Jusqu’à ce que des rivières de sueur coulent de leurs corps, plus nauséabondes que des charognes, tandis que ceux qui jeûnent demeurent dans leurs Jardins, à l’ombre du Trône (1).
L’hafiz Abou Bakr al-Bazzâr a rapporté : « Nous a transmis Muhammad ibn Mansour at-Tûsî, nous a transmis ‘Abd al-Wahhâb ibn ‘Atâ, nous a transmis al-Fadl ibn ‘Îsâ ar-Raqâshî, nous a transmis Muhammad ibn al-Munkadir, d’après Jâbir, qui a dit : Le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : “La sueur colle à la personne sur la station (du Rassemblement) au point qu’elle dise : ‘Ô Seigneur, que Tu m’envoies en Enfer m’est plus supportable que ce que j’endure !’, alors même qu’elle sait ce qu’il s’y trouve comme intensité du châtiment.”” Son isnâd est faible (2).
Il est néanmoins établi dans le “Sahîh” d’après Abou Hurayra, que le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Sept catégories de personnes seront ombragées par Allah de Son ombre, le jour où il n’y aura d’autre ombre que la Sienne » — et selon une autre version : « …que l’ombre de Son Trône » — :
- Un gouvernant équitable,
- Un jeune homme qui a grandi dans l’adoration d’Allah,
- Un homme dont le cœur est attaché à la mosquée dès qu’il s’en éloigne, jusqu’à y retourner,
- Un homme sollicité par une femme de haut rang et de grande beauté, mais qui répond : « Je crains Allah »,
- Deux hommes qui se sont aimés en Allah, se sont rassemblés pour Lui et se sont séparés pour Lui,
- Un homme qui donne une aumône si discrètement que sa main gauche ne sait pas ce que sa main droite a dépensé,
- Un homme qui, lorsqu’il évoque Allah dans la solitude, se met à pleurer. (3)
L’imam Ahmad a dit : « Nous ont rapporté Hassan et Yahyâ ibn Ishâq, qui ont déclaré : “Nous a rapporté Ibn Lahî‘a, qui a rapporté de Khâlid (4) ibn Abî ‘Imrân, d’après al-Qâsim [ibn Muhammad], d’après ‘Â’isha, d’après le Messager d’Allah (ﷺ) : ‘Savez-vous qui sont les premiers à jouir de l’ombre d’Allah – Exalté soit-Il – le Jour de la Résurrection ?’ Ils dirent : ‘Allah et Son Messager le savent mieux.’ Il répondit : ‘Ce sont ceux qui, lorsqu’on leur donne leur droit, l’acceptent, quand on leur réclame ce droit, ils le donnent, et ils jugent les gens comme ils se jugeraient eux-mêmes.’” » Seul Ahmad a rapporté ce hadith. Son isnâd est relativement correct, bien que l’on ait émis des réserves sur Ibn Lahî‘a, et que son cheikh ne soit pas réputé (5).
Tout cela survient alors que les hommes demeurent dans une station étroite et oppressante, rendue insoutenable, excepté pour celui à qui Allah en facilite l’épreuve. Nous implorons donc Allah, le Sublime, Seigneur du Trône immense, de nous alléger cette station, de l’adoucir et la rendre paisible pour nous. Nous cherchons refuge auprès d’Allah contre l’étroitesse du Jour de la Résurrection. Ô Allah, accorde-nous une issue de toute difficulté. Nous Te demandons de nous élargir [Tes bienfaits] ici-bas et dans l’au-delà. Ô Allah, place-nous avec ceux que Tu as comblés de Tes faveurs, et non pas avec ceux qui ont encouru Ta colère ni les égarés. Amîn.
L’imam Ahmad a également dit : « Nous a rapporté Yazîd, qui nous a informés, et al-Asbagh – c’est-à-dire Ibn Zayd – qui a rapporté de Thawr ibn Yazîd, d’après Khâlid ibn Ma‘dân : ‘M’a rapporté Rabî‘a – c’est-à-dire Ibn ‘Amr al-Jurashî ach-Châmî – qui dit : J’ai interrogé ‘Â’isha, demandant : ‘Que disait le Messager d’Allah (ﷺ) lorsqu’il se levait la nuit ? Par quoi commençait-il sa prière ?’ Elle répondit : “Il proclamait la grandeur (takbîr) dix fois, louait (Allah) dix fois, proclamait l’unicité (tahlîl) dix fois, demandait pardon dix fois, puis disait : ‘Ô Allah, pardonne-moi, guide-moi et pourvoie à mes besoins’ dix fois, et il disait : ‘Ô Allah, certes moi…’” »