«Alors Dieu l’enverra en Enfer.» Il dit : «Lorsqu’il s’en alla ainsi détourné, voilà qu’un crieur, de la part du Miséricordieux, s’écria : “Ne vous hâtez pas ! Ne vous hâtez pas ! Ne vous hâtez pas ! Il lui reste encore quelque chose.” On lui apporte alors une petite fiche sur laquelle est inscrit : “La ilaha illa Allah (Il n’y a de divinité que Dieu).” Elle est ensuite placée avec l’homme dans le plateau de la balance, jusqu’à ce que le fléau penche en sa faveur.» Ce récit a quelque chose de surprenant (1), mais il comporte un grand intérêt, à savoir que l’agent est pesé avec son acte.
Ibn Abî al-Dunyâ a rapporté : «Ahmed ibn Muhammad ibn al-Barrâ’ al-Muqri’ nous a raconté : “Ya‘lâ ibn ‘Ubayd nous a raconté, d’après ‘Abd al-Rahmân ibn Ziyâd, d’après Abû ‘Abd al-Rahmân, d’après ‘Abd Allah ibn ‘Amr qui l’attribue [au Prophète], disant : ‘Le Jour de la Résurrection, on amènera un homme devant la balance. On fera alors sortir pour lui quatre-vingt-dix-neuf registres, chacun s’étendant à perte de vue et remplis de ses péchés et fautes, qu’on déposera sur un plateau. Puis on sortira un feuillet de la taille d’un ongle, où est écrite la profession de foi : “Il n’y a de divinité que Dieu et Muhammad est Son serviteur et Son Messager.” On le placera sur l’autre plateau, et il l’emportera sur ses péchés.’»
Ibn Abî al-Dunyâ a également rapporté : «Abû ‘Ubayd al-Qâsim ibn Sallâm nous a raconté : “Hajjâj nous a raconté, d’après Fitr ibn Khalîfah, d’après ‘Abd al-Rahmân ibn ‘Abd Allah ibn Sâbit, qui a dit : Quand la mort fut proche d’Abû Bakr, il envoya chercher ‘Umar, et lui dit : ‘Si la balance de certains est lourde le Jour de la Résurrection, c’est parce qu’ils ont suivi la vérité dans ce monde, malgré le poids qu’elle représentait pour eux. Il est juste que la balance dans laquelle se trouve la vérité, demain, soit lourde. Et si la balance de certains est légère le Jour de la Résurrection, c’est qu’ils ont suivi le faux [en ce monde], lequel leur paraissait sans poids. Il est donc juste que la balance où se trouve le faux, demain, soit légère.’”»
Aḥmad a rapporté, d’après Sufyân ibn ‘Uyaynah, d’après ‘Amr ibn Dînâr, d’après Ibn Abî Mulaykah, d’après Ya‘lâ ibn Mamlak, d’après Umm al-Dardâ’, d’après Abû al-Dardâ’, qui a dit que le Prophète (ﷺ) a déclaré : «La chose la plus lourde que l’on puisse placer dans la balance est la bonne moralité.» (2)
Les hadiths affirment que les œuvres elles-mêmes sont pesées, comme on le voit dans le Ṣaḥîḥ Muslim, par la voie de Abû Sallâm, d’après Abû Mâlik al-Ash‘arî, qui rapporta ces propos du Messager de Dieu (ﷺ) : «La purification rituelle est la moitié de la foi ; “al-ḥamdulillāh” (Louange à Dieu) remplit la balance ; “subḥānallāh” (Gloire à Dieu) et “al-ḥamdulillāh” emplissent ce qui est entre les cieux et la terre ; la prière est une lumière ; l’aumône est une preuve ; la patience est un éclat lumineux ; et le Coran est un argument pour toi ou contre toi. Chaque personne débute sa journée en vendant son âme, la libérant ou la conduisant à sa perte.» (3)
Ainsi, lorsqu’il est dit : «al-ḥamdulillāh remplit la balance», on y voit une preuve que l’œuvre elle-même est pesée. Cela peut s’expliquer de deux manières : soit l’œuvre, bien qu’immatérielle et attachée à celui qui l’accomplit, est rendue concrète par Dieu le Jour de la Résurrection et placée dans