Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Abou Zur‘a, d’après Abou Hourayra, d’après le Prophète (ﷺ)… Il rappela tout le hadith dans son intégralité, puis ajouta dans la narration : « Et je crains qu’Il ne me jette en Enfer ; allez vers quelqu’un d’autre » à propos de l’histoire d’Adam, de Noé, d’Abraham, de Moïse et de Jésus. C’est une addition très étrange, qui ne figure ni dans les “Sahîhayn” ni dans l’un d’eux, et pas davantage dans aucun des autres “Sunan”. Elle est très contestable ; Dieu est plus savant (1).

L’Imam Ahmad a rapporté : « ‘Affân nous a transmis (ce hadith), Hammad ibn Salama nous l’a transmis, d’après ‘Alî ibn Zayd, d’après Abou Nadra al-Mundhir ibn Mâlik ibn Qiṭ‘a, qui a dit : Ibn ‘Abbâs nous prêcha depuis la chaire de Bassora et déclara : “Le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : ‘Il n’y a pas eu un seul Prophète qui n’ait obtenu une invocation exaucée en ce monde, et moi j’ai préservé mon invocation afin qu’elle soit une intercession en faveur de ma communauté. Je suis le maître des enfants d’Adam au Jour de la Résurrection, sans fanfaronnade. Je serai le premier dont la terre se fendra (pour la résurrection), sans fanfaronnade. Dans ma main se trouve l’étendard de la louange, sans fanfaronnade. Adam et ceux qui lui succèdent seront sous mon étendard, sans fanfaronnade. Le Jour de la Résurrection s’allongera pour les gens, et ils se diront les uns aux autres : ‘Allons trouver notre père, qu’il intercède pour nous auprès de notre Seigneur, afin qu’Il tranche entre nous.’ Ils iront donc voir Adam (ﷺ) et lui diront : ‘Ô Adam, c’est toi qu’Allah a créé de Sa main, qu’Il a fait séjourner dans Son paradis, et devant qui Il a ordonné à Ses anges de se prosterner. Intercède pour nous auprès de notre Seigneur, afin qu’Il juge entre nous.’ Il dira : ‘Je ne suis pas qualifié pour cela : j’ai été expulsé du paradis à cause de ma faute, et aujourd’hui je ne me préoccupe que de moi-même. Allez donc voir Noé, le premier des prophètes…’”

L’énoncé du hadith se poursuit ensuite de façon similaire à ce qui a déjà été mentionné, jusqu’à ce que la narration dise : “Puis ils viendront me trouver et diront : ‘Ô Muhammad, intercède pour nous auprès de ton Seigneur, qu’Il nous juge !’ Je répondrai : ‘Je suis (qualifié) pour cela’, jusqu’à ce qu’Allah permette à qui Il veut et agrée. Quand Dieu (– Très-Haut –) voudra séparer Ses créatures, un héraut proclamera : ‘Où est Ahmad et sa communauté ?’ Nous sommes les derniers (à être venus) et les premiers : derniers parmi les communautés et premiers à être jugés. Les autres peuples nous dégageront la voie, et nous avancerons, le visage et les membres rayonnant de l’empreinte des ablutions. Alors les autres nations diront : ‘Il s’en est fallu de peu pour que cette communauté soit composée de prophètes, tous autant qu’ils sont.’ Je me dirigerai vers la Porte du Paradis…” Il en rapporta la suite du hadith concernant l’intercession en faveur des pécheurs parmi cette communauté (2).

Ce hadith est également rapporté de la même manière par un groupe d’autres Compagnons, parmi lesquels Abou Bakr as-Siddîq (qu’Allah l’agrée), selon la version de Houdayfa ibn al-Yamâma ; il apparaîtra plus loin dans les hadiths de l’intercession. Il est très étonnant de constater que, dans la plupart des chaînes de transmission citées par les savants, ce hadith ne mentionne pas la première intercession visant la venue du Seigneur pour établir le jugement, comme cela est relaté dans le hadith du “Sûr” (Trompe de l’Ange), mentionné ci-dessus, qui est pourtant l’objet principal du présent passage et ressort du début du hadith. En effet, les gens ne s’adressent à Adam et aux prophètes après lui que pour qu’ils intercèdent en vue d’abréger l’attente du Jugement, comme l’indiquent clairement les différentes voies de transmission du texte. Or, lorsqu’ils atteignent le moment précis de la décision, ils ne font plus mention que de l’intercession en faveur des pécheurs.

(1) Rapporté par Ibn Abī al-Dunyā dans « Al-Ahwāl » (p. 197). (2) Rapporté par Ahmad dans le Musnad (vol. 1, pp. 281-282). Je dis : dans sa chaîne de transmission figure ʿAlī ibn Zayd ibn Jud‘ān, qui est faible, mais le hadith est authentique grâce à ses diverses chaînes et ses supports.
أبي زُرْعَة، عن أبي هريرة، عن النبيّ ﷺ . . . فذكر الحديث بطوله، وزاد في السياق: "وإنّي أخافُ أن يَطْرَحني في النار، انطلقوا إلى غيري" في قصة آدم، ونوح، وإبراهيم، وموسى، وعيسى. وهي زيادة غريبة جدًّا، ليست في "الصحيحين" ، ولا في أحدهما، بل ولا في شيء من بقيّة "السنن" وهي منكَرةٌ جدًّا، فاللَّه أعلم (١) . وقال الإمام أحمد: حدّثنا عفَّان، حدّثنا حمّاد بن سلمة، عن عليّ بن زيد، عن أبي نَضْرة المنذر بن مالك بن قِطْعة قال: خَطَبنا ابنُ عبّاس على منبر البَصرة، فقال: قال رسول اللَّه ﷺ : "إنه لم يكن نبيٌّ إلَّا له دعوةٌ قد تَنَجَّزها في الدُّنيا وإنِّي قد اختبأْتُ دعوتي شفاعةً لأمّتي، وأنا سيِّد ولد آدم يوم القيامة، ولا فَخْر، وأنا أوَّلُ من تَنْشَقُّ عنه الأرض، ولا فَخْر، وبيدي لواءُ الْحَمْد، ولا فخر، آدمُ فمن دونَهُ تحتَ لوائي ولا فخر، ويطولُ يومُ القيامة على الناس، فيقول بعضهم لبعض: انطلقوا بنا إلى أبينا فليشفعْ لنا إلى ربّنا – Exalté soit-Il – فليَقْض بَيْننا. فيأتون آدم ﷺ فيقولون: يا آدمُ، أنت الذي خلقك اللَّه بيده، وأسكنك جنته، وأسجد لك ملائكته؛ اشفع لنا إلى ربّنا فليقض بيننا، فيقول: إنِّي لستُ هناكم، إنِّي قد أُخْرِجْتُ من الجنة [بخطيئتي] وإنه لا يُهمُّني اليوم إلَّا نفسي، ولكن ائتوا نُوحًا رأس النبيّين. . . " فذكر الحديث، كنحو ما تقدَّم إلى أن قال: "فيأتوني، فيقولون: يا محمد، اشفع لنا إلى ربك، فليقض بيننا، فأقول: أنا لها، حتى يأذن اللَّه لمن يشاءُ ويَرْضَى، فإذا أراد اللَّه (تعالى) أن يصدع بين خلقه، نادى مُنادٍ: أين أحمد وأمته؟ فنحن الآخِرون الأوّلون، آخرُ الأمم، وأوَّلُ من يُحاسب، فتُفْرِج لنا الأممُ طريقًا فنمضي غرًّا مُحَجَّلينَ من أثر الوضوء، فتقول الأمم: كادت هذه الأمّة أن تكون أنبياء كلُّها، فآتي بابَ الْجَنَّةِ. . . " وذكر تمام الحديث في الشفاعة، في عُصاةِ هذه الأمَّة (٢) . وقد ورد هذا الحديث هكذا عن جماعة من الصحابة، منهم أبو بكر الصديق (رضي الله عنه) من رواية حذيفة بن اليمامة عنه، وسيأتي في أحاديث الشفاعة. والعجب كلُّ العجب من إيراد الأئمّة لهذا الحديث في أكثر طرقه، لا يذكرون أمر الشفاعة الأولى، في إتيانِ الرب لفَصْل القضاء، كما ورد هذا في حديث الصُّور، كما تقدَّم، وهو المقصود في هذا المقام، ومقتضى سياق أوَّل الحديث، فإنَّ الناس إنَّما يستشفعون إلى آدم فمنْ بعده من الأنبياء في أنْ يفْصل بين الناس، ليستريحوا من مَقامِهم ذلك، كما دلَّت عليه سياقاتُه من سائر طرقه، فإذا وصلُوا إلى المَحَزّ إنَّما يذكرون الشفاعة في عُصاة
(١) رواه ابن أبي الدنيا في "الأهوال" (١٩٧). (٢) رواه أحمد في المسند (١/ ٢٨١، ٢٨٢). أقول: في سنده علي بن زيد بن جدعان، وهو ضعيف، ولكن الحديث حسن بطرقه وشواهده.

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