Ensuite, Dieu ordonne à l’Enfer, et il en jaillit un cou saillant et sombre. Puis Il dit : « Ne vous ai-Je pas engagés, ô fils d’Adam, à ne pas adorer Satan, car il est pour vous un ennemi déclaré, et à M’adorer ? Voilà un chemin droit. Il a déjà égaré nombre d’entre vous ; ne raisonnez-vous donc point ? C’est l’Enfer qu’on vous avait promis » (Yâ-Sîn, 60-63). Ou : « ou bien le traitiez-vous de mensonge ? » (selon le doute d’Abû ʿÂṣim). « Séparez-vous aujourd’hui, ô criminels » (Yâ-Sîn, 59). Alors Dieu distingue les gens et les nations tombent à genoux.
Dieu – Exalté soit-Il – dit : « Tu verras chaque communauté agenouillée. Chaque communauté sera appelée à (recevoir) son livre : “Aujourd’hui, vous serez rétribués pour ce que vous faisiez” » (Al-Jâthiya, 28). Dieu juge alors l’ensemble de Sa création, à l’exception des deux espèces lourdes (les humains et les djinns) ; Il juge d’abord parmi les bêtes sauvages et le bétail, au point qu’Il accorde même réparation pour l’animal offensé face à celui qui avait des cornes. Une fois Dieu achevé ce jugement, si bien qu’il ne reste plus aucune revendication d’une créature sur une autre, Il leur dit : « Devenez poussière ! » À ce moment-là, le mécréant s’exclame : « Hélas ! Que ne suis-je poussière ! » (An-Naba’, 40).
Ensuite, Dieu – Très-Haut – juge entre les serviteurs, et la première chose sur laquelle Il statuera sera le sang versé. Chaque personne tuée dans le chemin de Dieu se présente alors, et Dieu ordonne à celui qui fut tué de porter sa tête dont les veines laissent encore couler du sang. Il dit : « Ô mon Seigneur, interroge cet homme : pourquoi m’a-t-il tué ? » Et Dieu, bien qu’Il sache déjà, demande : « Pourquoi l’as-tu tué ? » L’homme répond : « Ô Seigneur, je l’ai tué pour que la puissance Te revienne. » Dieu déclare : « Tu as dit vrai. » Il rend alors son visage aussi lumineux que la clarté des cieux, puis les anges le conduisent au Paradis.
Vient ensuite quiconque fut tué pour d’autres raisons. Dieu ordonne à celui qui fut tué de porter sa tête dont les veines laissent encore couler du sang. Il dit alors : « Ô mon Seigneur, interroge cet homme : pourquoi m’a-t-il tué ? » Et Dieu, bien qu’Il sache déjà, demande : « Pourquoi l’as-tu tué ? » Il répond : « Ô Seigneur, je l’ai tué pour que la puissance me revienne à moi. » Dieu rétorque : « Péris ! » Ensuite, plus aucune âme tuée ne reste sans que son tueur ne soit exécuté en représailles, et aucune injustice n’est laissée sans qu’il y ait réparation. Quant à la décision de le châtier ou de lui faire miséricorde, elle dépend de la Volonté de Dieu. Puis Dieu règle les comptes entre ceux qui demeurent de Ses créatures, de sorte qu’il ne reste aucune injustice d’aucun envers quiconque sans que Dieu ne la fasse expier à l’injuste en faveur de l’opprimé, jusqu’à contraindre celui qui mélange le lait à l’eau, et le vend ainsi, à séparer le lait de l’eau. Lorsqu’Il en a fini avec cela,
un héraut s’écrie alors, audible par toutes les créatures : « Que chaque peuple rejoigne ses idoles et ce qu’il adorait en dehors de Dieu ! » Il ne reste donc personne ayant adoré autre que Dieu sans que ses fausses divinités ne soient placées devant lui en ce jour. Un ange se met alors sous l’apparence d’ʿUzayr, et un autre ange sous l’apparence du Messie Jésus fils de Marie. Celui-ci est suivi par les Juifs et celui-là par les Chrétiens, puis leurs idoles les mènent tous en Enfer. C’est à cela que renvoie la parole de Dieu – Exalté soit-Il : « S’ils étaient réellement des dieux, ils n’y entreraient pas ; et ils y demeureront à jamais » (Al-Anbiyâ’, 99).
Lorsqu’il ne reste plus que les croyants, parmi lesquels se trouvent des hypocrites, Dieu vient à eux sous la forme qu’Il souhaite et leur dit : « Ô gens, les autres se sont déjà retirés ; rejoignez vos divinités et ce que vous adoriez. » Ils répondent : « Par Dieu, nous n’avons pas de divinité hormis Dieu ; nous n’adorions rien d’autre que Lui. » Il se détourne alors d’eux – et c’est bel et bien Dieu qui vient à eux – et Il les laisse un moment, selon Sa Volonté. Puis Il revient et leur dit : « Ô gens, tous les autres sont partis, rejoignez vos divinités et ce que vous adoriez. » Ils répètent : « Par Dieu, nous n’avons pas d’autre divinité que Dieu ; nous n’adorions rien d’autre que Lui. » Il se détourne encore d’eux – et c’est Dieu qui vient à eux – et les laisse le temps qu’Il veut,
jusqu’à ce qu’Il leur dise à nouveau : « Ô gens, tous les autres sont partis ; rejoignez vos divinités et ce que vous adoriez. » Ils répondent : « Par Dieu, nous n’avons pas de divinité hormis Dieu, et nous n’adorions rien d’autre que Lui. » Dès lors, Dieu découvre Sa Jambe et manifeste de Sa Puissance ce par quoi ils Le reconnaissent comme leur Seigneur. Ils se jettent alors face contre terre en prosternation devant Lui, tandis que tout hypocrite tombe sur le dos. Et Dieu – Exalté soit-Il – rend rigides les colonnes vertébrales des hypocrites