Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) a dit :

« Trois [signes], lorsqu’ils apparaîtront, la foi d’une personne ne lui sera d’aucune utilité si elle n’avait pas déjà cru auparavant ou n’avait pas acquis quelque bien par sa foi : l’Antéchrist (ad-Dajjâl), la Bête (ad-Dâbbah), et le lever du soleil à l’ouest ou depuis son Occident. »

Puis il dit : « Ce hadith est bon et authentique (1). »

Deuxièmement : ‘Îsâ, fils de Maryam, descendra du ciel inférieur et tuera l’Antéchrist, comme cela a été rapporté et comme cela viendra, et il est fait mention dans le Coran de sa descente dans la parole de Dieu – Exalté soit-Il : « Et à cause de leur parole : “Nous avons vraiment tué le Messie, ‘Îsâ fils de Maryam, le messager de Dieu.” Or, ils ne l’ont ni tué ni crucifié ; mais ce n’était qu’un faux-semblant. Et ceux qui ont discuté à son sujet sont vraiment dans l’incertitude : ils n’ont aucune connaissance certaine, ils ne suivent qu’une conjecture, et ils ne l’ont certainement pas tué (157). Mais Dieu l’a élevé vers Lui, et Dieu est Puissant et Sage (158). Il n’y aura personne parmi les gens du Livre qui ne croira en lui avant sa mort ; et le Jour de la Résurrection, il sera témoin contre eux. » (Sourate An-Nisâ’).

Nous avons établi dans le Tafsîr (Commentaire) que le pronom dans Sa parole – Exalté soit-Il : « avant sa mort » – se rapporte à ‘Îsâ : c’est-à-dire qu’il descendra sur terre, et que les gens du Livre, qui divergent sur lui de manière extrême (les uns l’ayant divinisé, comme les chrétiens, les autres proférant contre lui un discours inqualifiable en prétendant qu’il serait né d’une fornication, ce sont les Juifs, d’autres encore affirmant qu’il a été tué, crucifié et qu’il est mort, etc.) reconnaîtront avant le Jour de la Résurrection la fausseté de leurs propres prétentions, lorsqu’il redescendra. Ainsi, chacun de ces deux groupes constatera lui-même son propre mensonge. Nous exposerons cela sous peu. Dans ce sens, le fait de mentionner la venue du Messie, ‘Îsâ fils de Maryam, fait allusion à la mention du Messie trompeur, al-Masîh ad-Dajjâl, le Messie de l’égarement, qui est l’opposé du Messie de la bonne direction. Et il est de coutume chez les Arabes de se contenter de mentionner l’un des deux contraires, comme cela est établi dans les ouvrages appropriés.

Troisièmement : al-Dajjâl n’est pas cité explicitement par son nom dans le Coran, par mépris pour lui, étant donné qu’il prétend à la divinité alors qu’il n’est qu’un être humain, doté de toutes les limites de l’humanité, présentant même un défaut physique avilissant. Cela va à l’encontre de la majesté du Seigneur, de Sa grandeur et de Sa souveraineté, et de Son absolue transcendance au-dessus de toute imperfection. Ainsi, la position de ce personnage aux yeux du Seigneur est plus qu’insignifiante, trop minime pour qu’il soit nommé ou qu’il convienne de s’étendre sur sa folle prétention et de mettre en garde contre lui dans le Texte sacré. Cependant, les messagers se sont élevés pour défendre la Gloire du Seigneur – Exalté soit-Il – et ont exposé son affaire auprès de leurs communautés, les mettant en garde contre les séductions trompeuses dont il est porteur, et contre les prodiges qui s’annuleront et disparaîtront. Ainsi, il a suffi de l’information transmise par les prophètes et par les propos réitérés du Maître des descendants d’Adam, l’Imam des pieux, pour qu’il ne soit pas besoin que le Coran sublime traite explicitement de ce personnage insignifiant, et la charge de l’explication de son cas a été confiée à chaque prophète noble.

Si tu dis : « Pourtant, Pharaon est mentionné dans le Coran alors qu’il a lui aussi prétendu à la divinité et s’est adonné au mensonge et à la tromperie, puisqu’il a dit : “Je suis votre Seigneur le Très-Haut” (An-Nâzi‘ât : 24), et : “Ô notables, je ne connais pas d’autre dieu pour vous que moi” (Al-Qasas : 38) », la réponse est que l’affaire de Pharaon est révolue et que son mensonge est devenu clair pour tout croyant et tout être doué de raison. Tandis que l’affaire de l’Antéchrist est à venir, il surgira à l’avenir comme épreuve et mise à l’épreuve pour les serviteurs. C’est pourquoi on s’est abstenu de le mentionner dans le Coran, par mépris pour lui et pour mettre à l’épreuve [les gens] à travers lui, son imposture étant plus évidente encore que de devoir être signalée et contre laquelle il faudrait mettre en garde. Il arrive que l’on omette la mention de certaines choses, précisément parce qu’elles vont de soi, telle qu’elle était.

(1) Rapporté par al-Tirmidhî, n° 3072.
النبي ﷺ قال: "ثلاثٌ إذا خَرَجْنَ لا يَنْفَع نَفْسًا إيمانُها لم تكُن آمنَتْ مِنْ قَبْلُ أَوْ كَسَبَتْ في إيمانِهما خَيْرًا، الدجّال، والدابّة، وطلوعُ الشمس من المغرب، أو من مَغْربها" ثم قال: هذا حديث حسن صحيح (١) . الثاني: أنّ عيسى ابنَ مريم يَنْزلُ مِنَ السماء الدُّنْيَا، فيَقْتلُ الدجّال، كما تقدّم، وكما سيأتي، وقد ذُكر في القرآن نزولهُ في قوله تعالى ﴿وَقَوْلِهِمْ إِنَّا قَتَلْنَا الْمَسِيحَ عِيسَى ابْنَ مَرْيَمَ رَسُولَ اللَّهِ وَمَا قَتَلُوهُ وَمَا صَلَبُوهُ وَلَكِنْ شُبِّهَ لَهُمْ وَإِنَّ الَّذِينَ اخْتَلَفُوا فِيهِ لَفِي شَكٍّ مِنْهُ مَا لَهُمْ بِهِ مِنْ عِلْمٍ إِلَّا اتِّبَاعَ الظَّنِّ وَمَا قَتَلُوهُ يَقِينًا (١٥٧) بَلْ رَفَعَهُ اللَّهُ إِلَيْهِ وَكَانَ اللَّهُ عَزِيزًا حَكِيمًا (١٥٨) وَإِنْ مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ إِلَّا لَيُؤْمِنَنَّ بِهِ قَبْلَ مَوْتِهِ وَيَوْمَ الْقِيَامَةِ يَكُونُ عَلَيْهِمْ شَهِيدًا﴾ [النساء] . وقد قرَّرنا في التفسير أنّ الضمير في قوله تعالى: ﴿قَبْلَ مَوْتِهِ﴾ عائدٌ على عيسى، أي سينزل إلى الأرض، ويُؤمن به أهلُ الكتاب الذين اختلفوا فيه اختلافًا مُتَبايِنًا، فمِن مُدَّعِي الإلهية كالنصارَى، ومِن قائلٍ فيه قولًا عظيمًا، وهو أنّه وَلَدُ زَنْيةٍ، وهم اليهودُ، ومِن قائل: إنه قتل وصلب ومات، إلى غير ذلك، فإذا نزل إلى الأرض قبل يوم القيامة تحقّق كلٌّ من الفريقين كذبَ نفسه فيما يدَّعيه فيه من الافتراء، وسنقرر هذا قريبًا، وعلى هذا فيكون ذِكر نزول المسيح عيسى ابن مريم إشارَةً إلى ذكر المسيح الدجّال، مسيح الضَّلالَةِ، وهو ضِد مَسِيح الهُدَى، ومن عادة العرب أنّها تكتفي بذِكر أحد الضدّين عن ذِكر الآخر، كما هو مقررّ في موضعه. الثالث: أنّ الدجال لم يُذكر بصريح اسمه في القرآن احتقارًا له، حيث إنه ادَّعى الإلهيةَ وهو بشر، وهو مع بشريَّته، ناقص الخَلْق، حقير، وذلك يُنافي جَلال الربّ وعظمته وكبريائه، وتَنْزيهه عن النَّقْص، فكان أمرُه عند الرَّب أحقر مِنْ أن يُذْكَرَ، وأصغر، وأَدْحَرَ مِنْ أن يُجَلَّى عَنْ أمْرِ دَعْواه، ويُحَذّرَ، ولكن انتصر الرسلُ لجَناب الربّ (عز وجل) فَجلَّوْا لأممهم عن أمره، وحذّروهم ما معه من الفتن المُضلّة، والخوَارِق المنقضية المضمحلَّة، فاكتفى بإخبار الأنبياء، وتواتُرِ ذلك عن سيّد ولد آدم إمام الأتقياء، عن أن يُذكَر أمرهُ الحقير بالنسبة إلى جلال اللَّه، في القرآن العظيم، ووَكل بيانَ أمره إلى كلّ نبيّ كريم. فإن قلت: فقد ذُكِرَ فرعونُ في القرآن، وقد ادّعى ما ادّعاه من الإلهية والكذب، والبُهتان، حيثُ قال: ﴿أَنَا رَبُّكُمُ الْأَعْلَى﴾ [النازعات: ٢٤] ، وقال: ﴿يَاأَيُّهَا الْمَلَأُ مَا عَلِمْتُ لَكُمْ مِنْ إِلَهٍ غَيْرِي﴾ [القصص: ٣٨] ، فالجواب أن أمر فرعون قد انقضى، وتبيّن كَذِبُه لِكل مؤمن، وعاقلٍ، وأمر الدجَّال سيأتي، وهو كائن فيما يُستَقبَلُ فِتْنةً واختبارًا للعباد، فتُرك ذِكرُه في القرآن احتقارًا له، وامتحانًا به، إذْ أمرُه وكذبه أظهر من أن يُنَبّه عليه، ويُحَذرَ منه، وقد يُترك ذِكرُ الشيء لوضُوحه، كما كان
(١) رواه الترمذي رقم (٣٠٧٢).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies