La poussière ne consume rien si ce n’est l’extrémité du coccyx, à partir de laquelle l’homme a été créé et à partir de laquelle il sera reconstitué. » Ce hadith est rapporté uniquement par Ahmad, et il est conforme aux critères de Muslim. Ahmad l’a également relaté, d’après Ibrâhîm al-Hajarî, d’après Abû ‘Iyâd, d’après Abû Hurayra, sous une forme similaire (1).
Ahmad a également dit : « Nous a rapporté Hassân ibn Mûsâ, nous a rapporté Ibn Lahî‘ah, qui tient de Darrâj, lequel tient de Abû l-Haytham, d’Abû Sa‘îd, que le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : “La poussière consume toute chose chez l’être humain, sauf l’extrémité du coccyx.” Il fut demandé : “Et à quoi ressemble-t-elle, ô Messager de Dieu ?” Il répondit : “Elle ressemble à un grain de moutarde ; c’est à partir de lui que vous renaîtrez.” » (2)
Ici, il est simplement question d’évoquer les deux souffles (an-nafkhatayn) et le fait qu’il y ait quarante (jours, mois ou années) entre eux. Ces deux souffles sont, selon toute apparence – et Dieu est plus Savant –, le souffle de l’évanouissement (as-sar‘) et le souffle de la Résurrection, permettant aux morts de se relever. La preuve en est la descente de l’eau entre les deux souffles et la mention de l’extrémité du coccyx à partir de laquelle l’être humain est recréé et où il est reconstitué lors de la Résurrection. Il se peut aussi que l’intention porte sur l’intervalle entre le souffle de la terreur (al-faza‘) et le souffle de l’évanouissement (as-sar‘), ce que l’auteur cherche à mentionner ici. En tout état de cause, il est nécessaire qu’un certain délai sépare les deux souffles : celui de la terreur et celui de l’évanouissement.
Il est rapporté dans le hadith du Cor qu’il se produira alors de grands événements, parmi lesquels le séisme de la terre, son bouleversement, son balancement avec ceux qui l’habitent, et son oscillation à droite et à gauche. Dieu – Exalté soit-Il – dit : « Quand la terre sera secouée de son séisme (1) et que la terre fera sortir ses fardeaux (2) et que l’homme dira : “Qu’a-t-elle donc ?” (3) Ce jour-là, elle racontera son histoire (4), car ton Seigneur l’aura révélée (5). » (Az-Zalzala, 99 : 1-5). Il dit également : « Ô gens ! Craignez votre Seigneur. Le séisme de l’Heure est vraiment une chose terrible (1). » (Al-Hajj, 22 : 1). Et encore : « Quand l’Événement (la Résurrection) arrivera (1), nul ne traitera sa venue de mensonge (2), abaissant (certains), élevant (d’autres) (3). Quand la terre sera violemment secouée (4) et que les montagnes seront pulvérisées (5)... » (Al-Wâqi‘a, 56 : 1-5), et ainsi de suite jusqu’à Sa parole : « Voilà leur hospitalité au Jour de la Rétribution (56). » (Al-Wâqi‘a, 56 : 56).
Étant donné que ce premier souffle – celui de la terreur (al-faza‘) – est la première étape du Jour de la Résurrection, la dénomination “Jour de la Résurrection” lui convient dans son ensemble. Comme il est établi dans le “Sahîh” de al-Bukhârî, d’après Abû Hurayra, le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : « L’Heure surviendra alors que deux hommes auront étendu un vêtement entre eux, sans parvenir ni à l’acheter ni à le plier. Et l’Heure viendra alors qu’un homme sera parti avec le lait de sa chamelle sans parvenir à le boire. Et l’Heure viendra tandis qu’il enduira son bassin d’eau mais ne pourra y abreuver personne. Et l’Heure viendra alors qu’il aura porté sa bouchée de nourriture à sa bouche, et ne pourra la manger. » (3)
Cela concerne ce qui se passe avant le souffle de la terreur, et l’on s’exprime ici en disant que ce souffle est “l’Heure” car il en est la première étape. Par ailleurs, dans le hadith décrivant les gens de la fin des temps, il est dit qu’ils seront les pires êtres humains et que c’est sur eux que se dressera l’Heure (4).