La quatrième opinion : Il s’agit de la durée de l’intervalle pendant lequel les serviteurs sont jugés au Jour de la Résurrection. Ibn Abî Hâtim a rapporté : « Ahmed ibn Sinân al-Wâsitî nous raconta, ‘Abd ar-Rahmân ibn Mahdî nous raconta, de la part d’Isrâ’îl, de Samâk, d’après ‘Ikrima, d’après Ibn ‘Abbâs à propos de (le Jour dont la durée est de cinquante mille ans [“fî yawmin kâna miqdâruhu khamsîna alf sanah”]) : il s’agit du Jour de la Résurrection. » Sa chaîne de transmission est authentique. Ath-Thawrî l’a également rapporté d’après Samâk, d’après ‘Ikrima d’après sa propre parole, et cette opinion est aussi celle d’ad-Dahhâk, d’al-Hasan et d’Ibn Zayd.
Ibn Abî ad-Dunyâ a dit : « Muhammad ibn Idrîs nous raconta, al-Hasan ibn Wâqi‘ nous raconta, Dhamra nous raconta, d’après Ibn Shawdhab, d’après Yazîd ar-Rishk : “Les gens se tiendront debout au Jour de la Résurrection pendant quarante mille ans, puis il sera statué entre eux en l’espace de dix mille ans.” »
‘Alî ibn Abî Talha rapporta de la part d’Ibn ‘Abbâs : « Le Jour de la Résurrection, Dieu l’a rendu pour les mécréants équivalent à cinquante mille ans. » Selon al-Kalbî dans son Tafsîr, qui le rapporte d’Abû Sâlih d’après Ibn ‘Abbâs : « Si la reddition des comptes incombait à quelqu’un d’autre que Dieu – qu’Il soit exalté – il n’en aurait pas fini même en cinquante mille ans. »
Al-Bayhaqî a mentionné, d’après ce qu’a rapporté Hammâd ibn Zayd, d’après Ayyûb, qui dit qu’al-Hasan a déclaré : « Que penses-tu d’un Jour où les serviteurs se tiennent debout sur leurs pieds durant cinquante mille ans, sans y prendre la moindre bouchée ni boire la moindre gorgée, au point que leurs cous se rompent de soif et que leurs entrailles brûlent de faim ? Puis ils sont conduits en Enfer, où on leur fait boire de la source bouillante [‘ayn âniyah], dont la chaleur est à son comble et le feu intensément ardent ? » Cela a également été mentionné dans plusieurs hadiths ; Dieu est plus savant.
L’imâm Ahmad a dit : « Al-Hasan ibn Mûsâ nous raconta, Ibn Lahî‘a nous raconta, d’après Darrâj, d’après Abû al-Haytham, d’après Abû Sa‘îd, qui dit : “On demanda au Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) [au sujet du jour dont la durée est de cinquante mille ans]. Que ce jour est long !” Le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) répondit : ‘Par Celui qui tient mon âme en Sa main, il sera certes allégé pour le croyant, au point d’être plus léger pour lui qu’une prière prescrite qu’il accomplit dans ce bas monde.’” » Ibn Jarîr l’a également rapporté dans son Tafsîr d’après Yûnus ibn ‘Abd al-A‘la, d’après Ibn Wahb, d’après ‘Amr ibn al-Hârith, d’après Darrâj. Or, Darrâj Abû as-Samh, ainsi que son maître Abû al-Haytham Sulaymân ibn ‘Amr al-‘Atûwârî, sont jugés faibles.
Al-Bayhaqî l’a néanmoins rapporté dans une autre formulation : « Abû Bakr Ahmad ibn al-Hasan al-Qâdî et Abû Sa‘îd ibn Abî ‘Amr nous ont informés, disant : Abû al-‘Abbâs Muhammad ibn Ya‘qûb nous a raconté, Muhammad ibn Is’hâq as-Saghânî nous a raconté, Abû Salama al-Khuzâ‘î nous a raconté, Khallâd ibn Sulaymân al-Hadramî — qui était un homme parmi les craintifs — nous a raconté : “J’ai entendu Darrâj Abû as-Samh rapporter de quelqu’un qui le lui avait transmis, d’après Abû Sa‘îd al-Khudrî, qu’il vint auprès du Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui)…” »