Abdân déclara dans son ouvrage «Maʿrifat aṣ-Ṣaḥāba» : Sufyân ath-Thawrî rapporta d’Abd al-Malik ibn Maysara, d’Ḥawṭ al-ʿAbdî, d’Ibn Masʿūd, que celui-ci avait dit : « L’oreille de l’âne du Faux-Messie (ad-Dajjâl) ombragera soixante-dix mille personnes. »
Notre maître, le ḥâfiẓ Adh-Dhahabî, commenta : « Ḥawṭ est un narrateur inconnu et ce récit est dénoncé (munkar). On rapporte aussi qu’entre ses deux yeux est inscrit “kâfir” (mécréant), que tout croyant peut lire ; et que l’arrière de sa tête est comme une aṣala, c’est-à-dire un serpent, peut-être parce qu’il a le crâne allongé. »
Hanbal ibn Isḥâq a dit : « Ḥajjâj nous a transmis (ḥaddathanâ), qui tenait de Ḥammâd, qui tenait de Ayyûb, qui tenait d’Abû Qilâba : “Je suis entré dans la mosquée et j’ai vu les gens se presser autour d’un homme. Je l’ai entendu déclarer : ‘J’ai entendu l’Envoyé de Dieu (ﷺ) dire : ‘Après moi, il y aura le grand menteur qui égare, et l’arrière de sa tête est marqué de ḥubuk ḥubuk.’”” Un autre témoignage, issu d’une autre voie, a déjà été mentionné (1). On explique que ḥubuk signifie ‘des boucles rugueuses’, selon le verset : « Par le ciel aux (constellations) tissées (51:7). »
L’imam Aḥmad dit également : « Yazîd nous a rapporté…, et Abû an-Nuḍr nous a rapporté…, d’après al-Masʿûdî, d’après ʿĀṣim ibn Kulayb, d’après son père, d’après Abû Hurayra, qui rapporte que le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : ‘Je suis sorti vers vous après que l’on m’avait fait connaître la Nuit du Destin, ainsi que le Faux-Messie de l’égarement (al-Masîḥ aḍ-ḍalâla). Mais deux hommes se disputaient à la porte (sudda) de la mosquée. Je suis donc allé les départager et j’ai alors tout oublié. Je vais toutefois vous donner certains indices : cherchez la Nuit du Destin pendant les dix dernières nuits, lors des nuits impaires. Quant au Masîḥ de l’égarement, il est borgne, le front dégarni, le nez large et arrondi, et il est voûté (2), on dirait Quṭan ibn ʿAbd al-ʿUzzā.’ Quelqu’un demanda : ‘Ô Messager de Dieu, le fait qu’il te ressemble m’est-il préjudiciable ?’ Il répondit : ‘Non, toi tu es un homme musulman, et lui est un mécréant.’” Aḥmad est le seul à rapporter ce récit, et sa chaîne de transmission est jugée bonne (3).
Aṭ-Ṭabarânî rapporte : « Abû Shuʿayb al-Ḥarânî nous a transmis…, Isḥâq ibn Mûsâ nous a transmis… [ḥ], ainsi que Muḥammad ibn Shuʿayb al-Aṣbahânî, qui tenait de Saʿîd ibn ʿAnbasa,… ces deux sources disent : ‘Saʿîd ibn Muḥammad ath-Thaqafî nous a transmis, qui tenait de Ḥallâm ibn Ṣâliḥ, qui tenait de Sulaymân ibn Shihâb al-ʿAbsî : ‘ʿAbd Allâh ibn Maghnam, qui faisait partie des Compagnons du Prophète (ﷺ), s’installa chez moi et me rapporta que le Prophète (ﷺ) avait dit : “Le Dajjâl ne passera pas inaperçu. Il viendra de l’orient et invitera les gens à la vérité ; ils le suivront. Ensuite, il se dressera contre ceux qu’il combat et l’emportera sur eux, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il arrive à Al-Kûfa, où il fera triompher la religion de Dieu et la mettra en pratique ; il sera alors suivi et aimé pour cela. Puis il affirmera par la suite : ‘Je suis un prophète.’ Tout homme doué de raison en sera alors effrayé et s’en séparera. Il attendra encore un peu, puis dira : ‘Je suis Dieu.’ C’est alors que son œil droit s’obscurcira….”’”