Son Bassin, un bâton à la main, il appelle ceux qu’il reconnaît parmi sa communauté. Sachez qu’ils rivalisent pour savoir qui aura le plus de partisans. Par Celui qui détient mon âme dans Sa main, j’espère être celui qui aura le plus de partisans… [Puis il mentionna la suite du hadith]. Il s’agit d’un hadith mursal rapporté d’al-Ḥasan, qui est jugé bon (ḥasan). Yaḥyā ibn Sa‘īd al-Qaṭṭān et d’autres l’ont déclaré authentique. Notre maître, le ḥāfiẓ (spécialiste du hadith) al-Mizzī, a lui aussi émis une fatwā affirmant l’authenticité de ce hadith, compte tenu de ces chaînes de transmission.
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Si quelqu’un demandait : « Le Bassin se trouve-t-il avant ou après le passage sur le pont (aṣ-ṣirāṭ) ? » La réponse est que, d’après ce qui ressort des hadiths déjà évoqués, il se situe avant le pont, car certains individus y seront écartés, et l’on dira d’eux : « Ils n’ont cessé de s’écarter (de la voie) depuis que tu les as quittés. » S’ils étaient mécréants, ils ne pourraient franchir le pont ; ils seraient précipités, le visage contre terre, dans le Feu avant même de le traverser. On a toutefois avancé que le pont est un passage vers le Paradis, érigé pour le croyant, le pécheur, le pervers et l’injuste ; des crochets les y guettent, de sorte que certains seront juste égratignés et sauvés, tandis que d’autres seront happés et précipités dans le Feu, le visage contre terre. Or, si ceux qu’on qualifie ici d’apostats étaient en réalité des pécheurs musulmans, il semble peu plausible qu’on les écarte du Bassin, surtout s’ils portent la trace des ablutions. Le Messager de Dieu (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) a en effet dit : « Je vous reconnaîtrai à vos visages rayonnants et vos membres éclairés, effets de l’ablution. » De plus, celui qui franchit le pont n’est qu’un croyant sauvé et ne saurait être écarté du Bassin. Aussi est-il plus probable — Dieu sait mieux — que le Bassin soit situé avant le pont.
Quant au hadith mentionné par l’imam Aḥmad, qui dit : « Yūnus nous a rapporté, Harb ibn Maymūn nous a rapporté, d’après an-Naḍr ibn Anas, d’après Anas, que j’ai demandé au Messager de Dieu (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) d’intercéder en ma faveur le Jour de la Résurrection. Il me répondit : “Je le ferai.” Je lui dis : “Ô Messager de Dieu, où te chercherai-je le Jour de la Résurrection ?” Il répondit : “Cherche-moi tout d’abord sur le pont (aṣ-ṣirāṭ).” Je demandai : “Et si je ne t’y trouve pas ?” Il répondit : “Je serai alors au niveau de la Balance (al-mīzān).” Je reprit : “Et si je ne te trouve pas à la Balance ?” Il dit alors : “Je serai auprès du Bassin, et je ne manquerai aucun de ces trois endroits le Jour de la Résurrection.” »
Ce hadith est également rapporté par at-Tirmidhī via la chaîne de transmission de Badal ibn al-Muḥabbir, et par Ibn Mājā dans son “Tafsīr” via la chaîne de ʿAbd aṣ-Ṣamad, tous deux l’ayant rapporté d’après Harb ibn Maymūn, Abū al-Khaṭṭāb al-Anṣārī al-Baṣrī, lequel est reconnu par Muslim. ʿAlī ibn al-Madīnī et ʿAmr ibn ʿAlī al-Fallās l’ont jugé fiable, faisant la distinction entre lui et Harb ibn [Maymūn] Abū ʿAbd ar-Raḥmān al-ʿAbdī [al-Baṣrī], le spécialiste des remèdes (al-aghmiyyah), que tous deux ont jugé faible. Al-Bukhārī, quant à lui, ne les a pas différenciés et en a fait un seul et même homme ; il a cité l’avis de Sulaymān ibn Ḥarb selon lequel l’un d’eux était « le plus grand des menteurs ». Ad-Dāraquṭnī a ensuite reproché à al-Bukhārī et à Muslim d’avoir confondu ces deux individus. Notre maître, le ḥāfiẓ al-Mizzī, indique que certains les ont confondus tandis que d’autres les ont distingués, et que celle-ci est la position correcte, si Dieu le veut.
Quant à moi, j’ai clarifié cette question dans “at-Takmīl”, d’une manière que je crois suffisante.