Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

«S’il s’agit d’un ‘Amîrî ou d’un Qurayshî parmi les polythéistes, alors dis : “Muhammad m’a envoyé à toi pour t’annoncer une nouvelle qui te déplaira : tu seras traîné sur ton visage et sur ton ventre dans le Feu.”»

Il dit : «J’ai demandé : “Ô Messager de Dieu, pourquoi leur faire cela, alors qu’ils accomplissaient une œuvre qu’ils étaient seuls à maîtriser et qu’ils pensaient être dans le bien ?”» Il répondit : «Parce que Dieu a envoyé, à la fin de chacune des sept nations, (un Prophète), et celui qui désobéissait à son Prophète était parmi les égarés, tandis que celui qui lui obéissait était parmi les bien-guidés.»

Abû Dâwud l’a rapporté, selon la version d’Abû Sa‘îd ibn al-Aʿrâbî, d’après Abû Dâwud, d’après al-Ḥasan ibn ‘Alî, d’après Ibrâhîm ibn Ḥamza, avec la même chaîne de transmission. Notre maître (shaykh) a dit : «Il se peut que ce soit l’un des ajouts d’Ibn al-Aʿrâbî.» (1)

Al-Walîd ibn Muslim, qui a réuni dans un volume des ḥadiths et des traditions confirmant le ḥadith du Sûr (la Trompe) sous diverses formes, a déclaré : «Sa‘îd ibn Bashîr nous a rapporté, d’après Qatâda, au sujet de la Parole (divine) :
﴿وَاسْتَمِعْ يَوْمَ يُنَادِ الْمُنَادِ مِنْ مَكَانٍ قَرِيبٍ﴾ (4) [Q] : “Il s’agit d’un Ange qui se tiendra debout sur le Rocher de Bayt al-Maqdis et proclamera : ‘Ô vous, ossements usés et membres dispersés, Dieu vous ordonne de vous réunir pour le Jugement !’”»

Il ajoute également, d’après Qatâda : «Le châtiment de la tombe n’est pas allégé pour les défunts, si ce n’est entre la Trompe de l’anéantissement (al-ṣaʿq) et celle de la Résurrection (al-ba‘th). C’est pourquoi le mécréant, lorsqu’il sera ressuscité, s’exclamera : ﴿يَاوَيْلَنَا مَنْ بَعَثَنَا مِنْ مَرْقَدِنَا﴾, c’est-à-dire : à cause du répit (pendant lequel le châtiment s’interrompt). Alors le croyant lui dira : ﴿هَذَا مَا وَعَدَ الرَّحْمَنُ وَصَدَقَ الْمُرْسَلُونَ﴾ (52) [Yâ-Sîn].» (2)

Abû Bakr ibn Abî al-Dunyâ a rapporté : «‘Alî ibn al-Ḥusayn ibn Abî Maryam m’a informé, d’après Muḥammad ibn al-Ḥusayn, qui a dit l’avoir entendu de Ṣadaqa ibn Bakr al-Sa‘dî, lequel tenait cela de Ma‘dî ibn Sulaymân. Celui-ci dit : “Abû Muḥallim al-Jasrî, chez qui se réunissaient ses frères, était un homme sage. Lorsqu’il récitait ce verset :
﴿وَنُفِخَ فِي الصُّورِ فَإِذَا هُمْ مِنَ الْأَجْدَاثِ إِلَى رَبِّهِمْ يَنْسِلُونَ * قَالُوا يَاوَيْلَنَا مَنْ بَعَثَنَا مِنْ مَرْقَدِنَا هَذَا مَا وَعَدَ الرَّحْمَنُ وَصَدَقَ الْمُرْسَلُونَ﴾ (51-52) [Yâ-Sîn],
il se mettait à pleurer, puis il disait : ‘Certes, au Jour de la Résurrection, il y a des péripéties d’une horreur telle qu’elles dépassent l’entendement. Par Dieu, si les gens avaient été véritablement endormis, comme l’indiquent les termes apparents de leur propos, ils n’auraient pas appelé le malheur sur eux au tout premier instant de leur Résurrection, sans être encore traduits devant un lieu d’exposition ni interrogés, si ce n’est qu’ils venaient déjà de voir un grand danger et que la Résurrection, dans ses aspects les plus considérables, s’était confirmée à leurs yeux. Et s’ils avaient souffert et subi un châtiment prolongé dans le Barzakh, ils n’auraient pas appelé le malheur en voyant la fin de ce châtiment, sauf après avoir été transportés devant un fléau plus colossal encore. N’eût été cette réalité, ils n’auraient pas minimisé ce qu’ils subissaient au point de l’appeler “sommeil” par comparaison.’”» (3)

Ainsi, s’ils ont pu qualifier de “sommeil” ce qu’ils enduraient, c’est parce qu’ils ont constaté, lors de la Résurrection, quelque chose d’encore plus terrible.

(1) Rapporté par Ahmad dans le Musnad (4/13-14) et Abū Dāwūd, n° 6266; il s'agit d'un hadith faible, avec une chaîne interrompue par des inconnus sur toute sa longueur, bien que certaines parties bénéficient d'appuis. (2) « Al-Ahwāl » (p. 89). (3) Dans les Usūl : Abū Muḥkam, ce qui est une erreur.
عامِريّ، أو قُرَشيّ من مُشركٍ، فَقُلْ: أرْسَلنِي إلَيْك مُحَمد فأُبَشِّرُك بما يَسُوءُك: تُجَرّ على وجهك وبَطْنِك في النَّار ". قال: قلت: يا رسول اللَّه، ما فَعل بهم ذلك؟ وقد كانوا على عَمَل لا يُحْسِنُون إلَّا إيَّاه، وقد كانوا يحسَبون أنهم مصلِحون؟ قال: "ذلك بأن اللَّه بعث في آخر كل سَبْع أممٍ " يعني نبيًّا " فمن عصى نَبِيَّه كان من الضالِّين، ومن أطاع نبيَّه كان من الْمُهتدين". وقد رواه أبو داود في رواية أبي سعيد بن الأعرابي، عن أبي داود، عن الحسن بن علي، عن إبراهيم بن حمزة، به، قال شيخنا: لعله من زيادات ابن الأعرابي (١) . وقال الوليد بن مسلم وقد جمع أحاديثَ وآثارًا في مجلد تشهد لحديث الصور في مُتَفّرقاته: أخبرنا سعيد بن بشير، عن قتادة، في قوله: ﴿وَاسْتَمِعْ يَوْمَ يُنَادِ الْمُنَادِ مِنْ مَكَانٍ قَرِيبٍ (٤) ﴾ [ق] قال: ملَك قائم على صخرة بيت المقدس، ينادي: أيَّتُها العظامُ البالية، والأوصال المُتَقَطِّعة، إنّ اللَّه يَأْمُرُكُنَّ أن تَجْتَمعن لفَصْل القَضاءِ. وبه عن قتادة قال: لا يُفَتَّرُ عن أهل القبور عَذابُ القَبْر إلا فيما بَيْنَ نفخة الصعق، ونفخة البعث، فلذلك يقول الكافر حين يُبَعثُ: ﴿يَاوَيْلَنَا مَنْ بَعَثَنَا مِنْ مَرْقَدِنَا﴾ يعني تلك الفترة، فيقول له المؤمن: ﴿هَذَا مَا وَعَدَ الرَّحْمَنُ وَصَدَقَ الْمُرْسَلُونَ (٥٢) ﴾ [يس] (٢) . وقال أبو بكر بن أبي الدنيا: حدثنى علي بن الحسين بن أبي مريم، عن محمد بن الحسين، حدثني صَدَقةُ بن بكر السعدي، حدثني معدي بن سُلَيمان، قال: كان أبو مُحَلِّم (٣) الجَسْري يجتمع إليه إخوانُه، وكان حكيمًا، وكان إذا تلا هذه الآية: ﴿وَنُفِخَ فِي الصُّورِ فَإِذَا هُمْ مِنَ الْأَجْدَاثِ إِلَى رَبِّهِمْ يَنْسِلُونَ (٥١) قَالُوا يَاوَيْلَنَا مَنْ بَعَثَنَا مِنْ مَرْقَدِنَا هَذَا مَا وَعَدَ الرَّحْمَنُ وَصَدَقَ الْمُرْسَلُونَ (٥٢) ﴾ [يس] بكى، ثم قال: إن في القيامة لمعاريض، صفة ذهبت فظاعَتُها بأوهام العقول، أما واللَّه لَئِن كان القومُ في رَقْدَةٍ مثل ظاهرِ قولهم، لمَا دَعَوْا بالوَيْل عند أول وَهْلَةٍ مِنْ بَعْثِهِم، ولم يُوقَفوا بَعْدُ مَوْقِف عَرْضٍ، ولا مُسَاءَلةٍ، إِلّا وَقَدْ عَايَنُوا خَطرًا عَظِيمًا، وحُقِّقت عليهم القيامة بالجلائل من أمرها، ولَئِنْ كانُوا في طُوْل الإقامةِ في البَرْزَخ كانوا يَأْلَمُونَ وَيُعَذَّبون في قبورهم، فما دَعَوْا بالويل عند انقطاع ذلك عنهم إلا وقد نُقِلُوا إلى طَامَّةٍ هي أعظمُ مِنْه، ولولا أن الأمر على ذلك، لما استصغر القوم ما كانوا فيه فسَمَّوهُ رُقادًا، بالنسبة
(١) رواه أحمد في المسند (٤/ ١٣ - ١٤) وأبو داود رقم (٦٢٦٦) وهو حديث ضعيف مسلسل بالمجاهيل بطوله، ولبعضه شواهد. (٢) "الأهوال" (٨٩). (٣) في الأصول: أبو محكم، وهو خطأ.

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