Abou Dâwoûd at-Tayâlissî a rapporté, d’après Talha ibn ‘Amr et Jarîr ibn Hâzim. Pour ce qui concerne Talha, il a déclaré : « ‘Abd Allâh ibn ‘Ubayd ibn ‘Umayr m’a informé qu’Abou t-Tufayl lui a transmis de H udhayfa ibn Usayd al-Ghifârî, Abou Sariha. » Quant à Jarîr, il a dit : « De ‘Abd Allâh ibn ‘Ubayd, d’un homme de la famille de ‘Abd Allâh ibn Mas‘oûd. » Le hadith de Talha est plus complet et meilleur.
Il raconta : Le Messager d’Allâh (ﷺ) évoqua la « bête » (dâbba) en disant : « Elle apparaîtra trois fois dans le temps. Elle apparaîtra une première fois depuis l’extrémité du désert, et l’on n’évoquera même pas son nom dans la cité », c’est-à-dire La Mecque. « Puis elle restera cachée pendant un long moment. Ensuite elle surgira une deuxième fois, un peu avant la précédente, si bien que son nom sera connu parmi les gens du désert, et qu’on en parlera dans la cité », c’est-à-dire La Mecque. Le Messager d’Allâh (ﷺ) poursuivit : « Puis, alors que les gens se trouveront dans la plus grande mosquée, la plus sacrée auprès d’Allâh et la plus honorée, c’est-à-dire la Mosquée sacrée (al-masjid al-harâm), elle apparaîtra soudainement, bramant entre l’angle (de la Ka‘ba) et la station d’Ibrâhîm (maqâm). Elle secouera la poussière de sa tête. Aussitôt, les gens s’enfuiront loin d’elle, certains se dispersant et d’autres non. Un groupe de croyants demeurera, sachant qu’ils ne sauraient échapper à Allâh. Elle commencera donc par eux, rendant leurs visages éclatants, tels des astres scintillants. Ensuite, elle sillonnera la terre : nul ne pourra la rattraper et nul ne pourra lui échapper. Au point qu’un homme demandera la protection contre elle en pleine prière ; elle viendra par-derrière et lui dira : “Ô untel ! Toi, maintenant tu pries ?!” Il se tournera alors vers elle, et elle marquera son visage, puis repartira. Les hommes se partageront ensuite les biens et voyageront ensemble à travers les villes. On connaîtra alors le croyant du mécréant, au point que le croyant dira : “Ô mécréant, paie-moi ce que tu me dois !” et que le mécréant dira : “Ô croyant, paie-moi ce que tu me dois !” » Ainsi fut rapporté ce hadith, de cette voie et avec ce contexte, qui présente une certaine singularité. Ibn Jarîr l’a également rapporté selon deux chaînes différentes, transmises d’après H udhayfa ibn Usayd, mais comme un propos attribué (mauqûf). Il l’a aussi rapporté de H udhayfa ibn al-Yamân, en hadith remontant au Prophète (marfû‘), où il est mentionné que cela aura lieu à l’époque de ‘Îsâ ibn Maryam, alors qu’il accomplira le tawâf autour de la Ka‘ba. Toutefois, la chaîne de transmission de ce dernier récit comporte une incertitude ; Allâh est plus savant (1).
Ibn Mâja a rapporté : « Nous a transmis Abou Ghassân Muhammad ibn ‘Amr ; il a dit : “Nous a transmis Abou Tumayla ; nous a transmis Khâlid ibn ‘Ubayd ; il nous a transmis ‘Abd Allâh ibn Burayda, d’après son père, qui raconta : Le Messager d’Allâh (ﷺ) m’emmena dans un endroit du désert, non loin de La Mecque. Nous trouvâmes là un sol dur, entouré de sable. Le Messager d’Allâh (ﷺ) dit : ‘La bête sortira de cet endroit, (et il montra) comme la largeur d’une ‘fitr’ (c’est-à-dire à peu près un empan).’”” Ibn Burayda raconta : “J’accomplis ensuite le pèlerinage plusieurs années après, et il nous montra alors un bâton qu’il possédait, qui était semblable à mon propre bâton, indiquant qu’au fil du temps cette distance s’étendrait afin que la bête sorte quand son heure viendra, et Allâh est plus savant (2).” »
Selon ‘Abd ar-Razzâq, citant Ma‘mar, d’après Qatâda : « Ibn ‘Abbâs a dit : ‘C’est une bête couverte de poils (zaghab) et possédant quatre pattes. Elle sortira d’un des vallons du Tihâma.’ » Sa‘îd ibn Mansûr l’a aussi rapporté, d’après ‘Uthmân ibn Matar, selon Qatâda, d’après Ibn ‘Abbâs, dans des termes proches. Ibn Abî Hâtim a indiqué : « Mon père m’a raconté, nous a transmis ‘Abd Allâh ibn Rajâ’, nous a transmis Fudayl ibn… »