La communauté et leur sortie du Feu. Il semble que l’intention des pieux prédécesseurs (as-salaf) en se limitant à cette partie du hadith était de réfuter les kharijites et ceux qui les ont suivis parmi les muʿtazilites, lesquels nient que quiconque puisse sortir de l’Enfer après y être entré. Ils rapportent donc ce passage du hadith, où se trouve un texte explicite qui les contredit au sujet de l’innovation qu’ils ont adoptée en opposition aux autres hadiths. Il est d’ailleurs clairement fait mention de cela dans le hadith du “Cor” (aṣ-ṣūr), comme cela a été précédemment évoqué, où l’on voit les gens se tourner successivement vers Adam, puis Noé, puis Abraham, puis Moïse, puis Jésus, et enfin se rendre auprès du Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui). Il se dirigera alors et se prosternera devant Dieu, sous le Trône, en un lieu appelé « al-Faḥṣ ». Dieu (Exalté soit-Il) dira : « Qu’y a-t-il ? » et le Prophète répondra : « Ô mon Seigneur, Tu m’as promis l’intercession, accorde-moi donc d’intercéder en faveur de Tes créatures ; juge-les. » Dieu dira : « Je t’ai accordé l’intercession, c’est Moi qui viendrai pour juger entre vous. » Le Prophète poursuit : « Je reviendrai alors et je me tiendrai avec les gens… » jusqu’à ce qu’il dise : « Et Dieu placera Son Trône où Il voudra sur Sa terre… » et le hadith se poursuit comme mentionné plus haut.
Abd ar-Razzāq a dit : « Maʿmar nous a rapporté, d’après az-Zuhrī, d’après ʿAlī ibn al-Ḥusayn Zayn al-ʿĀbidīn, qui a dit : Le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) a déclaré : “Le Jour de la Résurrection, Dieu étendra la terre telle une peau tannée, si bien qu’aucun être humain n’aura d’espace pour se tenir si ce n’est l’endroit où posent ses deux pieds.” » Le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) dit encore : « Je serai le premier appelé, tandis que Gabriel sera à la droite du Miséricordieux (Exalté soit-Il). Par Dieu, il ne L’avait jamais vu avant ce jour. Je dirai alors : “Ô Seigneur, celui-ci (Gabriel) m’a informé que Tu l’as envoyé à moi.” Et Dieu dira : “Il a dit vrai.” Ensuite, j’intercéderai et je dirai : “Ô Seigneur, Tes serviteurs T’ont adoré aux confins de la terre.” » Le Prophète poursuivit : « Voilà ce qui est appelé “al-maqām al-maḥmūd” (la Station louable). » Ceci est un hadith transmis de manière mursal par cette voie (1).
Quant à l’interprétation de la phrase : « Tes serviteurs T’ont adoré aux confins de la terre », on peut comprendre qu’ils se tiennent là aux limites de la terre, c’est-à-dire que les gens seront rassemblés dans une même plaine, croyants comme mécréants. Le Prophète (que la paix et le salut soient sur lui) intercédera alors auprès de Dieu afin qu’Il vienne prononcer le Jugement entre Ses serviteurs, pour distinguer ceux qui croient de ceux qui ne croient pas, tant dans le lieu où ils se trouveront que dans leur destinée. C’est pourquoi Ibn Jarīr a dit : « La plupart des exégètes affirment que la parole du Très-Haut : “Peut-être ton Seigneur te ressuscitera-t-Il en une Station louable” [Al-Isrā’ : 79] renvoie à la station où se tiendra le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) au Jour de la Résurrection, afin d’intercéder pour les gens et de faire en sorte que leur Seigneur les délivre de l’épreuve terrible qu’ils subiront ce jour-là. »
Al-Bukhārī rapporte également : « Ismāʿīl ibn Abān nous a narré, Abū l-Aḥwaṣ nous a narré, d’après Ādam ibn ʿAlī qui a dit : J’ai entendu Ibn ʿUmar déclarer : “Les gens seront réunis le Jour de la Résurrection en rangs successifs. Chaque communauté suivra son prophète. Ils diront : ‘Ô untel, intercède pour nous ; ô untel, intercède pour nous’, jusqu’à ce que l’intercession parvienne au Prophète (que la paix et le salut soient sur lui). C’est ce Jour-là que Dieu le suscitera dans la Station louable.”” » Ibn ʿUmar ajouta : « Cela a également été rapporté par Ḥamza ibn ʿAbd Allāh, d’après son père, d’après le Prophète (que la paix et le salut soient sur lui). » Al-Bukhārī a rapporté avec une chaîne de transmission complète (musnad) ce qu’il a simplement mentionné de façon abrégée ici, dans un autre passage de son “Ṣaḥīḥ”.