L’histoire de Barsîsâ est à l’opposé de celle de Jouraïj(1), car Jouraïj fut préservé tandis que celui-ci(2) fut mis à l’épreuve.
Ibn Jarîr a rapporté : « Yahyâ ibn Ibrâhîm al-Mas‘ûdî m’a raconté d’après son père, d’après son grand-père, d’après al-A‘mash, d’après ‘Umâra, d’après ‘Abd al-Rahmân ibn Yazîd, d’après ‘Abd Allâh ibn Mas‘ûd, au sujet de ce verset :
“(Leur cas) est semblable à celui du Diable quand il dit à l’homme : ‘Sois mécréant !’ Puis, lorsque l’homme devint mécréant, (le Diable) dit : ‘Je te désavoue, car je crains Allah, le Seigneur de l’univers.’ Leur fin à tous deux fut qu’ils se retrouvèrent en Enfer pour y demeurer éternellement. Telle est la rétribution des injustes.” (Coran 59 : 16-17).
Ibn Mas‘ûd dit : “Il y avait une femme qui gardait des moutons et avait quatre frères. Chaque nuit, elle se réfugiait près de la cellule d’un moine. (Un jour,) le moine descendit, commis l’adultère avec elle, et elle tomba enceinte.
Satan vint alors à lui et lui dit : ‘Tue-la puis enterre-la, car tu es un homme digne de confiance et dont on accepte les dires.’ Il la tua donc, puis l’enterra.
Ensuite, Satan apparut en rêve aux frères de cette femme pour leur dire : ‘Le moine qui habite la cellule a forniqué avec votre sœur ; quand elle est tombée enceinte, il l’a tuée et enterrée à tel endroit.’
Au matin, l’un des frères déclara : ‘Par Dieu, j’ai fait cette nuit un rêve dont je ne sais s’il convient de vous en parler ou non.’ Ils répondirent : ‘Raconte-nous tout.’ Il leur raconta son rêve. Un autre frère s’exclama : ‘Moi aussi, par Dieu, j’ai fait le même rêve !’ Et un troisième de dire : ‘Moi aussi, par Dieu, j’ai fait ce rêve !’ Ils conclurent : ‘Par Dieu, ce n’est pas sans raison.’
Ils allèrent donc dénoncer le moine auprès de leur roi. On le fit descendre de sa cellule et on l’emmena. Alors Satan vint à lui et dit : ‘C’est moi qui t’ai jeté dans ce piège, et nul autre que moi ne peut te sauver. Prosterne-toi une seule fois devant moi, et je te délivrerai de ce dans quoi je t’ai fait tomber.’ Le moine se prosterna. Quand on le présenta au roi, (Satan) se désavoua de lui. Le moine fut alors saisi et exécuté(5).”
Un récit similaire est également attribué à Ibn ‘Abbâs, Tâwoûs et Muqâtil ibn Hayyân(6).
On rapporte par ailleurs d’après ‘Alî ibn Abî Tâlib (qu’Allâh l’agrée) une autre version de l’histoire. Ibn Jarîr dit(7) : « Khallâd ibn Aslam nous a rapporté – d’après an-Nadr ibn Shamîl, d’après Shu‘bah, d’après Abû Is’hâq, qui entendit ‘Abd Allâh ibn Nahîk relater qu’il avait entendu ‘Alî dire : ‘Un moine adora (Dieu) soixante années. Quand Satan voulut le perdre et n’y parvint pas, il s’en prit à une femme, la rendant folle(8), et celle-ci avait…’”