourquoi l’as-tu tué ? ». Il répondra : « Ô Seigneur, je l’ai tué pour que la gloire Te revienne ». Dieu dira : « Tu dis vrai. »

Quant à la victime injustement tuée, elle dira : « Ô Seigneur ! Demande-lui pour quelle raison il m’a ôté la vie ». Dieu demandera alors : « Pourquoi l’as-tu tué ? ». Il répondra : « Pour que la gloire me revienne (ou revienne à untel) » (3). Dieu, Exalté soit-Il, lui dira : « Périsse-tu ! », puis Il fera justice pour tout meurtre commis injustement. Ensuite, le sort du meurtrier dépend de la volonté de Dieu : s’Il le veut, Il le châtiera ; s’Il le veut, Il lui fera miséricorde. Ceci prouve que le meurtrier n’est pas forcément promis au châtiment dans le Feu de l’Enfer, encore moins à y demeurer éternellement, comme on le rapporte d’Ibn ʿAbbās et d’autres parmi les Anciens, et comme certains d’entre eux l’ont transmis en disant qu’« il n’y a pas de repentir pour le meurtrier » (4).

Si l’on comprend cette parole dans le sens où le meurtre relève des droits des individus et ne s’annule pas par le repentir, alors c’est exact. Mais si on l’interprète dans le sens qu’il lui faudra inévitablement être châtié, ce n’est pas une obligation. En effet, le hadith de l’homme qui a tué quatre-vingt-dix-neuf personnes, puis acheva la centième, l’illustre : il questionna alors un savant des Banû Isrāʾīl pour savoir s’il existait un repentir pour lui, et ce dernier lui répondit : « Qui donc pourrait t’en empêcher ? Rends-toi dans telle contrée où Dieu est adoré ; adore-Le avec eux. » En route, la mort le surprit alors qu’il se trouvait à mi-chemin, et il se rapprocha de la ville vers laquelle il se dirigeait, si bien que les Anges de la Miséricorde prirent son âme… Le hadith complet (5).

De plus, la sourate al-Furqān (Le Discernement) affirme explicitement l’acceptation du repentir du meurtrier, comme l’a révélé Dieu :

« Et ceux qui n’invoquent pas une autre divinité avec Dieu et ne tuent pas la vie que Dieu a rendue sacrée, sauf à bon droit, et ne commettent pas la fornication… Quiconque fait cela encourra une rétribution (68). Le châtiment lui sera doublé au Jour de la Résurrection, et il y demeurera éternellement couvert d’avilissement (69), excepté celui qui se repent… » (Al-Furqān : 68-70).

L’examen détaillé de cette question se trouve dans l’ouvrage consacré aux dispositions légales. C’est Dieu le Très-Haut dont on implore le secours.

Par ailleurs, al-Aʿmach rapporte de Chamir ibn ʿAṭiyyah, d’après Chahr ibn Ḥawchab [d’après Umm ad-Dardāʾ], qui le tenait d’Abou ad-Dardāʾ (qu’Allah l’agrée) : « Le jour de la Résurrection, la victime viendra s’asseoir sur la grand-route, et dès que son meurtrier passera, elle se dressera vers lui… »

(1) Rapporté par al-Bukhārī (6533), Muslim (1678), Aḥmad (1/388), al-Tirmidhī (1396), an-Nasā’ī (7/83) et Ibn Mājah (2615). (2) Rapporté par al-Tirmidhī (3029) d'après le hadith d'Ibn 'Abbās, c'est un hadith authentique. (3) Rapporté par an-Nasā’ī (7/84) d'après le hadith d'Ibn Mas'ūd, c'est un hadith authentique. (4) Rapporté par Muslim (3023) (19), cette parole est comprise comme un renforcement de la gravité et une mise en garde contre le meurtre. (5) Rapporté par al-Bukhārī (3470) et Muslim (2766).
التِّرْمذيّ "، و" النَّسائيّ "، " وابن ماجه "، من حديث سليمان بن مِهْرانَ الأعْمَش، عن أبي وائل، شَقيقِ بن سَلَمةَ، عن عبد اللَّه بن مسعود: أنَّ رسول اللَّه ﷺ قال: " أَوَّلُ ما يُقْضى فيه بين الناس يوم القيامة في الدِّماء " (١) . وقد تقدَّم في حديث الصُّور؛ أنَّ المقتول يأتي يوم القيامة تَشْخُبُ أوْدَاجُه دَمًا - وفي بعض الأحاديث: ورأسهُ في يَدِه (٢) - فيتعلّق بالقاتل، حتّى ولو كان قَتَلهُ في سبيل اللَّه، فيقول: يا رَبّ، سَلْ هذا فِيمَ قَتلني؟ فيقول اللَّه تعالى: لم قتلته؟ فيقول: يا ربِّ قتلته لتكونَ العِزَّةُ لك، فيقول اللَّه تعالى: صدقت، ويقول المقتول ظُلْمًا: يا رب سَلْ هذا: فبمَ قتلني؟ فيقول اللَّه: فيم قتلته؟ فيقول: لِتكونَ العِزَّةُ لي - وفي رواية: [لتكون العزة] لفلانٍ (٣) - فيقول اللَّه تعالى: تَعِسْتَ، ثم يَقْتَصُّ مِنه لِكُلّ منْ قتله ظُلْمًا، ثمّ يَبْقَى في مشيئة اللَّه تعالى، إن شاء عذّبه، وإن شاء رحمه. وهذا دليل على أن القاتل لا يَتَعين عَذابهُ في نار جَهنّم، [فضلًا عن خلوده فيها أبدًا] كما يُنْقَلُ عن ابن عباس، وغيرِه من السلف، حتّى نَقلَ بعضهم عنه: أنَّ القاتل لا تَوْبةَ له (٤) ، وهذا إذا حُمل على أن القتل من حقوق الآدَميّين، -وهي لا تَسْقُط بالتوبة- صحيح، وإن حُمل على أنّه لا بدّ من عِقابِه، فليس بلازمٍ، بدليل حديث الذي قتل تِسعةً وتسعِين، ثم أكمل المئةَ، ثم سأل عالِمًا منْ بني إسرائيل: هل له من توبة؟ فقال: ومنْ يَحُول بَيْنَك وبين التوبة، ائتِ بَلَد كذا وكذا، فإنه يُعْبدُ اللَّهُ بها، فاعبد اللَّه معهم، فلمَّا توجّه نحوها، وتوسّطَ بَيْنها وبين التي خرج منها أدركه الموت، فنأى بصَدْرِه نحو التي هاجر إليها، فتَوفَّتْهُ ملائكة الرحمة. . . الحديث بطوله (٥) . وفي سورة الفرقان نصّ على قبول تَوْبةِ القاتل، كما قال تعالى: ﴿وَالَّذِينَ لَا يَدْعُونَ مَعَ اللَّهِ إِلَهًا آخَرَ وَلَا يَقْتُلُونَ النَّفْسَ الَّتِي حَرَّمَ اللَّهُ إِلَّا بِالْحَقِّ وَلَا يَزْنُونَ وَمَنْ يَفْعَلْ ذَلِكَ يَلْقَ أَثَامًا (٦٨) يُضَاعَفْ لَهُ الْعَذَابُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ وَيَخْلُدْ فِيهِ مُهَانًا (٦٩) إِلَّا مَنْ تَابَ. . . .﴾ الآية والتي بعدها [الفرقان: ٦٨ - ٧٠] . وموضع تقرير هذا في كتاب "الأحكام"، وباللَّه المستعان. وقال الأعمش: عن شَمِر بن عَطيّة، عن شَهْر بن حَوْشَبٍ، [عن أم الدرداء] ، عن أبي الدّرداء، قال: يَجيءُ المَقتولُ يوم القيامة، فيجلسُ على الجادةِ، فإذا مَرَّ به القاتلُ قام إليه،
(١) رواه البخاري (٦٥٣٣) ومسلم (١٦٧٨) وأحمد (١/ ٣٨٨) والترمذي (١٣٩٦) والنسائي (٧/ ٨٣) وابن ماجه (٢٦١٥). (٢) رواه الترمذي (٣٠٢٩) من حديث ابن عباس، وهو حديث صحيح. (٣) رواه النسائي (٧/ ٨٤) من حديث ابن مسعود، وهو حديث صحيح. (٤) رواه مسلم (٣٠٢٣) (١٩)، وهذا محمول على التغليظ والتحذير من القتل. (٥) رواه البخاري (٣٤٧٠) ومسلم (٢٧٦٦).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies