Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

L’histoire de Jureïj, l’un des dévots parmi les Enfants d’Israël, est rapportée par l’imam Ahmad (1) : « Wahb ibn Jarîr nous a transmis, de son père qui relatait avoir entendu Muhammad ibn Sîrîn rapporter d’Abû Hurayra que le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) a dit : “Seuls trois ont parlé au berceau : Jésus fils de Marie…” »

Le Prophète (que la paix et le salut soient sur lui) poursuivit : « Il y avait parmi les Enfants d’Israël un homme pieux, nommé Jureïj. Il bâtit un ermitage où il se consacrait à l’adoration. Les Enfants d’Israël commencèrent à parler de son dévouement. Alors une prostituée parmi eux déclara : “Si vous voulez, je peux lui tendre un piège.” Ils dirent : “Oui, nous le voulons.” Elle alla donc trouver Jureïj et tenta de le séduire, mais il ne lui prêta aucune attention. Elle s’offrit alors à un berger qui passait la nuit avec son troupeau au pied de l’ermitage de Jureïj, tomba enceinte et mit au monde un garçon. On lui demanda : “De qui est l’enfant ?” Elle répondit : “De Jureïj.” Ils se rendirent donc auprès de lui, le firent descendre, l’injurièrent, le frappèrent et démolirent son ermitage.

Jureïj demanda : “Pourquoi agissez-vous ainsi ?” Ils répondirent : “Tu as commis la fornication avec cette prostituée, et elle a enfanté d’un garçon.” Il dit : “Où est ce garçon ?” Ils dirent : “Le voilà.” Alors Jureïj se leva, pria et invoqua Dieu, puis s’approcha de l’enfant. Il le toucha du doigt en disant : “Par Dieu, ô enfant, qui est ton père ?” L’enfant répondit : “Je suis le fils du berger.” Aussitôt, ils se précipitèrent auprès de Jureïj, l’embrassèrent et dirent : “Nous allons rebâtir ton ermitage en or !” Il répondit : “Je n’en ai pas besoin. Rebâtissez-le plutôt de terre, comme il l’était auparavant.” »

Le Prophète (que la paix et le salut soient sur lui) raconta ensuite qu’une femme, portant son fils qu’elle allaitait, vit passer un cavalier richement vêtu. Elle s’exclama : « Ô Seigneur, fais que mon fils lui ressemble ! » Alors le petit abandonna le sein, se tourna vers le cavalier et dit : « Ô Dieu, ne me fais pas comme lui ! » Puis il retourna téter. Abû Hurayra (que Dieu l’agrée) déclara : « J’imagine encore le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) imiter l’enfant, plaçant son doigt dans sa bouche pour tétér. » Un peu plus tard, ils croisèrent une esclave subissant des coups, et la mère s’écria : « Ô Seigneur, ne fais pas que mon fils lui ressemble ! » Alors l’enfant laissa de nouveau le sein et s’écria : « Ô Dieu, fais que je lui ressemble ! »

La mère, surprise, entama une discussion avec l’enfant : « Quel malheur ! Un cavalier richement vêtu passe et je formule le vœu que tu lui ressembles, mais tu dis : “Ô Dieu, ne me fais pas comme lui !” Puis on croise cette esclave frappée et je supplie : “Ô Dieu, ne fais pas que tu lui ressembles !” et tu réponds : “Ô Dieu, fais que je lui ressemble !” » L’enfant expliqua : « Ô Mère, ce cavalier fastueux est un tyran parmi les tyrans, tandis que cette esclave est accusée de fornication sans l’avoir commise, et de vol sans l’avoir pratiqué. Elle se contente de dire : “Dieu me suffit.” »

(1) Al-Musnad (2/307). (2) Dans B : « min ». (3) Ajouté dans B et Ṭ, ce qui correspond à ce qui est dans al-Musnad. (4) Dans Ṭ : « marrat ». (5) Dans Ṭ : « khalafī », ce qui est une erreur d’écriture. Et son expression « ḥalaqā » signifie « qu’Allah te rase (la tête) », al-Sindī a dit : dans la langue, c’est connu avec tanwīn, mais c’est courant dans la langue parlée sans tanwīn. (6) Dans Ṭ : « mararta ». (7) Dans A, B et Ṭ : « dhu », ce qui est une erreur.
قصّة جريج أحد عُبّاد بني إسرَائيل قال الإمام أحمد (١) : حدّثنا وهب بن جرير، حدّثني أبي، سمعت محمد بن سيرين يحدّث عن أبي هريرة قال: قال رسول الله ﷺ : "لم يَتكلّم في المهد إلّا ثلاثة: عيسى ابنُ مريم" . قال: " وكان في (٢) بني إسرائيل رجلٌ عابد يُقال له جُريج، فابتنى صومعةً وتعتد فيها. قال: فذكر بنو إسرائيل عبادةَ جريج، فقالت بَغِيٌّ منهم: لئن شئتم لأفتننّه. فقالوا: قد شئنا ذاك. قال: فأتته، فتعرَّضت له، فلم يلتفت إليها. فأمكنت نفسَها من راعٍ كان يُؤوي غنمه إلى أصل صومعة جُريج، فحملت، فولدت غلاماً، فقالوا: ممن؟ قالت: من جريج. فأتوه، فاستنزلوه، فشتموه وضربوه وهدموا صومعته، فقال: ما شأنكم؟ قالوا: إنك زنيتَ بهذه البغيّ فولدت غلاماً. فقال: وأين هو؟ قالوا: هو هذا. قال: فقام، فصلّى ودعا، ثمّ انصرف إلى الغلام فطعنه بإصبعه، فقال: بالله يا غلام من أبوك؟ فقال: أنا (٣) ابن الراعي. فوثبوا إلى جريج فجعلوا يقبِّلونه، وقالوا: نبني صومعتَك من ذهب. قال: لا حاجة لي في ذلك، ابنوها من طين كما كانت. قال: وبينما امرأة في حجرها ابن لها تُرضعه، إذ مرَّ بها راكبٌ ذو شارة. فقالت: اللهم اجعل ابني مثلَ هذا. قال: فترك ثَدْيَها وأقبل على الراكب فقال: اللهم لا تجعلني مثلَه قال: ثمّ عاد إلى ثديها فمصَّه. قال أبو هريرة: فكأني أنظر إلى رسول الله ﷺ يحكي صنيعَ الصبيّ ووضع إصبعه في فيه يمصُّها. ثمّ مُرّ (٤) بأَمَة تُضْرَبُ فقالت: اللهم لا تجعل ابني مثلَها. قال: فترك ثديَها وأقبل على الأَمَة فقال: اللهم اجعلني مثلها. قال: فذاك حين تراجعا الحديث، فقالت: حَلْقى (٥) . مرَّ الراكب ذو الشارة، فقلتُ: اللهم اجعل ابني مثلَه، فقلتَ: اللهم لا تجعلني مثلهْ. ومُرَّ (٦) بهذه الأمَةِ فقلتُ: اللهم لا تجعل ابني مثلَها. فقلتَ: اللهم اجعلني مثلها! فقال: يا أُمَّاه إن الراكب ذا (٧) الشارة جبَّارٌ من الجبابرة، وإن هذه الأمَة يقولون: زنت، ولم تزنِ، وسرقت ولم تسرق، وهي تقول: حسبي الله ".
(١) المسند (٢/ ٣٠٧). (٢) في ب: من. (٣) زيادة من ب وط، وهي موافقة لما في المسند. (٤) في ط: مرت. (٥) في ط: خلفي، وهو تصحيف. وقولها: حلقى: أي: حلقك الله حلقاً، قال السندي: المعروف في اللغة بالتنوين، لكن اشتهر على الألسنة بلا تنوين. (٦) في ط: مررت. (٧) في أ. وب. وط: ذو. وهو خطأ.

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