Râfi‘ rapporte, d’après Muḥammad ibn Ka‘b al-Quraẓī, qui a dit : « Il m’est parvenu que le dernier à mourir parmi les créatures sera l’Ange [de la mort]. On lui dira : “Ô Ange de la mort, meurs d’une mort dont tu ne reviendras jamais à la vie.” Alors il poussera un cri tel que, s’il était entendu par les habitants des cieux et de la terre, ils mourraient de frayeur. Ensuite, le Très-Haut dira : « À qui appartient la Royauté, aujourd’hui ? À Dieu, l’Unique, le Dominateur suprême. » (Ghāfir, 16)(1)
Ibn Abī al-Dunyā l’a également rapporté, par la chaîne suivante : Isḥāq ibn Ismā‘īl, d’Ibrāhīm ibn ‘Uyaynah, d’Ismā‘īl ibn Rāfi‘ [de Muḥammad ibn Yazīd ibn Abī Ziyād, de Muḥammad ibn Ka‘b al-Quraẓī], d’un homme, d’Abū Hurayra, en le rattachant (marfū‘) au Prophète (2).
L’héritage en a aussi été transmis par le ḥāfiẓ Abū Mūsā al-Madīnī, via Muḥammad ibn Shu‘ayb ibn Shābūr, d’Ismā‘īl ibn Rāfi‘, de Muḥammad ibn Ka‘b, d’Abū Hurayra, d’après le Prophète (que Dieu le couvre de paix), dans un hadith de même sens. Il s’y trouve ces paroles : « Ô Ange, tu es l’une de Mes créatures ; Je t’ai créé pour ce dont tu as été témoin. Meurs donc, puis tu ne revivras jamais. »
Abū Mūsā a dit : « Ismā‘īl n’a pas été suivi quant à cette dernière phrase, et la plupart des rapporteurs ne l’ont pas transmise. » Il dit en outre : « Quand l’Ange de la mort meurt, et qu’il ne reste plus personne si ce n’est Dieu, l’Unique, l’Un, le Singulier, l’Immuable, Lui qui n’a pas engendré et n’a pas été engendré, et qui n’a nul égal, alors Il demeure le Dernier, comme Il était le Premier. Il replie les cieux et la terre à la manière dont on plie un rouleau pour un livre, puis Il les rejette, puis les ressaisit à trois reprises. Ensuite, Il dit : “Je suis le Tout-Puissant” (trois fois). Puis Il élève la voix et lance : “À qui appartient la Royauté, aujourd’hui ?” (trois fois). Et nul ne Lui répond. Alors Il se répond à Lui-même : “À Dieu, l’Unique, le Dominateur suprême.” Puis Dieu substituera la terre par une autre terre, et les cieux également, les étendra, les aplanira, et les déploiera à la manière du cuir ‘ukāẓī ; tu n’y verras ni courbure ni dépression. Ensuite, Dieu convoquera Sa création d’un seul ordre, et voilà qu’ils se retrouveront dans cette terre nouvelle comme ils l’étaient sur la première : ceux qui étaient en son sein y seront, et ceux qui étaient à sa surface s’y tiendront. Puis Dieu fera descendre sur eux une eau en provenance de dessous le Trône ; Il ordonnera alors au ciel de pleuvoir pendant quarante jours, de sorte que l’eau s’élèvera au-dessus d’eux sur douze coudées. Puis Dieu commandera aux corps de germer comme germe la végétation (al-baql) ou comme poussent les al-ṭarāthīt (3). Lorsque leurs corps seront complets et identiques à ce qu’ils étaient avant la mort, Dieu –qu’Il soit exalté– dira : “Que les porteurs de Mon Trône ressuscitent”, et ils ressusciteront. Il ordonnera alors à Isrāfīl de prendre la Trompe et de la porter à sa bouche, puis Il dira : “Que Gibrīl et Mīkā’īl revivent”, et ils revivront. Ensuite, Dieu appellera les âmes, qui seront amenées ; les âmes des croyants brilleront comme la lumière, et les autres seront sombres. Dieu les saisira toutes ensemble et les déposera dans la Trompe. Puis Il ordonnera à Isrāfīl de souffler le souffle de la Résurrection, et Isrāfīl soufflera. Les âmes jailliront alors de la Trompe telles des abeilles, emplissant tout l’espace entre le ciel et la terre. Et Dieu –qu’Il soit glorifié– dira : “Par Ma puissance et Ma majesté, chacune de ces âmes rejoindra bien son corps.” »