Troisièmement :
Le style :
Le style de l’hafiz Ibn Kathîr dans son livre « Al-Bidâyah wa an-Nihâyah » se démarque de celui d’autres ouvrages par le choix d’une expression simple, claire et captivante, tout en évitant les ornements rhétoriques, les effets de style et tout ce qui relève de l’affectation ou de la préoccupation excessive pour l’élégance formelle. Il s’en tient plutôt à la préservation du sens et à l’exactitude de l’énoncé. Ce choix d’un style scientifique simplifié, qui transmet le sens historique de la manière la plus limpide et la plus concise, témoigne de la justesse de son option et de la réussite de cette entreprise. Il prouve également la solidité de la culture littéraire de l’auteur et la richesse de son répertoire linguistique, que l’on perçoit parfois dans « Al-Bidâyah wa an-Nihâyah » et qui apparaît de façon encore plus nette dans ses autres ouvrages, tels que son Tafsîr.
Ibn al-‘Imâd déclare : « Il possède une bonne maîtrise de la langue arabe et compose des poèmes » (1). Et Al-Charbâsî poursuit : « Son esprit et ses idées le détournent de toute affectation dans le style et la forme » (2).
En dépit de la diversité évidente des parties et des sections de l’ouvrage, conséquence de la variété des sources, des lieux et des époques, ainsi que nous l’avons indiqué dans la section « Méthode », il est possible de percevoir des images, des situations et des sentiments étroitement liés au style et à l’identité même de l’auteur. C’est à juste titre que l’on a dit : « Le style fait l’homme. »
- L’éloignement de l’affectation dans l’emploi du saj‘ (prose rimée) :
S’il use parfois de rimes et associe des phrases et des termes, il ne s’y attarde jamais. Un exemple tout proche se trouve dans le sermon d’ouverture de « Al-Bidâyah wa an-Nihâyah », où il dit : « Louange à Dieu, le Premier et le Dernier, l’Apparent et le Caché, qui sait toute chose, le Premier, avant qui il n’y a rien, le Dernier, après qui il n’y a rien, l’Apparent, au-dessus duquel il n’y a rien, le Caché, au-dessous duquel il n’y a rien, l’Éternel très ancien qui n’a jamais cessé d’être et jamais ne disparaît. Il connaît la reptation de la fourmi noire sur la roche dure, dans la nuit obscure… » (3).
À propos de l’hérésie consistant à dire que le Coran serait créé, il déclare : « Voilà une innovation hideuse, repoussante, aveugle et sourde, sans aucun appui ni du Livre ni de la Sounna, ni de la raison saine ni d’un témoignage explicite. Bien au contraire, le Coran, la Sounna et la raison saine s’opposent à elle » (4).
Et lorsqu’il relate l’arrivée de Salâh ad-Dîn al-Ayyûbî au pays du Shâm en l’an 570 de l’Hégire, il affirme : « Ce fut lorsqu’y mourut son sultan. »