Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il apparaîtra (le Faux Messie) par un passage entre la Syrie et l’Irak, semant la corruption à droite et à gauche. Ô serviteurs de Dieu, demeurez fermes !

Nous dîmes : « Ô Messager de Dieu, quelle sera la durée de son séjour sur terre ? » Il répondit : « Quarante jours : un jour sera comme une année, un autre comme un mois, un autre comme une semaine, et le reste de ses jours seront comme vos jours. » Nous dîmes : « Ô Messager de Dieu, pour ce jour qui équivaut à une année, une seule prière quotidienne nous suffira-t-elle ? » Il dit : « Non, évaluez-en vous-mêmes la juste durée. »

Nous dîmes : « Ô Messager de Dieu, à quelle vitesse se déplacera-t-il sur terre ? » Il répondit : « Tel la pluie portée par le vent. Il passera auprès d’un peuple, les invitera à le suivre, et ils croiront en lui et lui obéiront. Il ordonnera alors au ciel de pleuvoir et à la terre de produire, si bien que leur bétail reviendra le soir plus grand, doté de mamelles plus pleines et plus gras qu’auparavant. Puis il se présentera à un autre peuple et les appellera (à le suivre), mais ils rejetteront son message. Il les quittera, et au matin ils se retrouveront démunis, ne possédant plus rien de leurs biens.

Il passera par une ruine et lui dira : “Sors tes trésors !” Ses trésors le suivront alors comme un essaim d’abeilles. Puis il appellera un homme en pleine force de l’âge, le frappera de son épée, le coupant en deux morceaux qui s’écarteront comme une cible jetée au loin. Ensuite il l’appellera, et l’homme s’avancera vers lui, le visage rayonnant et riant.

Alors que tout cela se déroulera, Dieu enverra le Messie, fils de Marie. Il descendra près du minaret blanc à l’est de Damas, vêtu de deux tuniques légèrement teintées (1), posant ses mains sur les ailes de deux anges. Lorsqu’il baissera la tête, des gouttes perleront, et lorsqu’il la relèvera, elles se répandront comme des perles. Aucun mécréant qui sentira son souffle ne subsistera, car il mourra aussitôt, et la portée de son souffle atteindra l’horizon même de son regard. Il poursuivra alors ce menteur jusqu’à l’atteindre à la Porte de Ludd, où il le tuera.

Puis Jésus, fils de Marie, rejoindra des gens que Dieu aura préservés de lui. Il essuiera leurs visages et leur annoncera leurs rangs au paradis. Alors que la situation en sera là, Dieu inspirera à Jésus : “J’ai fait sortir des serviteurs à Moi que nul ne peut combattre (2). Emmène Mes serviteurs en sécurité sur le mont (At-Tour).” C’est alors que Dieu fera surgir Gog et Magog, qui déferleront depuis toutes les hauteurs. Les premiers d’entre eux passeront près du lac de Tibériade et en boiront toute l’eau, si bien que les derniers diront en arrivant : “Il y avait de l’eau ici autrefois.”

Le Prophète de Dieu, Jésus, et ses compagnons seront assiégés, à tel point qu’une tête de taureau sera pour l’un d’eux plus précieuse que cent pièces d’or pour vous aujourd’hui. Alors Jésus et ses compagnons invoqueront Dieu avec ardeur, et Dieu enverra dans leurs cous des vers (3) qui les feront périr tous à la fois, comme s’ils n’étaient qu’une seule âme. Ensuite, Jésus et ses compagnons descendront sur terre, et ils ne trouveront pas un espace d’une paume de main qui ne soit recouvert par la pourriture et les cadavres (4) de ces ennemis, exhalant une odeur pestilentielle (5). Alors Jésus et ses compagnons invoqueront Dieu, et Celui-ci enverra des oiseaux aux cous semblables à ceux des chameaux (aux longs cous) qui emporteront ces corps et les déposeront là où Dieu le voudra.

Ensuite, Dieu fera tomber une pluie dont rien ne sera à l’abri, ni maison de pierre ni tente de poil (6). Cette pluie lavera la terre, la laissant aussi lisse qu’une surface polie (7). Puis il sera dit à la terre : “Fais surgir tes fruits et rends tes bénédictions”, et ce jour-là

(1) C’est-à-dire entre deux morceaux de tissu teints à la garance, entre le rouge et le jaune. (2) L’imam an-Nawawî dit dans le « Sharḥ Ṣaḥīḥ Muslim » (5/2769) (édition Dār al-ʿUlūm, Damas) : « Quant à sa parole [ﷺ] : « Lā yudānu » (avec une casse de la lettre nūn), dual de yad (main). Les savants ont dit que cela signifie : il n’y a ni capacité ni pouvoir. On dit : mālī bihādhā al-amr yad, ou mālī bihādhā yadān (je n’ai pas de main ou pas de mains pour ceci), car l'action de toucher ou de repousser se fait par la main, comme si ses mains étaient absentes par incapacité à repousser. » La phrase apparaît également dans une autre narration chez Muslim (n° 2937 (111)) sous la forme « lā yadāy », qui explicite le texte. (3) Des vers dans le nez des chameaux et des moutons. (4) Furasā : c’est-à-dire des tués. (5) Az-zahūma dans la viande : l’aversion causée par son odeur sans altération ni putréfaction, et az-zahūma est aussi relative à une odeur nauséabonde. « Lissan al-ʿArab » (volets « zahqa » et « zahama »). (6) Sa parole : « lā yakunn », c’est-à-dire ne le couvre pas. « Lissan al-ʿArab » (entrée « kannana »). (7) Az-zalqa : la roche lisse.
الكهف، إنّه خارجٌ خَلَّةً بين الشام والعراق، فعاثَ يَمِينًا وعاثَ شِمَالًا، يا عباد اللَّه فاثْبُتُوا " قلنا: يا رسول اللَّه، وما لُبْثهُ في الأرض؟ قال: " أربعون يومًا، يومٌ كسَنَةٍ، ويومٌ كشَهْرٍ، ويومٌ كجُمعة، وسائر أيامه كأيامكم " قلنا: يا رسول اللَّه فذلك اليومُ الذي كَسَنةٍ أتكفينا فيه صَلَاةُ يوم؟ قال: " لا، اقدُروا له قدرَه " قلنا: يا رسول اللَّه وما إسراعهُ في الأرض؟ قال: " كالغيث اسْتَدْبَرَتْه الرِّيحُ، فيأتي على القوم، فيدعوهم، فيؤمنون به ويستجيبون له، فيأمرُ السماءَ فتُمطر، والأرضَ فتُنْبِتُ، فتروح عليهم سارحتهم أطول ما كانت ذُرًى وأسبغَهُ ضُرُوعًا، وأمدّه خَواصِرَ، ثم يأتي القومَ، فيدعوهم، فيردّون عليه قولَه، فينصرف عنهم، فيُصبحون مُمْحِلين ليس بأيديهم شيءٌ من أموالهم، ويمر بالخَرِبة فيقول لها: أخرِجي كنوزك، فَتَتْبَعُهُ كنوزُها، كيعَاسِيبِ النَّحْل، ثم يدعو رجلًا ممْتلئًا شبابًا، فيَضْرِبه بالسيف، فيقْطَعُهُ جَزْلتَيْن، رَمْيَةَ الغَرَض، ثم يدعوه فيُقبل ويتَهلل وجههُ، ويَضْحَك، فبينما هو كذلك، إذ بَعَث اللَّه المسيحَ ابنَ مريم، فينزل عند المنارة البيضاء، شرقيّ دِمشْق، بين مَهرودتين (١) واضعًا كفيه على أجنحة مَلكَيْنِ، إذا طَأْطأَ رأسَه قَطَر، وإذا رفعه تحَدّر مِنْهُ جُمانٌ كاللؤلؤ، فلا يحلّ لكافر يجد ريح نَفَسِه إلّا مات، ونَفَسُهُ ينتهي حيث ينتهي طَرْفه، فيطلُبه حتى يُدركه بباب لُدّ فيقتله، ثم يأتي عيسى ابن مريم قوم قد عصمهم اللَّه منه، فيمسح عن وجوههم ويُحَدّثهم بدرجاتهم في الجنّة، فبينما هو كذلك إذ أوحى اللَّه إلى عيسى: إنّي قد أخرجت عبادًا لي لا يَدانِ (٢) لأحدٍ بقتالهم، فحرّزْ عبادي إلى الطور، ويبعث اللَّه يأجُوجَ ومأجوج، وهم من كل حدَبٍ يَنْسلون، فيمرّ أوائلهم على بحيرة الطبَرِيّة، فيشرَبُونَ ما فيها، ويَمُرّ آخرُهم، فيقولون: لقد كان بهذه مرة ماءٌ، ويُحصر نبيّ اللَّه وأصحابُه، حتى يكون رأسُ الثور لأحدهم خيرًا من مئة دينار لأحدكم اليوم، فيرغب نبي اللَّه عيسى وأصحابه إلى اللَّه، فيرسل اللَّه عليهم النغَف (٣) في رقابهم، فيصبحون فَرْسى (٤) كموْتِ نفس واحدة، ثم يهبط اللَّه عيسى وأصحابه إلى الأرض، فلا يجدون في الأرض موضع شِبْر إلّا ملأه زَهْمهُم (٥) ونَتْنهُم، فيرغبُ نبيّ اللَّه عيسى وأصحابه إلى اللَّه، فيرسل اللَّه طيرًا كأعناق البُخْتِ فتحملهم، فتطرحُهم حيثُ شاء اللَّه تعالى، ثم يُرسل اللَّه مطرًا لا يَكُنّ (٦) منه بيت مدر، ولا وبر، فيغسل اللَّه الأرض حتى يتركها كالزَّلقَة (٧) ، ثم يقال للأرض: أنْبِتِي ثَمَرَتَكِ وردّي بَرَكَتَكِ، فيومئذٍ
(١) أي بين قطعتين من الثياب مصبوغتين بالهرد، بين الحمرة والصفرة. (٢) قال الإمام النووي في "شرح صحيح مسلم" (٥/ ٢٧٦٩) (طبعة دار العلوم بدمشق): فقوله [ ﷺ ]: "لا يدان" بكسر النون، تثنية يد. قال العلماء: معناه: لا قدرة ولا طاقة، يقال: مالي بهذا الأمر يد، ومالي به يدان، لأن المباشرة والدفع إنما يكون باليد، وكأن يديه معدومتان لعجزه عن دفعه" وقد وردت الجملة في الرواية الأخرى عند مسلم رقم (٢٩٣٧) (١١١) بلفظ "لا يَدَيْ" وفيها توجيه للنص. (٣) دود في أنف الإبل والغنم. (٤) فرسى: أي قتلى. (٥) الزّهومة في اللحم: كراهية رائحته من غير تغيير ولا نتن، والزهومة أيضًا لريح المنتنة. "لسان العرب" (زهق) و (زهم). (٦) قوله: لا يَكُنّ، أي لا يستره. "لسان العرب" (كنن). (٧) الزلقة: الصخرة الملساء.

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