Il (le Prophète – paix et bénédictions sur lui) cherchait protection contre la tentation du Faux Messie (al-Dajjâl) durant la prière, et il ordonna également à sa communauté de faire de même. Ainsi disait-il : « Ô Allah, nous cherchons refuge auprès de Toi contre le châtiment de l’Enfer, contre l’épreuve de la tombe, contre l’épreuve de la vie et de la mort, et contre l’épreuve du Messie trompeur (Al-Masîh al-Dajjâl). » Ce propos est rapporté, entre autres, par Anas, Abou Hourayra, ‘Aïcha, Ibn ‘Abbâs, Sa‘d, ‘Amr ibn Chou‘ayb (d’après son père et son grand-père) (1).
Notre maître, le grand hâfiẓ Abou ‘Abd Allâh Adh-Dhahabî (qu’Allah lui fasse miséricorde) a déclaré que l’invocation pour demander la protection contre Al-Dajjâl est parvenue de façon multiple et sûre (mutawâtir) au Messager d’Allah (paix et bénédictions sur lui). Parmi les moyens de s’en préserver figure également la mémorisation de certains versets de la sourate Al-Kahf, comme le rapporte Abou Dâwoud : il relate d’Hafs ibn ‘Oumar, qui le tient de Hammâm, d’après Qatâda, d’après Sâlim ibn Abî Al-Ja‘d, d’après Ma‘dân, d’après Abou Al-Dardâ’, que le Messager d’Allah (paix et bénédictions sur lui) a dit : « Celui qui mémorise dix versets du début de la sourate Al-Kahf sera préservé de la tentation du Dajjâl. » Abou Dâwoud précise qu’Hishâm Ad-Dastawâ’î, rapportant aussi de Qatâda, a dit : « Celui qui mémorise [les versets] de la fin de la sourate Al-Kahf », tandis que Chou‘ba, d’après Qatâda, mentionne à son tour : « de la fin de la sourate Al-Kahf » (2).
Ce hadith est également rapporté par Mouslim, selon Hammâm, Hishâm et Chou‘ba, tous d’après Qatâda, avec des formulations diverses. At-Tirmidhî l’a déclaré bon et authentique (hassan sahîh). Dans certaines versions, il est mentionné : « les trois premiers versets de la sourate Al-Kahf ». Ahmad le rapporte par Yazîd ibn Hâroun, ‘Affân et ‘Abd As-Samad, tous transmettant de Hammâm, d’après Qatâda, sous cette forme : « Celui qui mémorise dix versets du début de la sourate Al-Kahf sera préservé du Dajjâl », ce qui correspond aussi aux versions transmises par Rûh, d’après Sa‘îd, et par Housayn, d’après Chaybân, tous deux d’après Qatâda. De même, il le rapporte par Ghondar et Hajjâj, d’après Chou‘ba, d’après Qatâda : « Celui qui mémorise dix versets de la fin de la sourate Al-Kahf sera préservé de la tentation du Dajjâl » (3).
Un autre moyen de s’en protéger est de s’éloigner du Dajjâl pour ne pas le voir, car quiconque le verra risque de succomber à sa séduction, comme le montre le hadith d’Imrân ibn Houçayn : « Que celui qui entend parler du Dajjâl s’éloigne de lui, car par Allah, un croyant s’approche de lui en croyant rester ferme, mais finit par le suivre sous l’effet des ambiguïtés qu’il suscite » (4).
Enfin, on compte également parmi les moyens de protection le fait de résider dans la ville prophétique (Médine) ou à La Mecque, que Dieu les honore. Al-Boukhârî et Mouslim rapportent en effet, d’après l’imam Mâlik (qu’Allah lui fasse miséricorde), via la chaîne de transmission qui mène à Nu‘aym Al-Moujmir