Il confirmait ces récits par sincérité et pour toucher le cœur de son interlocuteur, si bien que beaucoup de gens se mirent à puiser largement dans ce qu’il transmettait. Il exagérait aussi dans la transmission de ces propos, dont beaucoup ne valent pas même l’encre utilisée pour les relater, certains sont à coup sûr mensongers, et d’autres sont véridiques, car attestés par la vérité que nous détenons.
Al-Bukhârî (3) a rapporté : « Abou al-Yamân a dit : “Chou‘ayb nous a rapporté d’après az-Zouhrî, qui m’informa que Houmayd Ibn ‘Abd ar-Rahmân entendit Mou‘âwiya s’adresser à un groupe de Quraychites à Médine. Il mentionna Ka‘b al-Aḥbâr et déclara : ‘Il était sans doute l’un des plus fiables parmi ceux qui rapportent des récits des Gens du Livre, et malgré cela nous constations chez lui l’existence de mensonges’, cela sans intention délibérée de sa part.” »
Al-Bukhârî (4) a également rapporté, d’après le hadith de az-Zouhrî, transmis par ‘Oubayd Allâh Ibn ‘Abd Allâh, d’après Ibn ‘Abbâs, qu’il a dit : « Comment osez-vous interroger les Gens du Livre au sujet de quoi que ce soit, alors que votre Livre, révélé par Dieu à Son Messager, est le plus récent des Livres de Dieu ? Vous le lisez ainsi, dans sa pureté, non altéré. Dieu vous a pourtant informés que les Gens du Livre avaient galvaudé et modifié le Livre de Dieu, puis rédigé de leurs mains un écrit en prétendant : “Ceci vient de Dieu”, afin d’en retirer un vil profit. Ce qui vous est parvenu comme savoir ne vous interdit-il donc pas de les questionner ? Non, par Dieu, nous ne leur avons jamais vu demander quoi que ce soit au sujet de ce qui vous est révélé ! »
Ibn Jarîr a rapporté de ‘Abd Allâh Ibn Mas‘oûd qu’il a dit : « Ne questionnez pas les Gens du Livre sur quoi que ce soit, car ils ne vous guideront pas, étant eux-mêmes dans l’égarement. Vous finiriez soit par rejeter la vérité, soit par approuver le faux. Et Dieu est plus savant. »