D’après Abou Hourayra, le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) a dit :
« Il y avait, parmi les Enfants d’Israël, un homme appelé Joureïj. Il se consacrait à l’adoration dans sa cellule. Un jour, sa mère vint le trouver et l’appela : “Ô Joureïj ! Ô mon fils ! Viens me voir, je veux te parler ! C’est moi, ta mère ! Viens me voir !” Il se dit alors : “Ô mon Seigneur, ma prière ou ma mère ?” et il se replongea dans sa prière. Elle l’appela à nouveau plusieurs fois : “Ô Joureïj ! Ô mon fils ! Montre-toi, je veux te parler.” Il se dit encore : “Ô mon Seigneur, ma prière ou ma mère ?” et il poursuivit sa prière. Sa mère invoqua alors : “Ô Seigneur, ne le fais pas mourir avant que Tu ne lui montres la prostituée.”
Or, il y avait une bergère qui gardait les moutons de son peuple et venait s’abriter à l’ombre de la cellule de Joureïj. Elle commit alors l’adultère et tomba enceinte. On l’arrêta. Chez eux, quiconque commettait l’adultère était mis à mort. On lui demanda : “De qui es-tu enceinte ?” Elle répondit : “C’est de Joureïj, celui de la cellule.” Ils vinrent alors avec des haches et des barres de fer, en s’écriant : “Ô Joureïj ! Toi, l’hypocrite, descends !” Mais il refusa et continua de prier. Ils se mirent à démolir sa cellule. Lorsqu’il vit cela, il descendit. Ils passèrent alors une corde autour de son cou et de celui de la femme, et ils les firent tourner ainsi au milieu du peuple.
Joureïj posa alors son doigt sur le ventre de la femme et dit : “Ô enfant, qui est ton père ?” L’enfant répondit : “Mon père est Untel, le berger.” Les gens embrassèrent alors Joureïj et dirent : “Si tu veux, nous rebâtirons ta cellule en or et en argent.” Il répondit : “Rendez-la seulement comme elle était.” »
C’est un récit surprenant, dont la chaîne de transmission répond aux exigences de Mouslim, mais aucun des auteurs des recueils (canoniques) ne l’a rapporté selon cette même voie.
Ainsi, trois (enfants) ont parlé alors qu’ils étaient au berceau : Jésus, fils de Marie (que la paix soit sur lui), dont l’histoire a déjà été abordée (3) ; le fils de la femme débauchée, celui de Joureïj, que vous avez entendu, et dont le nom est Yâbous, comme cela est clairement mentionné dans le Sahîh d’Al-Boukhârî (4) ; et le troisième, l’enfant de la femme qui l’allaitait et qui souhaita qu’il soit comme l’homme à l’allure remarquable, tandis que cet enfant désira plutôt être comme l’esclave accusée à tort, qui disait : “Dieu me suffit, Il est le Meilleur Garant.” Telle que l’a rapporté Muhammad Ibn Sîrîn d’après Abou Hourayra, selon un hadith remontant directement au Prophète.
L’imam Ahmad (5) l’a également rapporté, d’après Hawdha, d’après ‘Awf Al-A‘râbî, d’après Khilâs, d’après Abou Hourayra, selon le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), au sujet de ce nourrisson, et cette chaîne de transmission est bonne. Al-Boukhârî (6) a dit : “Abou Al-Yamân nous a rapporté d’après Chou‘ayb, d’après Abou Al-Zinâd, d’après ‘Abd Ar-Rahmân Al-A‘raj, qui a entendu Abou Hourayra dire qu’il a entendu le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) dire : ‘Alors qu’une femme allaitait son fils, un cavalier passa. Elle dit : “Ô mon Dieu, ne fais pas mourir mon fils avant qu’il ne soit comme cet homme.” Le fils répondit : “Ô mon Dieu, ne fais pas que je sois comme lui.” Puis il revint à sa condition initiale…’ (7)”