Et Abou Bakr ibn Abî al-Dunyâ a dit : « Abou Khaythama nous rapporta : Hujayn ibn al-Muthannâ nous rapporta : ‘Abd al-‘Azîz ibn ‘Abd Allâh ibn Abî Salama, d’après ‘Abd Allâh ibn al-Fadl al-Hâshimî, d’après ‘Abd al-Rahmân al-A‘raj, d’après Abou Hurayra, qui dit : Le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) a déclaré : “On soufflera dans la Trompe, alors seront foudroyés ceux qui sont dans les cieux et ceux qui sont sur la terre, à l’exception de ceux qu’Allâh voudra. Puis on y soufflera une autre fois, et je serai le premier à être ressuscité ; et voilà que je trouverai Moïse agrippé au Trône. Je ne sais pas s’il est comptabilisé pour lui l’évanouissement (qu’il subit) le jour du Mont (Tûr), ou s’il a été ressuscité avant moi.” » Ce hadith se trouve dans le “Sahîh” avec un contexte proche de ce récit (1).
Et dans le “Sahîh Muslim” : « Je suis le premier dont la terre se fendra, et je verrai Moïse tenant fermement (2) un pied du Trône. Je ne sais pas s’il a repris ses sens avant moi ou s’il a été rétribué pour l’évanouissement du Mont (Tûr) » (3). Le fait de mentionner Moïse dans ce passage soulève une question, et il est possible qu’un des rapporteurs ait fait entrer un hadith dans un autre ; en effet, l’hésitation ici ne ressort pas clairement, surtout lorsqu’il dit : « ou a-t-il été rétribué pour l’évanouissement du Mont (Tûr) ».
Ibn Abî al-Dunyâ a également rapporté : « Ishâq ibn Ismâ‘îl nous a rapporté : Sufyân (c’est Ibn ‘Uyayna) nous a rapporté, d’après ‘Amr (c’est Ibn Dînâr), d’après ‘Atâ’ et Ibn Jud‘ân, d’après Sa‘îd ibn al-Musayyib, qui a dit : “Il y eut un différend entre Abou Bakr et un Juif. Le Juif déclara : ‘Par Celui qui a élu Moïse au-dessus des hommes !’ Alors Abou Bakr le gifla. Le Juif vint se plaindre auprès du Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui), et celui-ci lui dit : ‘Ô Juif, je suis le premier pour qui la terre se fendra, et je trouverai Moïse agrippé au Trône. Je ne sais pas s’il m’a précédé, ou s’il a été rétribué de son évanouissement.’” » D’après cette voie, le hadith est mursal, mais il est rapporté dans les “Sahîhayn” (4) sous d’autres chaînes avec des versions différentes. Dans certaines (5), celui qui avait giflé ce Juif était un homme des Ansâr, et non Abou Bakr al-Siddîq. Dieu sait mieux.
L’une des versions les plus claires déclare : « Quand viendra le Jour de la Résurrection, les gens s’évanouiront, et je serai le premier à recouvrer mes sens ; je trouverai alors Moïse agrippé à l’un des pieds du Trône. Je ne sais pas s’il est tombé évanoui et qu’il a repris ses sens avant moi, ou s’il a été rétribué pour l’évanouissement du Mont (Tûr) » (6). Comme il sera expliqué, cela implique que cet évanouissement se produira dans les plaines de la Résurrection, distinct de celui mentionné dans le Coran. Il semble que la cause de cet évanouissement, d’après ce hadith, soit la manifestation (tajallî) du Seigneur.