Le hadith concernant l’homme qui emprunta mille dinars à son compagnon puis les remboursa est rapporté par l’imam Aḥmad : « Nous a rapporté Yūnus ibn Muḥammad, il nous a rapporté d’al-Laïth, d’après Ja‘far ibn Rabī‘a, d’après ‘Abd al-Raḥmān ibn Hurmuz, d’après Abū Hurayra, d’après le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) », lequel raconta :
« Un homme parmi les Enfants d’Israël demanda à l’un d’eux de lui avancer mille dinars. Celui-ci lui dit : “Apporte-moi des témoins afin que je puisse constater l’emprunt.” L’autre répondit : “Dieu suffit comme témoin.” Il reprit : “Apporte-moi un garant.” Il dit : “Dieu suffit comme garant.” Il lui répondit : “Tu as bien parlé.” Il lui remit alors les mille dinars pour un délai convenu. L’homme partit par la mer, régla ses affaires, puis chercha un bateau lui permettant de retourner vers son créancier à la date fixée, mais n’en trouva aucun. Il prit alors un morceau de bois, le creusa, y inséra les mille dinars ainsi qu’une lettre destinée à son créancier, puis reboucha l’ouverture. Il se rendit sur le rivage, invoqua Dieu en disant : “Ô Dieu, Tu sais que j’ai emprunté à tel homme mille dinars. Il m’a demandé un garant et j’ai répondu : ‘Dieu suffit comme garant’, ce qu’il a accepté. Il m’a demandé des témoins et j’ai répondu : ‘Dieu suffit comme témoin’, ce qu’il a également accepté. J’ai fait tout mon possible pour trouver un bateau afin de lui renvoyer ce qu’il m’a prêté, mais je n’en ai pas trouvé. Je Te confie donc ce dépôt.” Il jeta le bois dans la mer, lequel s’y enfonça, puis il s’en repartit tout en cherchant encore un navire pour regagner son pays.
De son côté, l’homme qui avait prêté l’argent sortit dans l’espoir de voir arriver un bateau lui rapportant son dû. Il aperçut alors ce morceau de bois qui dérivait et le ramassa pour en faire du bois de chauffage à l’intention de sa famille. Lorsqu’il le fendit, il y trouva l’argent et la lettre. Par la suite, l’emprunteur arriva finalement avec les mille dinars. Il s’adressa à son bienfaiteur en disant : “Par Dieu, je n’ai cessé de chercher un bateau pour t’apporter ton argent, mais je n’en ai trouvé aucun avant celui par lequel je suis arrivé.” Le prêteur demanda : “Ne m’aurais-tu pas envoyé quelque chose ?” Il répondit : “Ne t’ai-je pas informé que je n’avais trouvé aucun bateau avant celui-ci ?” Alors le prêteur s’exclama : “Dieu a donc remboursé ta dette grâce à ce que tu avais placé dans le morceau de bois. Repars avec tes mille dinars, tu en es quitte.” »
C’est ainsi que l’imam Aḥmad rapporte ce hadith avec une chaîne de transmission complète(1). Al-Bukhārī l’a également cité à plusieurs endroits de son Ṣaḥīḥ(2), sous forme abrégée, en l’attribuant à al-Laïth ibn Sa‘d, et l’a rapporté de façon plus développée à d’autres endroits par le biais de ‘Abd Allāh ibn Ṣāliḥ, le scribe d’al-Laïth(3). Il est étonnant que le ḥāfiẓ Abū Bakr al-Bazzār l’ait aussi rapporté dans son Musnad par le biais de al-Ḥasan ibn Mudrak, d’après Yaḥyā ibn Ḥammād, d’après Abū ‘Awāna, d’après ‘Umar ibn Salama, d’après son père, d’après Abū Hurayra, d’après le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), d’une manière proche de ce récit. Puis il conclut : “On ne le rapporte que par cette voie et cette chaîne de transmission.”