Le grand hafiz Abou Yaʿla a rapporté : « Abou Khaythama nous a transmis (le hadith), Wakiʿ nous a transmis, Rabîʿ ibn Saʿd al-Juʿfî nous a transmis, d’après ʿAbd al-Raḥmân ibn Sâbiṭ, d’après Jâbir, qui a dit : Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) a dit : “Racontez ce qui concerne les Enfants d’Israël, car il y a eu parmi eux des faits prodigieux.” »
Puis le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) se mit à raconter : « Un groupe parmi les Enfants d’Israël se rendit un jour dans un cimetière, et ils dirent : “Prions deux rakʿa, puis invoquons Dieu (Exalté soit-Il) afin qu’Il fasse sortir un homme parmi les morts, que nous l’interrogions et qu’il nous informe à propos de la mort.” Ils firent ainsi. Alors qu’ils attendaient, un homme sortit la tête d’une des tombes, portant sur le front la trace de la prosternation. Il dit : “Ô vous ! Que voulez-vous de moi ? Je suis mort depuis cent ans et la brûlure de la mort ne m’a pas quitté jusqu’à maintenant. Invoquez donc Dieu pour qu’Il me rende à l’état où j’étais.” » (1)
Ceci est un hadith qualifié de « gharîb » (inhabituel). Or, d’après le principe qui autorise à rapporter des récits venant de ces sources, on considère valable ce qui peut être exact. Quant à ce dont on sait ou soupçonne fortement la fausseté parce qu’il va à l’encontre de la vérité transmise de l’Infaillible (que la prière et la paix soient sur lui), on l’abandonne et on le rejette. De plus, le simple fait qu’il soit permis de le rapporter ne signifie pas devoir en attester la véracité. Al-Bukhârî (3) a en effet rapporté, en ces termes : « Nous a transmis Muḥammad ibn Bashshâr (4), nous a transmis ʿUthmân ibn ʿUmar, nous a transmis ʿAlî ibn al-Mubârak, d’après Yaḥyâ ibn Abî Kathîr, d’après Abû Salama, d’après Abou Hurayra, qui a dit : Les Gens du Livre lisaient la Tora en hébreu et la traduisaient en arabe pour les Musulmans. Alors le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) a dit : “Ne croyez pas sans réserve les Gens du Livre et ne les traitez pas non plus de menteurs, mais dites plutôt : ‘Nous croyons en Dieu, à ce qui nous a été révélé et à ce qui vous a été révélé : Notre Dieu et votre Dieu est un, et à Lui nous nous soumettons.’” » Seul Al-Bukhârî a rapporté ce hadith selon cette chaîne.
Imâm Aḥmad (5) a également rapporté, par la voie d’Az-Zuhrî, d’après [Ibn] (6) Abî Namla al-Anṣârî, d’après son père, qu’il se trouvait assis auprès du Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) lorsqu’un homme parmi les Juifs survint et dit : « Ô Muḥammad, est-ce que ce mort (désignant une dépouille) peut parler ? » Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) répondit : « Dieu sait mieux. » Le Juif dit alors : « Je témoigne qu’elle parlera. » Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) déclara : « Lorsque les Gens du Livre vous informent (8)… »